MANS
âme. Cette attitude hostile et opiniâtre envers ce grand amour dé Payne explique peut-être l’épigramme sévère de celui-ci sur Stevenson. — « Un plagiaire établi sur Daniel Defoe et le capitaine Marryat’: — Une des dernières contributions à la littérature villonienne en anglais est de Mr J. H. Lepper. Son critique? affirme que tandis que la traduction des Testaments de Payne fut quelque peu libre, quoiqu'elle conservât en grande partie le craractère de l'original, Mr Lepper, en combinant « les travaux de poète et d’érudit et en mêlant la poésie du langage avec une exactitude diligente » a produit « la version la plus belle et la plus fidèle que nous connaissions ».
Or, Payne fut essentiellement poète et érudit profond, et lorsque le critique continue, en disant à propos de l’ouvrade de Mr Lepper « qu'il réussit surtout quand il n’essaie pas de traduire littéralement », une telle critique prête à la contradiction. De plus, la qualité saillante, dont il fait presque une réclame pour la version de Mr Lepper est précisément une des plus caractéristiques de Payne; c’est-à-dire — « lidiome moderne étroitement uni avec un archaïsme charmant ». Il n’est pas difficile de montrer que Payne fut plus exact que Swinburne dans ses traductions. Un exemple des versions parallèles d’un passage commun par Lepper et Payne suffira à montrer leurs mérites respectifs.
La version de Payne est pleine d’un mélange heureux des idiomes moderne et archaïque, tout en conservant la mesure originale de Villon. Son introduction magnifique mérita l’éloge spécial de Matthew Arnold. Sa méthode achevée et son érudition s’y révèlent. Elle révèle aussi le poète qui entre dans l’âme véritable du poète parisien.
C'est une étude du poète, à la fois subtile et sympathique, qui nous montre le Paris de cette époque-là non pas à la manière de Stacpoole, qui dans son admirable introduction du Villon révèle l’art consommé du romancier dans les descrip-
1Ë Life of John Payne, T. Wright, p. 157.