Song’s End, Poetical Works J, Payne, vol, II p
Dans Carol and Cadence il dit que la poésie est née de l'esprit de la déraison, et que pour la sienne en particulier l'hiver est l’époque du flot de l'inspiration.
« This is my singing season When mute are sky and sea When white with winter’s treason Are filled and lawn and lea And all is sad the strong Sweet spirit of unreason That is the soul of song Springs up again in me And carols loud and long Rejoicing as one free
At last, that is from prison ».
Il parle de lui-même comme « d’un poète au cerveau fêlé, errant avec son rêve » et oppose dans le Bird’s Answer le point de vue des matérialistes au point de vue poétique.
« Your weakling wit You hug and fit Your dullard lives to its darkling lore But we to find The light behind The dark make wing for the unknown shore 2».
Son attitude enversla vie, fut empreinte du sentiment émerveillé d’un enfant. Il ÿ avait en lui un Peter Pan, un esprit qui ne voulait point grandir pour quitter, désenchanté, le royaume des fées. Malgré sa vaste érudition il a su chanter comme la grive de Keats :
« Oh fret not after knowledge; I have none And yet my song comes native with the warmth ».
Chez Payne il y avait un libre génie fantaisiste et vagabond, qui chantait avec l'abandon d’un oiseau les mélo-
1, Book of Birds, Carol and Cadence, J. Payne, p. 62.
dies simples de la grive et le plus souvent les cadences compliquées du rossignol. Il avait l'habitude de comparer son esprit à un oiseau. Dans The Tale of Time: il dit :
€ My thoughts’ à bird that nests upon the torrent’s sheaves. » * et cette idée se développe dans le Book of Birds?.
« Birds me seemeth you the link
Are betwixten Heaven and man On the brink
Of the lands Elysian
Hovering since the world began
As you pipe on tree and thatch Sweet and strong Now and then I think to catch From afar as t’ were some snatch Of the music that the spheres Make for other worldlÿ ears For ever blessed be Singing spirits of the Sky »
Ce qu'il chanta dans The Building of the Dream pourrait bien être appliqué à lui-même, tant la description est exacte :
« And all his life was one great fairy tale Wherein no thing did fail
Of the bright visions he had wont to see In his fresh youth * ».
Il n’avait nulle envie de s’embarquer « amid a prosy sea, Of ancient saws and schoolmen’s verbiage *».
Il est évident que selon Payne la poésie doit être l’expression spontanée qui a été nourrie par l'imagination. fl
, London Voices, Id., p. 81.
. Book of Birds, id., p. 46.
. The Building of the Dream, Poetical Works, J, Payne, vol, I p. 115. . Ibid.
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fut admirateur d'Emerson, et probablement d'accord avec lui, quand celui-ci déclare: « qu'on doit juger la poésie par l’état d'esprit qu’elle produit ». Tout en rappelant le trait caractéristique des vers d'Emerson, c’est-à-dire, l’enthousiasme et une fantaisie intellectuelle, ses vers sont beaucoup pius spontanés. Dans ses ballades il proclame avec Keats, Poe et Swinburne la doctrine de l’art pour l’art, car on ne peut manquer d'observer combien il insiste sur la beauté née de la forme parfaite, son habileté raffinée dans l’art de l’alhtération, dans l'emploi de l’inversion, de l’assonance, etc., dans ses phrasesqu’enrichissent les perles enchâssées dans sa langue imagée. Son don de conter avec force et verve son merveilleux pouvoir de créer une atmosphère, préservent ce genre de poésie du reproche de n'être que la forme dépourvue d'idée. Le fond ne manque pas. Quoique le lecteur puisse, parfois, s’apercevoir de ses efforts continus pour faire de l’etfet, par exemple, dans son emploi trop fréquent de riches allitérations, cet art néanmoins, uni à l'énergie d’une pensée concentrée et pénétrante, l’absout de l’accusation de goût artificiel qui a été portée contre des poètes préoccupés surtout d’éveiller des sensations.
Payne est, du moins, aussi grand artiste que Coteridge, par la facilité avec laquelle il réunit le surnaturel et le naturel, dans la langue imagée et quelquefois dans la simplicité :'‘il le surpasse, comme artiste en mots, et dans l’atmosphère subtile et céleste de ses visions de l'au-delà, où il voit avec Keats la beauté du vrai et le vrai de la beauté. Le charme du romantique est raffiné et relevé chez le préraphaélite.
Dans ses derniers sonnets surtout, il semble être la preuve du jugement de Wordsworth que « le poète est un philosophe inspiré », car la pensée quelquetois dépasse l’expression.
Ses vers rappellent son premier amour Spenser,«notre poète sage et sérieux! » selon Milton.
Tandis que la forme de la ballade donna libre cours à l’exubérance de son imagination sans frein, enrichissant ses vers