‹ Joies et tristesses de la mer [microforme]Chapitre 8 sur 27 · OD · texte numérisé non relu

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Walker (1), 220 hommes embarquèrent à bord de l'Isabella Anne Catherine ; 102 étaient sur le Chatham ; 150 sur le Marlborough ; 246 sur le Marchand de Smyrne ; 854 sur le Colchester ; 188 sur le Nathaniel et Elisabeth, et 150 sur le Samuel et Anne, soit un total de 1,420 ; tous ces vaisseaux, plus le Content qui n’est pas mentionné dans cette pièce justificative, périrent sur l’Ileaux-Œufs, et en faisant la part de la maladie et des désertions, nous pouvons sans exagérer mettre à 1,100 le nombre des noyés et des manquants à l'appel le lendemain de la triste nuit du 22 août (2).

Ce soir-là, la tempête s'était rappelée qu’elle avait jadis dompté l'orgueil d’un autre amiral anglais, sir William Phips, en lui arrachant plus de mille hommes, et en lui brisant 38 vaisseaux. Vingt minutes lui avaient suffi pour faire cette œuvre de destruction, et sauver la Nouvelle-

France de l’étreinte de l'Anglais.

Atterré par son incroyable désastre, l'amiral Walker adjoignit au capitaine Cook, du Léopard, de croiser autour de l’île et de sauver ceux qu'il pourrait, pendant que lui-même courerait des

(1) Vide page 190, appendice du journal de Walker.

(2) Il ne faut pas oublier, en outre, que dans l'introduction de sen journal, page 25, Walker avoue avoir perdu en s’en revenant la frégate le Feversham de 36 canons, commandée par le capitaine Poston, ayant à son bord 196 hommes d'équipage, et trois nouveaux transports dont les morts n’entrent pas dans ce dénombrement.

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bordées toute la nuit. Le lendemain, il dépêcha le Monmouth avec ordre de chercher un mouillage sûr dans les environs pour la flotte, mais l'officier de ce navire ayant fait un rapport négatif, et ses pilotes se reconnaissant incapables de conduire l’escadre dans la baie des Sept-Iles, l'amiral donna l’ordre de repartir les survivants sur le reste de ses vaisseaux, et réunit son conseil de guerre.

On était alors à six lieues ouest-sud-ouest de Ja pointe des Monts Pélés.

Tous les capitaines et pilotes fûrent sommés de se rendre auprès du pavillon amiral, hissé temporairement à bord du Windsor. Les minutes de cette séance disent, que sir Hovenden Walker présida et que les officiers présents fürent le capitaine Joseph Soans du Swiftsure, le capitaine John Mitchel du Monmouth, le capitaine Robert Arris du Windsor, le capitaine George Walton du Montague, le capitaine Henry Gore du Dunkirk, le capitaine George Paddon de l’Edgar, le capitaine John Cockburn du Sunderland, et le capitaine Augustin Rouse du Sapphire. La discussion débuta sur un ton d’aigreur ; quelques officiers allèrent jusqu’à reprocher à sir Hovenden Walker de ne pas les avoir consulté avant le départ de Boston. L’amiral fut hautain. Le capitaine Bonner, pilote de l'Edgar et M. Miller pilote du Swifisure insis-

tèrent sur les dangers qu'offrait le passage de.

l'Ile-aux-Coudres près de Québec. Leurs cama-

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rades vinrent à la suite les uns des autres avouer leur incompétence, et il fut résolu à l’u-

| nanimité d'abandonner toute tentative sur Qué-

bec, et de s’en aller à la rivière Espagnole au Cap Breton, pencant que le Léopard en compagnie d'un brig le Four Friends et d’un sloop le Blessing, continueraient à croiser le long du lieu du sinistre. |

Au Cap-Breton, les tâtonnements et les pertes de temps recommencèrent. Walker n'osait plus retourner en Angleterre sans tenter un coup de main sur Plaisance ; d’ailleurs ses instructions étaient positives là-dessus. Beaucoup d'officiers furent de cet avis ; mais le général Hill fit à ce projet une forte opposition. On eût recours encore une fois à un conseil de guerre, et il y fut

“ résolu à l'unanimité, vu que l’on n'avait plus

N étant mis à la demi ration—(1) de faire voile

Ne

que pour onze semaines de vivres—les hommes

" vers les côtes anglaises. Maïs avant de partir, | l'amiral crut prudent de prendre possession de

cette terre au nom de la reine Anne, en remplaçant les armes de France par une inscription latine taillée en forme de croix.

Tout était maintenant au complet, puisque

1 cette croix qui se dressait sur le Cap-Breton fai-

sait face à l'entrée de ce golfe et de ce fleuve Saint-Laurent, devenus le morne tombeau des Anglais, et remplaçait celle que sir Hovenden

(1) Vide appendice du Walker’s journal, p. 304,

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