‹ Jordaens; sa vie et ses œuvresChapitre 104 sur 142 · LE CALVAIRE · texte numérisé non relu

LE CALVAIRE

fin. Le tableau montre en outre une lanterne ajourée et une chandelle sur laquelle souffle le Temps, un Amour qui s’envole et un autre qui souffle des bulles de savon.

La nature morte est peinte avec une habileté extraordinaire, le plat d’argent est une merveille de peinture à la fois large et savoureuse; les teintes particulières du métal étant rendues avec une justesse déconcertante; les reflets du vase de cuivre, les luisants de l’acier de l’armure, le poli de la mandoline sont traduits avec autant de fermeté que de souplesse. Un perroquet introduit dans le jeu harmonieux des ombres et de la lumière la note chatoyante de son plumage bariolé. La tète de mort sardonique vivement éclairée domine le tout.

Le Temps et les Amours sont peints par d’inconsistantes taches de lumière barbouillées d’ombres bourbeuses. La distribution hardie et juste de la lumière, les touches grasses, les

VANITAS (Musée, Bruxelles).

ombres accusées et les empâtements vigoureux indiquent la dernière époque de Jordaens, celle où sa virtuosité était arrivée à son apogée. Le Musée de Lille possède un tableau de Pierre Boel daté de 1663 (No 775 du catalogue) représentant le même sujet, circonstance qui ferait croire à une collaboration de cet animalier au chef-d’œuvre de jordaens, alors qu’il est hors de doute que Jordaens peignit non seulement les figures mais qu’il donna aussi les derniers coups de pinceau à la nature morte et assuma donc la paternité complète de l’œuvre.

Le Calvaire. Bordeaux. — Un des œuvres capitales des dernières années du maître est incontestablement le grand tableau qu’il peignit pour l’église Saint-Gomaire de Lierre,

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