Niriswara, The Way of the Winepress, J. Payne p
« Thou and [ and he are not Gods made men for a span But God if a God there be, is the substance of men, which is man .
Glory to the man in highest, for man is the master of things. »
11 y a une différence, cependant, dans la perspective des deux poêtes. Swinburne fut tout à fait satistait de se réjouir des bonnes choses de la vie, et de ne vivre que pour le présent. De là son application à la forme artstique plutôt qu’au sujet. Payne n’était pas complètement satisfait de tout ce que la vie avait à lui offrir ; il cherchait toujours à se dégager des liens de la vie matérielle. Son paganisme, si on peut l'appeler ainsi, fut chose qui s’imposa à son esprit à force de penser et de vouloir, et qu’il dut accepter inévitablement, mais avec tristesse. Dans beaucoup de ses sonnets, surtout ceux écrits après 1902 et ceux publiés après sa mort on peut voir son esprit comme un oiseau agité battre des ailes inutilement contre les barreaux de son existence matérielle. Le beau portrait d'Helen dans cette comparaison,
« The same half fluttering, half lingering gait As à linnet on the point of flight! »
est aussi celui de son esprit qui quitterait volontiers cette vie mortelle. A propos de l'âme il dit :
« Thou yearnest still for the Cœrulean height And strainest up into the lands of light ?. »
Il sembla que Payne comme Platon et Wordsworth, crut à la possibilité d’une existence antérieure. Il répète dans Étile la pensée exprimée dans le Meno dans le Phaedrus et dans The Inlimalions of Immortality.
1. Alas, Naiure and her Lover, John Payne, p. 14. 2. Exile, The Way of the Winepress, John Payne, p. 12.
« For thou thy former sojourn hast forgot
And hast no memory of thy heavenly name
There must thou voice and wings have had, though dumb And wingless thou in exile art become ».
Payne et Swinburne, à des degrés différents tenaient à la théorie Ari for Aris sake, mais celui-là ne voulait pas dans la pratique s’enfermer dans la conclusion logique de cette
théorie. Nous pourrons trouver des comparaisons dans un art :
analogue; on peut en effet comparer la poésie de Swinburne à l’art païen de Michel Ange, et celle de Payne aux peintures
esthétiques de Burne-Jones. Il y a en Payne l’accent d’un .
sérieux et d’une élévation qui, ne lui permettant pas de se
borner à la forme pure exclusivement, le préservent d'être : accusé d'artifice comme Swinburne qui doit parfois s’en reconnaître coupable. Comme dit Mr Arthur Lyttleton, : « la forme est l’adaptation de l'expression à ce qui est expri- : mé, de façonsque la pensée, chose purement intellectuelle, : devient une image qui pénètre dans l’esprit par les voies di-.
verses des sens, de l’émotion et de l’imagination ».
La poésie était pour Payne l’union heureuse du sens et du: : P
son, d’une pensée élevée revêtue d’une expression appropriée, la vertu de ses vers résidant dans l’harmonie (au sens du Platon) de la musique et de la versification. Le vaste dépôt
longuement accumulé de ses traductions de nombreuses langues, ses lectures immenses, sa puissance d’application née d’une longue méditation sur les problèmes de la vie, enfin
son attitude philosophique envers les choses lui donnèrent les moyens presque mécaniques d’une expression si juste qu'elle paraît inévitable.
11 fut d'accord avec Shelley et Schopenhauer que la fonc-
tion de l’artiste était de percevoir et de révéler la signification . éternelle des phénomènes. Payne fut attiré vers Nietzsche qu’il jugeait poète aussi bien que grand philosophe. Il avait tou-
jours sur sa table dans son cabinet de travail les dix-sept volumes de Nietzsche : « Il jugeait ses notes pour ses ou-
* vrages: Le plus haut sommet de la littérature ». Il a. dit de
MERTEDS
iui, « qu’il a considéré les problèmes de la vie d’un point de vue différent et nouveau, qu'il a fait une nouvelle évaluation de toutesles conceptions dela morale». Bacon a dit « morals are a fable agreed upon » et Nietzsche est le seul qui ait poussé cette observation à sa conclusion logique: ». Nietzsche et Payne furent presque d'accord dans leurs opinions sur l’art. Celui-làa demanda : « Comment peut-on regarder l’art comme s’il était sans dessein, sans but, comme l’art pour l’art? ». Mais ce qui attirait Payne vers ce Polonais de la Saxe, qui fut si mal compris, c'était sa nature essentiellement sympathisante, unie à son idéalisme et à sa pensée pénétrante. Son sonnet Îdealily® repose sur la pensée de Nietzsche « True ideahity is to see the glories of a sun, where a taper is lighted3 ». Payne s'exprime ainsi :
« It is refracted from the fields of space
We see, our mirrored wishes, hopes and fears
Yet courage soul ! Thy will the planets seven
It was that Lade illumine our life benighted.
Thy thought the towering star-crowned steeps of Heaven That stormed for hope. True ideality
Indeed the sick sage said, it is to see
The sunrise blossom where à taper ’s lighted ».
Dans son sonnet Drunk or Sober il insiste passionnément . dans son opposition de l'idéal et de la matière.
« Make thy choice, O servant of the highest Sick at heart and sober with the real
All thy life to languish or instead
Day and night to be, until thou diest Drunken with the wine of the ideal ».
Payne a reconnu que les théories philosophiques de Nietszche sur la volonté de puissance et sur le surhomme, étaient