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Fig. 41. — Souvenir d’une promenade à Clamart (1861).
Fig. 42. — Le Chautay (1861).
Fig. 43. — Le Chautay, par Mr* Fesser(r861).
Fig. 45. — Souvenir du Nivernais (1862).
Fig. 47. — Sainte-Adresse (1862).
Ce
pittoresque, dont il rapportait un croquis lestement enlevé. De ce croquis sortait un tableau, qu’il vendait à Martin pour 200 fr. (Fig. 44). Car si les rapports avec son vieil ami de la rue Mogador s'étaient un peu refroidis, ils restaient cependant en relations d’affaires. Martin, qui avait gardé entre ses mains les fonds produits par la vente de 1860, lui avait fourni l'argent de son déménagement et, par avance, un terme de son loyer de la rue de Chevreuse. Il lui avait remis de quoi accomplir son voyage. Avant de quitter Nevers, Jongkind avait encore reçu de lui 200 francs pour les frais de son retour à Paris. Jusqu à la fin de l’année, c'était toujours Martin qui subvenait à ses besoins. Pendant le courant de l’hiver, il lui versait jusqu’à un millier de francs. Comme il payait aussi son marchand de couleurs et son encadreur, la bourse commençait à se vider. À la fin de février 1862, d’un commun accord, on arrêtait les comptes. Martin n'avait plus que 862 francs à Jongkind dans sa caisse. Celui-ci s’en faisait compter 600. Il ne lui redevait donc plus que 242 francs. C’étaient de nouveaux embarras pécuniaires en perspective dans un laps de temps malheureusement trop court.
: L'année 1861 avait procuré au pauvre Jongkind une mortification qu'il n'avait subie qu’au début de sa carrière. Ses envois au Salon avaient été refusés. Ils avaient été l’objet d’un ostracisme partagé par les œuvres de Millet. À l’occasion de cette double injustice, son ami Jean Rousseau avait violemment pris à parti le jury dans le }igaro, où il tenait toujours la plume (1). Mais le verdict subsistait, avec ses conséquences préjudiciables pour les intérêts de la victime. Un article de journal n'est qu'une vaine satisfaction d’amour-propre pour un artiste desservi auprès de sa clientèle par un échec de ce genre.
(1) Figaro du jeudi 2 mai 1861.
1862 n’offrait point aux refusés de la saison précédente l’occasion de prendre leur revanche. Le Salon n'ouvrait pas ses portes cette année-là. Jongkind travaillait quand même. Ses affaires, hélas, ne marchaient pas trop bien. Mais il ne tenait point rigueur aux Parisiens de leur peu d’empressement à lui venir - en aide. Paris restait à ses yeux un foyer d'art unique au monde. [1 s’en ouvrait à Eugène Smits dans une lettre qu’il lui adressait le 25 juillet 1862. Cette lettre disait :
. En ce qui me regarde, les affaires ne sont pas du tout brillant. Il paraît que, dans les vent[es] des tableaux, cette commerce est très soufrant. De façon que j'ai plusieurs tableaux terminer sans les avoir vendu. Vous voulez bien comprendre [cependant] que, jusqu’à présent, Paris est la ville unique pour le placement de mes travaux. Vous le savez combien je dois au noble secours de Paris, au moment des misère à mort qu’on me jouait en Hollande et partout. Ma santé va mieux ; mais, je souffre toujours, et ce : que j’éprouve est bien pour la vie.
| .… J'ai été pour voir Sano. Il était absent en voyage. Rousseau va bien ; mais, vous le savez, je suis très-éloigné du quartier de mes amis et, ainsi, c'est rare de les rencontrer. Depuis quelques jours, le temps est superbe à Paris. Je compte bientôt, au beau temps, d'aller à la campagne et de passer deux mois pour faire des études sur les bords de la mer où, dans l’intérieur du pays, faire des paysages. L'année passer, j'ai été dans le Nivernais. C’est là où passe la Loire, la rivière le plus saint de la France.
Comme il l'annonçait dans cette lettre, Jongkind partait pour la mer avec M'* Fesser au mois d'août. Il s'installait au Havre, où 1l se logeait place Louis-Philippe n° 12, et se mettait à . faire force études dans les parages de Sainte-Adresse (Fig.46et 4). Il passait, ainsi occupé, une bonne partie du mois de septembre. Eugène Boudin, qui était devenu son ami, et qui villégiaturait en travaillant sur la plage de Trouville, s’occupait de lui trouver un logis auprès de lui et le pressait de venir le rejoindre avec sa compagne. Mais le Havre et Sainte-Adresse rete-
naient leurs hôtes, qui abandonnaient l’idée, un instant caressée, de s'installer à Trouville. Le 17 septembre 1862, Jongkind écrivait à Boudin (1):
Mon bon ami Boudin,
. Je vous dirai que nous avons été retenus au Havre jusqu’à présent et, pendant ce temps-là, je me suis occupé de faire des études à Sainte- Adresse. Vous comprenez bien qu’il faut aimer la nature pour la regarder toujours avec plaisir, curieuse et intéressante, pour la rendre, même faible, en tableaux.
. . Nous avons pour ainsi dire abandonné l'intention de venir à Trou- 1e pour quelque temps. D'abord, le temps de notre vacance est-presque fini; et puis, comme je souffre toujours et que la chambre du Havre et ce qui m’entoure sont sains, bons et tranquilles, c’est pour cette raison que je voudrais finir pour cette saison notre époque au Havre.
Pendant son séjour au Havre, l’ancien pensionnaire de Martin, affranch1 de sa tutelle, mais qui restait son ami, recevait de celui-ci une lettre qui lui apportait des nouvelles de la rue Mogador et de ses habitués. Un billet de centfrancs accompagnait le message, dont voici la teneur ) :
Mon cher Jongkind,
Je t'envoie 100 francs, bien que tu ne me les demandes pas; mais je suppose que la bourse n’est pas trop pleine. J'apprends avec plaisir que tu travailles et que tu prends les bains de mer, qui pourront te fortifier et te permettre de faire en revenant de bons tableaux. Le lendemain de ton départ est venu à Paris de Rotterdam un de tes bons amis, van Gorkum, qui a passé quelques jours et qui a bien regretté de ne pas te trouver. Il n'a pas eu le plaisir de voir Cals non plus, qui était chez M' Doria, à Compiègne. |
Mon cher ami, nous allons tous bien. Ribot, Cals, M' Hadengue,
(1) Eugène Boudin, sa vie et son œuvre, par Gustave Cahen, p. 44.
(2) Pour faciliter l'intelligence de cette lettre et des autres de la même main, j’en corrige e l'orthographe, qui est des plus fantaisistes.
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tous les amis te font des compliments. Ma femme se joint à moi pour te serrer la main et nous te prions dé témoigner à Madame Fesser notre amitié et notre reconnaissance pour les bons soins dont elle t’'entoure. Rien de plus. Tu me feras réception des r00 francs. Je te serre la main d'amitié. F. MARTIN.
20, rue Mogador, Paris, le 3 septembre 1862.
Malgré le ton amical de ce billet, les affaires ne se traitaient plus entre le peintre et son marchand sans quelque tirage. Voici une nouvelle lettre du commercant, qui témoigne d’un certain désaccord avec son « ami » sur le prix de ses œuvres. 4
Ce ÿr janvier 1863.
Mon cher Jongkind, à
Depuis que j'ai réglé le compte avec toi, je t'ai remis en espèces cinq
cents francs :
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Je t'ai acheté une toile de 4, effetde neige, vendue encadrée 12ofrancs. En diminuant 28 francs de cadre et te payant les toiles de quatre 75 francs, il reste de bénéfice 17 ou 18 francs.
Donc; celtertone Are SRE re 75 unfautre effet OC)a race VER DEEE PRRE 75 et'une tOUNCAUIHANTEM RE CPP MP REECE 75
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