GIBOULEE SUR LE LOUVRE
A • Rose de Mai "" bouquetière de la Reine, guillotinée l'an II de la Liberté, âgée de 19 ans.
— Est-ce le rire, est-ce la larme.
Printemps frêle, prince joli ?
Printemps leste, vainqueur ami.
Impertinent fleuri de grâces cavalières, Quels embarquements pour Cythère
Tu fais.
Aux quiosques des bouquetières :
Est-ce le rire, est-ce la larme ?
Sous le Louvre de nos rois, Là-bas vers le Cours-la-Reine.
Sur le parapet du quai Une neuve bouquetière Disperse mille bouquets :
Seine, Seine, auguste Seine, Qui change on ne sait pourquoi, Indescriptible rivière, Que tu es fraîche et sereine En cette aube printanière !
Aux quiosques des bouquetières Passe, volète un reflet.
Duquel de vous, hélas, adorés vexillaires Du discret et de 1 indiscret,
Héros avec qui meurt l'attrait Des gentilhommeries dernières, Watteau. Fragonard ou Lancret ?
Est-ce le rire, est-ce la larme .'
En un camp de verdure vague Voici déjà monter la garde ( — ... La garde ! la garde !)
Aux grands Houx porte-hallebardes ( — ...ardes, main ! portez ...ardes !
Messieurs, le Roi.
— Vive le Roi !) Farouches houx, durs pompons rouges, Colichemardes, fers de pique!
; — Quoi, nous n irons plus au bois?) Rassurons-nous : plus un ne bouge, Et Ton se venge des effrois Et des moustaches horrifiques En sécriant : Ils sont en bois !
Aux idylles dont nos cœurs révent ( — Au bois irons-nous encor?) Ils font fragment du décor Qu'un cliquetis solaire achève En féerie verte et pourpre et or ;
Près, plus près, proche le bord, La Pastorale Italienne — Tutu, panpan, hautbois et cor — Bergamesque, verlainienne,