‹ Joies grises. Préf. de Georges RodenbachChapitre 8 sur 62 · L'ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

L'ENFANT PRODIGUE

Siirfraw et ibo <iJ l'att^-m.

Quand l'âpre vin de la Luxure eut saoulé mon corps

De mornes parfums, de ses ivresses détestables,

Après les festins terminés en rut sous les tables

Avec les chiennes d'amour, aux veux morts, aux sens morts ,

Je me vautrai dans l'auge ignoble où mangeaient les porcs. — Ma tête reposait la nuit au fond des étables; Les maîtres nie fouaillaient la chair, fauves irritables Ravivant en mon cœur la flamme de mes remf)rds.

3o L'ENFANT PRODIGUE.

Mais comme je goûtais la lamentable amertume Et qu'il me semblait être plus seul que de coutume, Je me suis souvenu de Celui que j'ai quitté;

Et voici que je Vous reviens plein de fatigue,

Chargé d'un lourd fardeau de honte et d'iniquité :

« Père, ouvrirez-vous pas les bras à l'enfant prodigue? »

Page 1