Times Literary. Supplément le 31 juillet
tions vives et pittoresques du Paris du xv° siècle. C’est surtout, le panorama de la vie que dépeint Stacpoole, c’est l’homme lui-même que dépeint Payne.
Ce n’est pas que celui-ci manquât du don de décrire. Pour un tableau resserré des gens qui se pressaient en foule par les rues étroites de Paris dans toute la variété de vêtements et de couleurs des temps féodaux, il serait bien difficile de surpasser la description que nous trouvons aux pages XCII- XCVT.
Tandis que Payne présente en une analyse rapide les joyeux compères de Villon et leurs vices caractéristiques, René de Montigny, Colin de Cayeux, Guy Tabaric, Jehan le Loup, etc., Stacpoole peint un tableau qui reproduit l'atmosphère même de la Cour des miracles, où les Coquillarts, les Gueux, les mercelots, les femmes folles de leurs corps, les bohémiens se réunissaient et défiaient l’angélus et le couvre-feu des citoyens qui observaient la loi. Il reproduit aussi l’ordure et la puanteur des rues, le murmure de la vie quotidienne de l'Université dans la rue du Fouarre où une fois par an le fou était élu pape et d’où les étudiants rangés en « monôme » débouchaient pour faire quelque faire grossière aux bourgeois; là, quelques étudiants arrêtés en flagrant délit de débauche ou de crime étaient emmenés vers |’ « Alma Mater » pour être châtiés.
On voit l’exactitude rigoureuse de Payne dans son effort habituel pour trouver en tout sujet les renseignements les plus particuliers et les plus sûrs. Sa première version de Villon fut achevée en 1874. Il la revoyait toujours, Pécrivit de nouveau et y ajoutait d’après les recherches laborieuses des autorités telles que Auguste Longnon (dont l'Etude Biographique publiée en 1877 fut le premier effort réel pour rassembler des faits détaillés de la vie de Villon), Bijvanck Schwob, Gaston Paris, Schône et Auguste Vitu. Son raisonnement solide, sa pénétration critique et son sens commun se montrent dans son refus d’admettre quelques explications de Longnon et de Bijvanck. Dans un avant-propos à ses notes « je me suis décidé, dit-il
à laisser intacts les passages où se trouvent des chosés inexplicables et désespérément obscures plutôt que de gâter Île texte par une foule d’explications vagues et purement conjecturales. L’amateur du poète doit consulter les monographies de MM. Bijvanck, Longnon et Vitu et les éditions citées dans la notice préliminaire, où tout ce qui est d’une nature conjecturale est traité et discuté impartialement ». Payne est modeste et dans son introduction à la page 5 il. dit : « En rassemblant les pages suivantes, je serais fâché de laisser croire que j'avais en vue une étude complète du poète ou de son œuvre ».
Sa critique néanmoins est convaincante. Il considère, par exemple, comme trop recherchée la traduction que suggère M. Bijvanck pour Le doz aux rais'(Le dos aux rayons du soleil) et il aime mieux le texte Le doz aux rains qui signifie « dos aux reins »,ou l’attitude sans façon et abandonnée de quelqu'un sur une chaise : ce qui certainement s’accorde mieux avec le contexte. Dans l’Introduction?, à propos d’une proposition de l’abbé Valentin Dufour que rejette M. Lougnon, il dit : « Je ne peux pas être d'accord avec M. Longnon, quand il donne tort à l’abbé Valentin Dufour qui suggéra que l’église dont Villon fait parler sa mère, était peutêtre celle des Célestins, embellie de tableaux du ciel et de l’enfer qui répondent précisément à la description de la ballade. Le mot même dont Villon sé sert (moustier) monasterium, (vieille forme dumotmoderne moûtier) indique que l’église fut probablement conventuelle, et il ne faut pas voir dans les mots « dont je suis paroissienne » un autre sens sinon que le couvent où elle avait l'habitude de faire ses oraisons était situé dans sa paroisse, ou qu’elle le fréquentait assidûment et le regardait comme son église paroissiale ». |
Dans « la ballade des proverbes » il ajoute la note suivante au vers :
« Some Love God till from church they trend »,