MAI-FLEURI
Le mai-fleuri.
Tout murmurant d'abeilles folles.
Fleure et sourit
Et se diapré de corolles.
« Que rèviez-vous l'été dernier
Parmi les moissons jaunissantes ? »
— « Un l'ève qu'il faut renier
Et qui s'effeuille au creux des sentes,
Un sot rêve d'enfant, si frôle
Que la joie au travers scintille.
Comme une toile à quelque prèle
Filtrant le soleil qui l'effile
Et Cjue môme la brise emmêle.
Rets puéril et puérile
Embûche où ne se prit nulle aile ! »
Le mai-fleuri frissonne en tournoiement de ronde, Comme une vierge éprise d'être au monde Pour cela seul qu'elle est blonde.
Et tout cet hiver d'ennui, sans un sourire ;
O les lentes, les lentes veillées ! »
— « Tout est maintenant comme un chant de l^^re ;
Tous rieurs et toutes raillées ;
Chacun est tel cju'il en est un pire ;
Elles émerveillent émerveillées
Et tout est ronde qui tourne et vire.
Tout est passé qui fut la tristesse ; Viens en mon àme et ris en mon C(eur »
— « Tout est passé qui fut la douleur, Tjaise ma joue et joue en ma tresse ;
Vois : j'ai pour toi plus de joie en ma lèvre Que celles-là n'en recèlent pour d'autres. »
— « Vois : j'ai l'amour et nul cœur ne s'en sèvrc. »
— «< Vois : j'ai la vie — ù quel rêve est la nôtre? —
Le mai-fleuri s'ébranle au poids gai des guirlandes ; Encore un couple, encore une torsade au faîte ; Des fleurs et des fleurs ! cju'on ravage les landes, Qu'on se joigne à la ronde et Cjuc dure la fête : Il est pour tout pleurer des larmes de poète.