‹ JoiesChapitre 15 sur 21 · AUBADE · texte numérisé non relu

AUBADE

Suis vers l'aurore fauve et dorée La sente herbue et qui court à l'orée, Gai d'une heure remémorée, Sans rêver la gloire laurée.

— (La vie exulte en joie ignorée). —

Ne pense pas à l'avenir ;

Nulles volontés n'en sont maîtresses,

Vis, ce lent jour, de souvenir ;

La gloire, elle pourra venir,

Mais ne vaudra pas tes détresses,

— (La mare luit autour du Menhir). -

Si ton âme déborde et s'épanche,

C'est que ta vie est pleine à jamais ;

Si, lourde d'épis, la moisson penche,

Tes douleurs les avaient semés.

-- (Quelle âme pâlit dans l'aube blanche ?)

L'été te rie, Amour te ceigne

Du manteau léger de ses ailes;

Le frisson aurorale t'étreigne

D'un unisson de chanterelles.

— (Quel cygne en l'aurore chante et saigne ?)

Page 1