‹ John PayneChapitre 34 sur 105 · Hafiz, introduction, vol. 1, p. XXWV · texte numérisé non relu

Hafiz, introduction, vol. 1, p. XXWV

2. Allusion au duvet brun sur les joues d'une fille, semblable aux RATE brins d’herbe — marque de beauté chez les Perses.

and without default against their unjust vocation to cull the rose of hilarity from the storm swept meads of life? ».

Comme traduction fidèle d’une forme isométrique et qui exhale le parfum oriental de l’original, c’est, au dire des meilleurs juges, € sans pareil ». Lorsqu'on le juge, cependant, selon le type de la poésie anglaise, il est brusque, pe harmonieux souvent et sent la lampe.

Mais pourquoi attendre d’une traduction plus que ne peut donner une version parfaitement correcte. Il a transporté dans son œuvre toute la pensée, toute la grâce, et tout le charme propres au poète de l'Orient. Attendre plus, c’est-àdire exiger de sa traduction le charme particulier de la poésie et la prosodie anglaises, sans sacrifier quelques-unes des qualités essentielles d’une traduction parfaite, ce serait aussi sage que la demande de l’enfant qui veut posséder la lune. Le Hafiz de Payne restera sans doute l’œuvre classique que consultera tout amateur anglais désireux de connaître l’œuvre du fameux habitant de Shiraz.

Payne, lui-même a répondu à cette critique irraisonnée dans lintroduction de Hafiz. Où trouver une introduction au poète oriental, plus élevée, plus colorée, plus frappante que celle du Prélude — poème original de Payne, une fois libre et délivré des soins de traducteur ardent, rigoureusement borné par l'exactitude isométrique.

« Hither, hither with your burdens ! I have that shall make them [ight.

1 have salves shall purge the earth-mists from the fountains of [your sight

1 have spell shall raise the morning in the middest of your night

Come o doubt-distracted brother ! Come O heavy-burthened one !

Come to me and I will teach you how the goal of rest is won;

Come and I will eleave your darkness with the splendours of the [sun. »

Omar Kheyyam.

Pendant que Payne était en train de faire sa version de Hafiz il consacra quelque temps à une traduction d'Omar Kheyyam. Ces deux traductions se sont, pour ainsi dire, pénétrées mutuellement; ce qui décida peut-être Payne à donner à ses lecteurs, une version isométrique d'Omar Kheyyam, semblable à celle qu’il faisait de Hafiz. Une chose est certaine; il ne suivit pas la méthode de FitzGerald.

Il existait jusqu'à 1898 quatre traductions dignes d’attention, à savoir, celle de Herr Bodenstedt, regardée en général comme la traduction la plus savante et la mieux réussie, celle de Whinfield, renfermant 500 quatrains du Roubayyat, la réimpression par Mr Nicholas d’un texte moins bon, contenant 463 quatrains, et la plus importante en vertu de sa qualité poétique et sa por celle de Edward Fitz- Gerald, de 101 quatrains.

Payne collationna nombre d’autres textes avec la lithographie Lucknow, du Roubayyat pour traduire en tout quelque 845 quatrains. Qu'il soit permis de dire, une fois pour toutes, que sa version n’est pas de la qualité de la meilleure poésie anglaise. Loin de là! Elle est, comme on l’a dit, ennuyeuse, brusque et parfois bizarre et ne s’attache point à la mémoire, mais cette critique pas plus que celle de Hafiz ne va au fait. Payne n’essaya point d'écrire de la belle poésie anglaise, comme il avait su faire dans sa traduction de Villon. Il voulut simplement faire une version fidèle qui pût reproduire le charme de versification du texte persan. Ce n’est pas à Payne qu'il faut faire un reproche de ce que l’idiome anglo-saxon n’était point apte à rendre le charme naturel de l'original. La versification de ces deux langues est en opposition. FitzGerald a écrit un beau poème, et une paraphrase incomplète d'Omar Khayyam. Payne a donné une traduction fidèle et correcte et un poème anglais médiocre.

HAN, He

Ce qui parutintolérable à Payne, c'était les clameurs des « dilettanti littéraires » qui, louant à juste titre FitzGerald de sés beaux vers,'persistèrent à déclarer aussi que sa version était une traduction transcendante du Roubayyat. Dans son introduction à Omar Kheyyam, Payne dit à propos de Fitz Gerald : « La paraphrase élégante de FitzGerald d’une petite partie (la huitième partie du poème entier) bien qu’elle soit un poème charmant, qui gardera toujours son rang dans la littérature anglaise en vertu de ses qualités propres, est faite avec une telle facilité négligente, d’une extravagance souvent si éloignée de la vérité, qu’elle ne donne aucune idée de l'original; et les autres versions qui existent, encore qu'un peu plus exactes, sont tout à fait dépourvues du charme poétique qui rend la première version, malgré toutes ses fautes, chère à tous les amateurs de la poésie. Si on l’avait proposée franchement, comme paraphrase de certaines parties de l'original, comme libre fantaisie sur des matières choisies de Kheyyam, on n’aurait qu’à l’accepter, sans mot dire, et avec reconnaissance, comme acquisition notable dans son genre à la poésie anglaise; mais déclarer qu’un tel mélange d'imitation, de diversité et d'invention pure est « une traduction en vers anglais du texte persan, c’est à faire se retourner le vieux Omar dans son tombeau ». Ce jugement des critiques, il le considérait quelque peu comme un péché contre la morale littéraire. Il continue à citer dans l'introduction quelque dix quatrains (sur les quarante qui sont reconnaissables) à côté d’une traduction littérale en prose des quatrains correspondants du Roubayyat.

Il démontre que les deux tiers de la paraphrase de Fitz Gerald sont trop lâches pour être comparés avec le texte persan. Quelques exemples suffiront à montrer le relâchement de FitzGerald dans les quatrains reconnaissables.

ER

FitzGerald Traduction iittérale du texte persan Some for the glories of this « When they say to me, (world; |‘ Banquetting with the Houris

is good » I say that the juice of

; grape is good. This ready mo-

[Paradise ney [of present enjoyment|

To come : Ah, take the cash | take and hold hand from that

| Jand let the promise to pay [of future bliss|

For (even) the noise of the

drum to hear from afar is good.

And some sigh for the Prophet’s

Promise go, Nor need the mu- [sie of a distant drum.

1 tell you this — When started a day nine se re F0 eaven ey made ready from the Goal. Over the ila and established Mushteri and

ming shoulders of the Foal of | Perwin [in the sky]. This was Heaven Parwin and Mushtari, | our portion from the chancery

they flung. In my predestined | of Fate Fore ordained. What Plot of Dust and Soul. blame then is Ours? Our lot thus they made.

Si une traduction parfaitement fidèle demande un génie aussi grand que celui de r’écrivain des vers originaux, il y a assez de place pour Payne et FitzGerald dans notre Panthéon moderne.

Payne marque son dessein dans l'introduction. « Le traducteur de poésie, ne peut guère espérer de donner aucune idée adéquate de l'original, à moins qu’il n’ait une attention particulière à reproduire, non seulement les idées, mais les procédés de l’œuvre du poète, surtout, la forme métrique, qui est, en effet, l'habit dans lequel on le voit. J’ai tâché d'imiter les rythmes différents dans la mesure où cela m’a paru compatible avec les besoins de la forme littéraire anglaise ».

Le « Rubaiyi » ou quatrain, consistant en quatre vers, dont Omar Kheyyam a fait usage, a un système de rime particulier. Les premier, second et quatrième vers, se terminent par le même son et le troisième est souvent dans une mesure tout à fait différente des autres. Tous les quatre sont rimés quelquefois. L'originalité principale de cette versification c’est la rime rejetée en arrière et la terminaison invariable appelée « redif » ou « rereword » qui peut avoir

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