‹ Jonathan et son continent; la société américaineChapitre 7 sur 10 · Wlio is booming vour show · texte numérisé non relu

Wlio is booming vour show

A peine Tincendie est-il éteint que les murs de l'Amérique se tapissent d'annonces enluminées où Phinéas Barnum est représente sortant des flammes, tout comme un nouveau phénix.

M. Barnum tient en piètre estime tout homme, quel qu'il soit, qui manque une occasion de gagner de l'argent. Il trouverait tout naturel •d'offrir dix mille francs par semaine à M. le géné- •ral Boulanger pour le montrer dans son musée, et i\ trouverait fort peu naturel que le général refusât de signer pareil engagement. On sait •que l'entreprenant Phinéas écrivit un jour à M. Pasteur pour lui proposer un engagement. 11 rgarantissait cinquante mille dollars à l'illustre savant pour inoculer en public deux fois par jour. C'était peu de chose, et les cinquante mille dollars •eussent été gagnés facilement. Barnum eut à se -contenter d'engager un monsieur à lunettes resrsemblant tant bien que mal à l'illustre maître de ila rue d'Ulm ; mais il réussit à engager les quatre petits Américains que M. Pasteur venait de sauver de la rage. Ils furent inoculés (à l'eau claire probablement), pendant des mois, à New-York et dans les principales villes des États-Unis. La so- •ciété protectrice des animaux, qui ne comprend pas l'homme dans son cercle d'opération, laissa

faire, et les coffres de l'entreprenant Pliinéas se gonflèrent de dollars.

Barnum ne comprend pas qu'une offre avantageuse se puisse refuser. Pour lui tout est à vendre où à louer, et le tout-puissant dollar est le maître du monde. Un jour il se mit en tète d'acheter et de monter la maison où était né Shakespeare. Les Anglais se fâchèrent tout rouge et il eut à abandonner son projet.

Le musée Grévin, à Paris, et le musée de madame Tussaud, à Londres, exhibent les célébrités en cire. Le rêve de Barnum est de les exhiber en cliair et en os.

Si la République était proclamée partout en Europe, les souverains déposés pourraient aller faire fortune en Amérique, et la plus grande ambition du fameux imprésario serait satisfaite.

Du reste, rien n'étonne l'Américain. Ce qui rend sa conversation piquante au possible, c'est le calme, c'est le naturel avec lequel il vous dit les choses les plus renversantes.

Mon imprésario de New-York venait de m'engager pour une tournée de conférences littéraires au États-Unis et au Canada.

— J'aurai l'année prochaine, me dit-il, deux

Européens sur ma liste, M. Charles Dickens et vous. J'en voulais deux autres, mais je n ai pas pu les avoir.

— Ce n'est pas llatteur, ce que vous me dites là, lui répondis-je. Et quels sont les deux Européens qui vous font faux bond?

— M. Gladstone et lord Randolph Churchill, me dit-il, avec le plus grand sang-froid.

Puis, supprimant les mots monsieur et lord selon l'habitude de ses compatriotes, il ajouta avec un soupir :

— Oui, Gladstone aurait fait un lingot d'or et Churchill aurait eu un succès élégante

1. Les Américains emploient le mot « élégant » pour « magnifique. »

Les chemins de fer. — Les trains vestibules. — Hôtels à roulettes. — Fenêtres et ventilateurs et leur usa^e. — Un bourreau sans pitié. — Le conducteur et ses fonctions. — Perplexité d'un voyageur. — Grossièreté des employés. — L'actrice et le conducteur. — Un voyageur curieux. — Un nègre à gros appointements. — Commerce à bord. — « Pommes, orano^es, bananes !» — Le compartiment des nègres. — Changement de toilette. — Mêlez-vous de ce qui vous regarde.

Les Américains ont supprimé les distances par le soin qivils ont apporté à perfectionner leurs chemins de fer.

Vous entrez dans le train après dîner, et le train file. Vous allez passer une ou deux heures au fumoir, vous vous couchez, vous dormez, vous vous éveillez, et vous êtes arrivé.

Au point de vue du bien-être, les chemins de fer américains sont aux chemins de fer français et

•anglais ce que ces derniers sont aux diligences d'autrefois.

Rien ne saurait surpasser le confortable et le luxe des pulmanns, si ce n'est ce pulmann perfeclionné qui s'appelle train vestibule. Six ou sept Toitures, communiquant les unes avec les autres, vous permettent de circuler librement sur une longueur d'une centaine de mètres. Salleà manger, chambre à coucher, salon, fumoir, bibliothèque, salle de bain, cabinet de toilette, le tout meublé avec un luxe des plus recherchés. Que pouvez-vous désirer de plus? C'est un hôtel roulant. C'est votre appartement complet qui se transporte de New- York à Chicago en vingt-quatre heures. Cuisinier, chauffeur, barbier (oui, barbier! il y a un salon de coiffure au bout du train), valet de chambre, vous avez tout sous la main.

L'intervalle qui se trouve entre les voitures est fermé par des portes s'ouvrant du dedans au dehors, de sorte que vous passez d'une pièce à l'autre sans même avoir à vous exposer au vent ou au froid. Tout est prévu, tout est étudié, et à moins qu'un de ces jours les Américains n'inventent des appartements qui se démonteront et pourront se transporter facilement d'un point à un autre (on y arrivera, soyez-en sûr), je ne vois

pas qu'on puisse désirer, qu'on puisse même imaginer des voitures de chemin de fer plus agréables, plus élégantes et plus sûres. Le voyage n'est plus une corvée, c'est un plaisir.

Qu'il arrive un accident en chemin, qu'il survienne une tempête de neige qui arrête le train pendant plusieurs heures, vous n'êtes point bouclé dans un compartiment étroit, obligé de vous morfondre de froid et de faim jusqu'à ce que la voie ait été déblayée. Vous vous résignez facilement à votre sort : les voitures sont chaulYées, et les provisions ne manquent pas à bord.

Inutile de vous munir de couvertures de voyage, les trains sont chauffés, du 1^' octobre au 1"" avril, à une température d'environ 26 degrés centigrades. Aussitôt entré dans la voiture, vous sentirez le besoin de vous débarrasser au plus vite de votre pardessus.

Le chauffeur est un bourreau sans pitié qui, malgré les observations que vous pourrez lui faire sur le sujet, ne vous fera pas grâce d'un degré. Il ne connaît qu'une chose : fourrer du charbon dans le poêle.

Il y a des fenêtres et des ventilateurs, mais si vous ouvrez votre fenêtre, vous verrez vos compagnons de voyage relever le collet de leurs

paletots et vos compagnes demander leurs châles et leurs fourrures, et vous entendrez des grognements énergiques qui vous feront comprendre que vous vous êtes transformé en calamité publique. Les Américains sont un peuple frileux qui se cuit aubain-marie.

Quant aux ventilateurs, ils sont placés sous la surveillance du conducteur, et si ce monsieur n'a pas trop chaud, vous pourrez étouffer, vous trouver mal, sans que cela le préoccupe le moins du monde. Le bien-être des voyageurs n'entre pas dans ses attributions, et les ventilateurs^ restent fermés.

Ici, comme dans les hôtels, comme dans toutes les conditions de la vie américaine, vous êtes à la merci des serviteurs. Il n'y a point de remède, point d'appel.

Les conducteurs de chemin de fer sont, en général, malhonnêtes et même grossiers. Ne leur faites point de questions, surtout ces questions que le voyageur fait d'habitude : a Serons-nous bientôt arrivés? — Le train est-il en retard? — Quel est le nom de la prochaine station? » Vous

1. Même le malin, alors qu'une trentaine de personnes ont passé la nuit dans le %vagon-lit, il est fort difficile de faire ouvrir les ventilateurs pour clianger l'air.

êtes supposé tout savoir en Amérique, et personne ne vous aidera, à moins que vous ne vous adressiez à des gens du monde.

Si vous demandez à un passant ie plus court chemin qui mène à la station, il fait semblant de ne pas vous comprendre. Le mot station est anglais, mais ici il faut parler américain et dire dépôt.

Quand un employé a réussi à vous insulter de la plus belle façon, il est fier, il se rengorge, il regarde ses confrères et semble leur dire : « Hein ! as-lu vu comme je lui ai parlé à celui-là? » Il croirait déroger en étant poli. Pour lui la politesse est une forme de servilité, et il s'imagine qu'en étant grossier avec les gens bien élevés, il se place à leur niveau, et met en pratique le plus grand principe de la démocratie : Tégalité. Autant un Américain de la bonne société est aimable, obligeant, prévenant, autant un Américain de la basse classe est malhonnête, bourru.

Vous allez dans un bureau de chemin de fer chercher un billet. Peut-être pouvez-vous vous rendre au lieu de votre destination par différentes lignes. L'employé vous dira, sans vous regarder :

— Quelle ligne? B. et 0. ' ou S. F. et W. R. R. ; ou bien C. I. L. et G. ?

— Je veux un billet pour Chicago.

— Je vous demande si vous voulez y aller par le...

Et ici il vous répète quelques portions de l'alphabet, en vous jetant un regard de pitié. N'allez pas croire qu'il va vous traduire en anglais ses A. B. G. D..., c'est à vous de le comprendre.

Ne vous fâchez pas, cependant, prenez la chose en riant. G'est le conseil que m'ont donné les Américains. G'est le conseil que je vous donne, si jamais vous allez en Amérique.

Je faisais un jour la sieste dans mon fauteuil. Le conducteur du train arrive et m'administre un renfoncement formidable dans les côtes, et me crie de l'air le plus sauvage :

— Votre billet !

I Je m'empressai de le satisfaire, et je lui fis des excuses :

— J'aime à croire, lui dis-je, que je ne vous ai I point fait attendre.

Il me quitta tout penaud, (l était démonté, désarticulé.

I. Nous imitons les Améiicains, quand nous disons P. -L, -M. pour Paris, Lyon, Méditerranée.

D'ailleurs, en Amérique, il faut être poli avec tout le monde, aulrement à chaque instant vous pourriez vous exposer à manquer de respect à un futur président des États-Unis.

Une autre fois, je me trouvais dans un des trains qui desservent la banlieue de New-York. Ces trains n'ont point de voitures-parloirs avec fumoir. Ni première, ni seconde, ni troisième classe : toutes les voitures sont pareilles. Je m'adressai au conducteur, et lui demandai où se trouvait le compartiment des fumeurs. Il murmura entre ses dents quelques paroles inintelligibles. De ma voix la plus tendre et la plus humble, je lui dis :

— Excusez-moi, je n'ai pas entendu.

Il me cria à tue-tète dans les oreilles :

— Der-riè-re-la-lo-co-mo-tive, avez-vous entendu cette fois-ci?

Mon premier mouvement fut de lui allonger un soufflet. Je me rappelai immédiatement le conseil qu'on m'avait donné, et je lui dis en souriajit :

— J'ai parfaitement entendu. Je vous fais mille excuses. Vous êtes d'une obligeance vraiment délicieuse.

Une actrice américaine très connue dînait un soir dans le compartiment salle à manger d'un train de New-York. Pour tuer le temps elle man-

geait lentement et faisait durer le plaisir autant que faire se pouvait. Le conducteur, à qui pareille audace déplut, se mit à faire sur l'actrice les remarques les plus grossières, et cela assez haut pour qu'elle pût entendre.

L'actrice tira de son portefeuille une carte de visite sur laquelle elle griffonna quelques mots : •

— Conducteur, fit-elle, voici une carte ; si vous la présentez demain soir à l'Opéra, on vous donnera un fauteuil. Je regrette vivement de ne pouvoir vous offrir une loge... cela fait tant de bien de rencontrer un conducteur poli !

J'ai pourtant quelquefois rencontré des conducteurs* polis — dans la proportion de un à dix.

Les noms des stations sont cachés. N'espérez pas que le conducteur éclaircira le mystère.

Le train venait de s'arrêter à quelques lieues de Richmond.

— Quel est cette station ? fit un voyageur en s'adressant au conducteur.

Celui-ci haussa les épaules et lui tourna le dos. Je me trouvais tout près de ce conducteur :

— Y a-t-il des gens qui sont curieux tout de même! lui dis-je.

Si vous aviez le caractère mal fait, la grossièreté

:>20 JOiNATHAN ET SON CONTINENT

des employés du chemin de fer et des bonnes d'hôtel parviendrait à gâter le plaisir du voyage; mais les Américains sont bons enfants, et n'y font point attention. J'en connais même que cette grossièreté amuse beaucoup, et qui partent en voyage avec ample provision d'humour pour la circonstance.

Le nègre qui fait votre lit est beaucoup plus poli; mais sa politesse n'est point désintéressée. Ouelques minutes avant l'arrivée du train à votre destination, il vous donne un coup de brosse pour lequel il reçoit invariablement la somme de vingtcinq cents (un franc vingt-cinq) pour sa peine. Ces nègres, indépendamment du salaire qu'ils reçoivent de la compagnie, se font de trente à quarante francs par jour en pourboires, soit de douzo à quatorze mille francs par an.

Que de blancs se feraient nègres à ce prix-là !

11 est un autre ennui en voyage, ennui que vous ne sauriez endurer avec philosophie.

11 se trouve, dans le train, un commerçant int'afigable qui tient boutique dans le dernier wagon.

A peine le train est-il en marche qu'il ouvre sa boutique. Il commence par y prendre un paquet

de journaux, puis il fait sa première tournée, en ayant soin d'ouvrir et de fermer les portes avec fracas. Cela fait, il retourne à sa boutique, y replace les journaux qu'il n'a pas vendus, prend un panier, y met des pommes, des oranges et des bananes, et le voilà reparti. Les portes se rouvrent et se referment avec le même bruit. Il crie à tue-tête : « Oranges, pommes, bananes ! » Vous lui faites signe de la tète que vous ne désirez rien, et il passe. Puis il rentre à sa boutique. Vous croyez que peut-être vous allez pouvoir faire un somme. Vous comptez sans votre hôte. 11 reparaît bientôt avec des jujubes, puis avec des calottes de voyage. Viennentensuite les photographies. Il vous force à examiner ses albums dont il vous vante la qualité avec un zèle digne d'un meilleur sort. Vous l'envoyez promener, mais, hélas, pas pour longtemps. Il reparaît bientôt avec les revues mensuelles, puis enfin avec des livres. Que vous soyez endormi ou non, il en place un ou deux sur vos genoux, et vous réveille pour vous demander si vraiment vous allez voyager pendant cinq ou six heures sans rien lui acheter. La colère vous monte à la tête, et vous avez envie de lui jeter sa marchandise à la ligure, ou plutôt par la fenêtre, et de l'envoyer suivre ses calottes de voyage et ses livres. Vous

prenez patience, et vous vous dites : « Bah! quand il aura épuisé son stock, j'aurai la paix. > Illusion. Cinq minutes plus tard, il recommence ses tournées avec les pommes, les oranges et les bananes. C'en est trop, et vous lui dites — en vous-mêmes : « Non, non, non, va-t'en à tous les diables, animal, avec tes pommes, et tes oranges, et tes bananes, et tes jujubes, et tes calottes de voyage, et tes journaux, et tes bouquins, et toute la damnée

boutique ! »

Les Américains ont des patiences d'anges. Je les ai vus, pendant cinq et six heures de temps, refuser par un signe de tête des plus polis les différents articles de ces bazars ambulants. Ils semblaient dire : « Cet être-là est bien assommant, mais enfin il faut que tout le monde

vive. »

Voici comment j'ai pu voir un jour cet industriel

à l'œuvre.

En revenant de Saint-Augustin à Jacksonville, j'oubliai de retenir ma place dans le wagon-parloir et fus obligé de me caser dans une des voitures ordinaires. Le mal n'était pas grand, le trajet est d'environ cinquante minutes.

Indépendamment du wagon-parloir, le train se composait de trois voitures, dont deux étaient

presque pleines. Je m'installai dans la troisième qui était vide.

Arrive le conducteur.

— Sortez d'ici, me dit-il, vous ne pouvez pas voyager dans ce wagon-ci.

— Pourquoi donc? demandai-je.

— Parce que c'est le wagon des nègres.

— Eh bien, est-ce que je ne les vaux pas?

— Je vous dis que vous ne pouvez pas rester

— Je regrette pour une fois de ne pas être nègre, dis-je, c'est le plus propre de vos wagons.

J'allai prendre place dans la dernière voiture, juste en face de la boutique aux pommes, aux bananes, aux jujubes et aux calottes de soie noire.

Là je pus contempler l'activité du négociant dont j'ai tout à l'heure entretenu le lecteur.

Pendant cinquante minutes ce fut une allée et venue continuelle.

Quand sa dernière tournée fut faite, il remit en place les marchandises qu'il n'avait pas vendues, enleva son uniforme, endossa un paletot, mit un chapeau noir et attacha sa cravate avec une épingle en diamants. Maître Jacques ne se transforma pas plus vite de cuisinier en cocher. Je ne perdis pas un seul de ses mouvements. Cela fait.

il se tourna vers moi, et voyant que je le regardais, il me lança un regard protecteur en me toisant des pieds à la tète. Je crus qu'il allait me

dire :

— Qu'est-ce qu'il vous faut à vous?

— Eh bien, hasardai-je, les affaires prospèrent, hein?

— Mêlez-vous de ce qui vous regarde ! me dit-il, et, sans ajouter autre chose que deux ou trois mots qui me firent Teffet d'un juron rentré, il alla rejoindre les autres employés.

Les domestiques de Jonathan. — Duchesses en disponibilité. — L'égalité mal comprise. — Lâcheté des hommes. — Les dame du plumeau. — Le cuisinier de M. Yanderbilt. — Les nègres. — Mariage de Pompée. — Où est mon habit? — Ces dames jouent du piano. — Les charges du Charivari enfoncées par la réalité. — Une dame désire position comme laveuse de vaisselle. — Pourquoi il est indispensable de ne pas se brouiller avec vos bctnnes quand elles vous quittent.

Les domestiques de Jonathan m'ont tout bonnement l'air de gentilshommes décavés et de duchesses en disponibilité.

Quand vous vous adressez à un valet, avant de vous répondre, il vous toise des pieds à la tête et semble vous dire :

— Qui êtes-vous? faites bien attention à la façon dont vous me parlez. Nous sommes un peuple libre, monsieur : tous égaux ici, et je vaux autant que vous.

El VOUS avez envie de lui répondre :

— Je vous félicite, mon ami, d'habiter un pays libre; mais puisque nous sommes tous égaux ici, et que je vous parle poliment, pourquoi diable n'en faites-vous pas autant?

Cet individu manque de logique.

Chez la servante Tair est différent, c'est un air de mépris et de profond dégoût. Elle semble soupirer :

— Faut-il, mon Dieu, que les hommes soient lâches pour permettre aux femmes de travailler ! Sont-ils assez lâches !

En vous servant elle fronce les sourcils, et en se retirant elle vous lance à la dérobée un regard qui respire la vengeance. C'est surtout dans les hôtels de province, où le service de table est fait par des femmes, que vous observerez le phénomène décrit plus haut.

Impossible de se faire une idée exacte des travaux pénibles qu'entreprend la bonne américaine à moins de Favoir vue, plumeau à la main, faire un salon ou une salle à manger.

Le charbon que l'on brûle en Amérique est l'anthracite. Ce charbon est excellent; il chauffe bien et dure longtemps \ mais en un jour il couvre les

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