AUBADE
Suis vers l'aurore fauve et dorée La sente herbue et qui court à l'orée, Gai d'une heure remémorée, Sans rêver la gloire laurée.
— (La vie exulte en joie ignorée). —
Ne pense pas à l'avenir ;
Nulles volontés n'en sont maîtresses,
Vis, ce lent jour, de souvenir ;
La gloire, elle pourra venir,
Mais ne vaudra pas tes détresses,
— (La mare luit autour du Menhir). -
Si ton âme déborde et s'épanche,
C'est que ta vie est pleine à jamais ;
Si, lourde d'épis, la moisson penche,
Tes douleurs les avaient semés.
-- (Quelle âme pâlit dans l'aube blanche ?)
L'été te rie, Amour te ceigne
Du manteau léger de ses ailes;
Le frisson aurorale t'étreigne
D'un unisson de chanterelles.
— (Quel cygne en l'aurore chante et saigne ?)