‹ John PayneChapitre 53 sur 105 · The Genius of Mr Payne’s poetry · texte numérisé non relu

The Genius of Mr Payne’s poetry

emploie les couleurs les plus brillantes, attire le lecteur par de grandes promesses de beauté ».

Voici un sonnet que Mrs Browning eût pu écrire intitulé Jacob and the Angel. On dit qu’un dessin de J. T. Nettleship en a fourni l’idée. Son volume Songs of Life and Death fut publié en avril 1872. Les ballades The West ward Sailing, Sir Erwin’s Questing, May Margaret, Shadow Soul, A Song of Roses, Inlo the Enchanted Land, In Armida’'s Garden, À Song bejore the Gales of Death et À Birthday Song, sont toutes représentatives de sa virtuosité mélodique, de sa philosophie triste, de la subtilité de sa pensée et de la netteté de son langage.

Dans la ballade Payne avait, non égalé mais surpassé en. élégance et en simplicité directe les vieilles ballades de l’Angleterre et de l’Ecosse. Dans une critique qui parut dans la Renaissance, on a dit : « Les chants de la vie et de la mort commeñcent par une belle ballade norvégienne. À la voile pour l'Occident... à côté de ces fantastiques légendes s’épanouissent de pâles élégies, des chansons d’une inspiration personnelle, des stances d’une mélancolie caressante ou d’un harmonieux désespoir. tendres et délicates «fleurs de lune », comme dit le poète... »

Lorsque Théophile Gautier mourut en octobre 1872, Payne, sur la demande de l'éditeur Lemerre, contribua avec Swinburne comme représentant de l'Angleterre, en donnant trois poésies pour levolumeintitulé Le tombeau de Théophile Gautier. Deux d’entre elles sont adressées à Théophile Gautier et l’autre fut intitulée À funeral song for Theophile Gaulier'. Payne avait été attiré vers l'artiste d’une magique invention verbale, l’auteur « d'Emaur el Camées qui, le premier en France, a énoncé la théorie de l’art pour l’art. Payne le jugea, le plus « grand critique qui eût Jamais vécu ».

Le volume /ntaglios avait été traduit en français par la sœur de Leconte de Lisle. Celui-ci dit à Payne: « J’admire Swinburne, mais quand il est traduit en français il ne reste

rién de lui que de purs mots — tout le charme s’évapore,; mais quand je vous traduis, la pensée fondamentale reste, et elle frappe ».

Quand la lecture privée du Lautrec de Payne — poème sur un vampire — eut lieu en 1877 ce fut alors qu’on discuta le projet de fonder la société Villon. Lautrec parut l’année suivante et fut bien reçu. La décidace est adressée « au noble poète Leconte ce Lisle ». Payne y montra son habileté merveilleuse en évoquant cette atmosphère mystérieuse, cette hantise de terreur, cette mélancolie vague, dont le thème révoltant est revêtu. La souffrance grossière devient entre ses mains une douleur exquise et sa faculté puissante de confondre le naturel et le surnaturel à la facon de Coleridge dans le Ancient Mariner éclate à tel point que le lec‘*eur est entrainé, oubliant de les distinguer. C’est la suggestion poétique dans sa perfection. Le cadavre, étendu dans une chapelle, sur un brancard doré, prend la parole :

« And I lay speechless and alone

Nor could avail to lift my head

Nor loose my hands : à weight of lead Relentless chain’d me to the stone

And some thing told me I was dead And yet the knowledge brought no pain Unto my thought that floated free Upon death’s din and stirless sea

But as some faint and vague refrain

Ir murmur’d in the ear of me! ».

Comme tableau de fond John Payne y répand l’enchantement de l’époque chevaleresque des croisades. Le poème est enchâssé d'images exprimées par des mots délicieux.

« There was no radiance in the night Save of stars scatter’d far and few That on the mournful heaven drew

A tracery of silver light

Like tears upon à veil of blue* ».

Son volume New Poems parut en 1880, et fut assez mai reçu. C'était pour lui, comme nous l’avons déjà dit, un rude coup, car il le regardait comme son va-tout. Les ballades de

Tsobel, Thorgerda, Rilournel et Salvestra s'y trouvent. On remarque dans tout lelivre un accent général de tristesse et une douce mélancolie qui sont peut-être un écho de Villon, dont il venait de faire la traduction complète. Son autre volume de poésies ne parut pas ‘avant 1903. Pendant l’intervalle, en 1896, ü écrivit The Grave of my Songs. En 1902 il publia en deux volumes un recueil de ses poèmes dans lequel se trouvent le poème pathétique The Grave of my Songs et Flowers from Syrian Gardens série de poésies qui démontrent combien était puissante sur Payne l'influence des Mille et une Nuits. The Grave of my Songs rappelle la mort de sa bien-aimée Helen.

« Ah what is left us of the dear loved dead ?

The dainty gold fledged head The eyes soft grey

From which the dreams of childhood never fled The mouth’s rose campion red

The lips on which the faint smile sat alway

Sad as the break of April’s youngest day

And rose blush cheeks and forehead garlanded With clustering curls astray ».

Le poème À Grave at Monimartre publié d’abord dans le volume The Descent of the Dove and other Poems supplément à Collected Poems reparut en 1911 comme préface à sa traduction de Heine.

Vigil and Vision écrit en 1902 est l’œuvre d’une muse purifiée, d’une plus vaste étendue d'esprit philosophique que toutes ses œuvres précédentes Pendant le long silence de 1880 jusqu’à 1902, la méditation continuelle du poète sur les problèmes de la vie, l’alchimie subtile et involontaire de son esprit, avaient assimilé les trésors des plus grands esprits et la transmutation s’en était accomplie.

Spenser, Shakespeare, Dante, Villon, Boccace, Hafiz, Omar

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Khayyam, Bandello et ce grand amas de contes arabes renfermés dans les Mille et une Nuils, etc., tous avaient laissé leur emprunte sur son esprit. Il n’est pas étonnant que lorsque les chants jaillirent de lui, ses pensées fussent déjà revêtues des expressions les plus seyantes et les plus exquises. Ce fut le débordement d’un lac qui reçoit les eaux de plusieurs torrents. Ces eaux, longtemps contenues pour ainsi dire par le barrage de la douleur, n’y pouvant plus demeurer encloses, se sont fondues dans l’eau du lac limpide et souple, exempte de tout sédiment qui affadit et prête à remplir n'importe quel moule. Sa museressuscita au sortir d’une torpeur douloureuse, comme le phénix renaissait de ses cendres.

« For many à day The sky was blue For me in vain | - Twixt Spring and Winter January and May Scant difference I knew A trance of pain Life was, o’er which the year’s funeral train Lapsed like a stream unnoted on its way ! ».

On peut juger de la rapidité, de la spontanéité de sa composition si l’on considère qu’en neuf semaines il a produit 224 sonnets, dont 1l en publia cent cinquante dans Vigil and Vision. Il avait lesentiment deleur valeur. Il la juge lui-même dans une lettre à Mrs Tracy Robinson? qui était alors en Amérique. « [ls sont uniques depuis Milton, dit-1, à moins que je ne sois tout à fait incapable de jugement en poésie ».

Le volume contient des sonnets adressés à Wagner, Hadyn, Liszt, Schubert, Mendelssohn, Berlioz, Merkel, Dante, Keats, Spenser, Wordsworth, Mallarmé, Banville, Villiers de l'Isle Adam, Schopenhauer. Helen est commémorée dans My Lady Dead.

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