‹ JoiesChapitre 5 sur 21 · MAI-FLEURI · texte numérisé non relu

MAI-FLEURI

Le mai-fleuri.

Tout murmurant d'abeilles folles.

Fleure et sourit

Et se diapré de corolles.

« Que rèviez-vous l'été dernier

Parmi les moissons jaunissantes ? »

— « Un l'ève qu'il faut renier

Et qui s'effeuille au creux des sentes,

Un sot rêve d'enfant, si frôle

Que la joie au travers scintille.

Comme une toile à quelque prèle

Filtrant le soleil qui l'effile

Et Cjue môme la brise emmêle.

Rets puéril et puérile

Embûche où ne se prit nulle aile ! »

Le mai-fleuri frissonne en tournoiement de ronde, Comme une vierge éprise d'être au monde Pour cela seul qu'elle est blonde.

Et tout cet hiver d'ennui, sans un sourire ;

O les lentes, les lentes veillées ! »

— « Tout est maintenant comme un chant de l^^re ;

Tous rieurs et toutes raillées ;

Chacun est tel cju'il en est un pire ;

Elles émerveillent émerveillées

Et tout est ronde qui tourne et vire.

Tout est passé qui fut la tristesse ; Viens en mon àme et ris en mon C(eur »

— « Tout est passé qui fut la douleur, Tjaise ma joue et joue en ma tresse ;

Vois : j'ai pour toi plus de joie en ma lèvre Que celles-là n'en recèlent pour d'autres. »

— « Vois : j'ai l'amour et nul cœur ne s'en sèvrc. »

— «< Vois : j'ai la vie — ù quel rêve est la nôtre? —

Le mai-fleuri s'ébranle au poids gai des guirlandes ; Encore un couple, encore une torsade au faîte ; Des fleurs et des fleurs ! cju'on ravage les landes, Qu'on se joigne à la ronde et Cjuc dure la fête : Il est pour tout pleurer des larmes de poète.

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