LA PI ETA
„aux pauvres outre les 25 L. flamandes en argent susdites pour quelque bonne inclination „que feu Jacques Jordaens a eue pour les pauvres, lequel tableau est déposé ici dans notre „Maison de Filles, donc pour mémoire:
„6 Oct. (1679) aux ouvriers pour port à la Maison des Filles du tableau reçu le 27 „du mois passé des héritiers du peintre Jacques Jordaens fl. 6. — (1)
M. Rump de Copenhague possède un dessin, représentant une étude pour le tableau de l’Orphelinat.
Mensaert signale une Pi et a à l’église Saint-Bris à Tournay; un tableau disparu sans
LE CHRIST DESCENDU DE LA CROIX (Direction des Hôpitaux, Anvers).
laisser de traces. Dans la vente François Mois (Anvers, 1769) et dans la vente Schoreel
(1) 27 September 1679 van d'heer Weerts, Raetsheere in den Hage L 25 vlaems voor eene aelmisse van wegen syn schoonvader
van wylen Sr. Jacq. "Jordaens boven het donatief van de volgende schilderye Gd 150. — -
do. van den voorschreven Raetsheere Weerts noch eene schilderye ghemaeckt door ghemelden Jacques Jordaens eene affdoeninghe van chruys vande groote van een groot schoustuck die hy aen den armen is vereerende boven de voorstaende L 25 vlaems in gelt voor eenighe goede inclinatie die ghehat heeft wylen Jacq. Jordaens tôt den armen, welcke schilderije ghestelt is in ons maghdenhuys, aldus hier voor memorie:
6 Oct. (1679) aen d’ arbeyders voor draghen naert maghdenhuys van de schildery vercreghen op 27 passato van d’ erffgenaemen
van den schilder Jacqs Jordaens Gd 6. —
(Archives de l’Orphelinat de filles d’Anvers. Vol. 1678. Fol. 53. Cité dans: Les tableaux des Hospices civils d'Anvers (page 26) EDMOND GEUDENS.
PORTRAITS
(Anvers, 1774) figure un troisième exemplaire. Le Christ mort gît au pied de la croix entouré des saintes femmes, de Saint Jean et de Joseph d’Arimathie. Un tableau plus petit figura dans la vente Beschey (Anvers, 1776). L’inventaire d’Alexandre Voet (Anvers, 6-1 ü octobre 1689) renseigne une Picta de Jordaens (1). L’Albertina de Vienne possède un dessin du même sujet (2).
Portraits. — Les portraits que Jordaens peignit à la fin de son existence paraissent être très rares. Je n’en connais pour ma part que deux. Le premier est celui du Louvre, appelé autrefois le portrait de l’amiral De Ruyter. C’est un gros bonhomme, il porte un pourpoint noir avec manchettes et col blancs; un baudrier noir, bordé d’or, en sautoir. Sa
LE CHRIST DESCENDU DE la CROIX (Dessin, Mr. Rump, Copenhague).
longue chevelure bouclée lui tombe sur les épaules. 11 est gros à crever au point que des poches de graisse lui ferment presque les yeux; de claires teintes cuivrées sont répandues sur le visage, une lumière grisâtre baigne ses mains. Il y avait presque une gageure à peindre semblable modèle sans tomber dans la caricature, mais Jordaens a esquivé le danger par l’élégance patricienne avec laquelle il fait se prélasser son corpulent personnage, par l’arrogance qu’il répand sur ce visage taillé en poire, par le regard de défi que le bonhomme abaisse sur quiconque s’aviserait de le dévisager irrévérencieusement et qui fait expirer toute velléité de moquerie sur les lèvres prêtes à se contracter de rire.
(1) Antwerpsch Archievenblad XXII, 70.
(2) Handzeichnungen alter Meister I, 39.