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Lettre à Payne, le 14 mars

3. « Une nuit assombrie d’horreurs imaginables, souillée des larves effrayantes des croyances disparues ».

Joha Payne 15

x 996 parut et dissipa l'obscurité de « sa foi noble, franche et gaie » en la nature et en l’humanité.

Parlant du dessein de Rabelais il continue: « Il se proposa de construire sur la base d’une légende populaire et sous la forme d’un roman allégorique, un ouvrage monumental, qui contint la quintessence de la sagesse humaine, appliquée aux maux et aux souftrances de l’époque ». Rabelais révèle son dessein dans le prologue, quand il invite ses lecteurs à fouiller profondément pour trouver la signification sous l'écorce de la bouffonnerie.

Chez Payne, ce don céleste du rire combattit, comme un antidote le pessimisme farouche et sombre de Nietzsche et de Schopenhauer. Il a appris de Rabelais, à opposer le rire * au mal, et son biographe a constaté que l’élève avait acquis à cet égard l’habileté du maître. Pour lui, le rire est devenu un bouclier contre « The slings and arrows of outrageous fortune: » dans les affaires de ce monde, et la doctrine de Nietzsche — cette doctrine d’allégresse et de nostalgie des sphères inconnues (Jenseits von Gut und Bôse) — lui fut un motif poétique pour son chant du cygne. Cet accent se résume dans :

« Nail Hopes streamers to the mast Yonder in the unknown sea

Is à home for you and me

Now is Now, and Past is Past Never more return will we

Never more from Arcady?. »

À propos du rire il dit dans Risus Solamen :

« Laughter the lodge is in the wilderness Whereto the hermit soul With draws for shelter from Life’s labouring stress ».

I l'appelle :

« The island refuge midmost seas of dole »

1. «Les frondes et les flèches de la fortune outrageuse ». Hamlet, Shakespeare 2. Heyfor Arcady, John Payne.

2 807 cu

Poe …The bucker that the sage employs Against the fiery. shower Ofills and pains that mar the thinker”’s joys ».

[1 comprend que, sans le rire, la vie serait presque insupportable au penseur :

« Since the high soul, Life’s tragic farce that plays Must laugh perforce, if tears of blood it will not weep ».

Cette dernière pensée a encore un écho dans 1bn et Tefrid :

« You question me why I still season with laughter My strife

How else should I bear with our Here and Hereaîfter Of strife !. »

Chez Payne, le rire est le frère jumeau de l'humour :

« How should the wise man breathe the envenomed air And live, except for cordial, deep he quaff

Of undespiteful humour and fools laugh

To scorn who would the sacred fillet wear.

for laughter lightens strife And none who humour hath disconsolate Need abide, since humour is the salt of life. »

Payne lui-même avait un fonds d'humour. Il s’écria une fois dans une de ses crises d’abattement : « Il est difficile de dire pourquoi on existe, si ce n’est que la vie est une habitude des plus endurcies * ». Non seulement le rire est pour lui un abri contre tous les maux, mais il y voit :

BR C0 29 me

«.. The open dungeon grate Where through the imprisoned soul the worlds without Surveys…. »

. 1bn ét Tefjrid Qu 72, John Payne.

. Sonnet « The Salt of Life ». The Way of the Winepress, J. Payne, p. 54. . Lettres à Tracy Robinson, n° 14.

. Risus Solamen, stance II, J. Payne.

Son attitude envers le public.

‘ Par les épithètes injurieuses qu'il jetait au public, Payne tenait assurément à lui marquer son mépris : elles n'étaient pas des paroles de colère, irréfléchies et enflammées. Ces expressions, surtout jugées hors du contexte, ont été la cause d’une opinion erronée. Il a appelé le public, « the uncooked, the unthinking multitude, the canaille, The rude vulgar , le « rohen Leute » deSchopenhauer, «thebisson multitude » de Shakespeare et le « servum mecus » et « profanum vulgus » d’'Horace. Sévérité bien grande, dira-t-on ! Il semble cependant que Payne ne voulût pas qu’on les prît toujours au pied de la lettre. Le chagrin habituel que lui causait l’indifférence du public pour ses essais poétiques se marque dans cette attitude. C'était la presse, non le public qu’il devait blâmer. Le grand tort du public selon lui fut de suivre, aveugle, et satisfait une presse qui jamais ne s’écartait du courant (logrolling press).

Mais devons-nous lire dans son mépris qu’il se croie supérieur aux gens moins heureux, et qu’il soit indifférent à leurs peines et à leurs épreuves? Sa vie et ses œuvres nous répondent. Les sujets traités dans London City Poems sont des plus humbles — spectacles et incidents de chaque jour dans les rues de Londres —. Comme dit son biographe, il aimait à « s’isoler dans les foules 1! ». Il répand de l’enchantement sur les briques et le ciment prosaiques. Le beau poème pathétique Quia Multum Amavit, histoire d'une femme qui se noya dans le Regenis Canal parce que ses deux enfants étaient morts de faim rappelle le Bridge of Sighs de Hood. 11 aimait tous les animaux et sa large humanité se mamfeste dans le poème Shadow Soul? loué par Rossetti :

« Haply one day these songs of mine Some world worn mortal may console

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