LES QUATRE ÉVANGÉLISTES
Quoique il soit encore fait mention de deux compositions du même genre l’une par Mensært et Descamps comme s’étant trouvée au XVIIIe siècle dans l’église Sainte Catherine à Malines, et dont l’autre figurait au Catalogue des tableaux ayant appartenu aux couvents fermés, et vendues à Bruxelles en 1785, (l’une de ces deux compositions faisait partie de la vente Lebrun, en 1791, à Paris), nous ne pouvons en attribuer la paternité à Jordaens. Aucune des figures ne présente un caractère Jordaenesque déterminé. La robe de Marie avec ses pâles reflets, les anges dans le ciel avec leurs cheveux frisottés et pommadés et leurs petits corps mollement arrondis, et surtout ce nébuleux Dieu le Père n’évoquent en rien notre vigoureux artiste. Saint Joseph, un gaillard solidement bâti, à la longue chevelure brun foncé, à la peau lourdement ombrée, se rapproche le plus de sa manière, mais son expression pateline, le
lis dans sa main, cette couronne au dessus de sa tête, sont de nouveau d’une conception si fadasse, qu’il nous est impossible malgré la meilleure volonté du monde, de nous rallier à l’opinion générale.
Un tableau, présentant beaucoup d’analogie avec celui du Musée de Brunswick, est une Sainte Famille qui se trouve au Musée de Gand et qui appartient à M. Scribe. Les trois personnes de la Sainte Famille y figurent aussi. Saint Joseph tient sa palme comme dans le tableau de Brunswick il tient un lis, la Vierge assise avec son enfant sur les genoux est coiffée d’un chapeau dont la doublure de dessous a la forme d’une roue; dans le ciel planent des anges, suspendant une couronne au dessus de la tête du saint. L’analogie est frappante, les modèles sont les mêmes, mais la peinture est d’un brun foncé dans les ombres; en dépit de mérites incontestables la caractéristique de Jordaens manque à ce tableau. Le Louvre possède un dessin de cette œuvre, de nature aussi démocrite et héraclite. suspecte que le tableau.
(Musée, New-York).
Les Quatre Évangélistes. Louvre.— Les Quatre Évangélistes du Louvre sont un des tableaux les plus remarquables de la première période de Jordaens. Ils se tiennent debout tous les quatre et sont vus jusqu’aux genoux; tous dirigent leur regard vers le livre ouvert sur une table. L’arrière plan est pris par une échappée sur le ciel mais surtout par une draperie rouge. Le premier des Évangélistes à gauche se drape dans un manteau jaune-brun, il a le crâne chauve, la chevelure noire, la barbe grise. Il a la main droite passée dans sa barbe et il repose la tête sur cette main; le bras gauche s’accoude à l’épaule du plus jeune à côté de lui. Celui-ci est complètement drapé de blanc, il croise les mains sur sa poitrine et porte l’index de l’une à son menton; de longs cheveux bruns ondulent autour de son jeune visage. Le troisième, dont on ne voit que la figure, a de courts cheveux gris et la barbe grise; il s’appuie, une main levée, à la
LES QUATRE ÉVANGÉLISTES (Louvre),
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