‹ Jordaens; sa vie et ses œuvresChapitre 15 sur 142 · LES DISCIPLES AU TOMBEAU DU CHRIST · texte numérisé non relu

LES DISCIPLES AU TOMBEAU DU CHRIST

restaurations qu’elle a subies, est bien de lui et de ses premières années. On rencontre des parties vraiment magistrales dans cette œuvre: la tête du Moïse, celles des deux enfants et les mufles des animaux sont brossés si crânement et si savoureusement qu’il ne faut songer un instant à les attribuer à un autre artiste. Ce tableau représente une transition de ses premiers exemplaires du Satyre et le Paysan à sa Fécondité du Musée de Bruxelles, et il a dû être peint dans les premières années après 1620.

Une autre composition du même sujet se trouve à Cassel, elle appartient au Musée mais n’y est point exposée. Le sujet est compris d’une toute autre façon. Moïse et Aaron se tiennent, à droite, sur un monticule voisin de la roche d’où jaillissent quatre jets d’eau. Au-dessus du rocher s’arrondit un arc-en-ciel sur lequel trône Jéhovah. Tout Israël se précipite pour se désaltérer: hommes, femmes, enfants encombrent la vallée, les mères portent leurs enfants, un jeune homme son vieux père. Tous souffrent de la soif et ils expriment éloquemment cette torture. Tous sont munis de cruches et de vaisseaux de genres variés. La foule entraîne avec elle des troupeaux entiers de chevaux, de chameaux, de bœufs, de vaches, de moutons, de chèvres. Le sujet devait présenter une attraction irrésistible à un peintre animalier comme Jordaens; toutefois le tableau n’est pas de sa main, son exécution lourde et pâteuse trahit le pinceau d’un élève.

Les Disciples au tombeau du Christ.

Dresde. — L’autre tableau à sujet biblique et apparenté au premier, quoique de moindre valeur, est, comme nous l’avons dit, les Disciples au tombeau du Christ, du Musée de Dresde.

Les six personnages, quatre femmes et deux hommes, sont tous tournés vers la gauche où ils aperçoivent le tombeau du Christ ressuscité, invisible pour le spectateur. Nous ne voyons, nous, que le devant du sépulcre, la paroi de la roche et le blanc suaire suspendu à l’entrée la curiosité et la surprise des personnages, sentiments que tous éprouvent simultanément, mais en les manifestant chacun à sa façon. Joseph d’Arimathie se tord les mains en un geste de stupeur; il se penche vers le tombeau et ne peut en croire ses yeux. Marie Madeleine assise, la robe flottante, et dont l’ample geste et les non moins amples vêtements occupent presque tout l’avant-plan, écarte les bras et se tourne vers l’apôtre Jean pour lui demander l’explication du prodige. Jean, debout derrière elle, avançant la jambe gauche nue, est drapé dans un manteau écarlate et répond à sa demande. Marie dont on ne voit que la tête enveloppée d’un chaperon bleu foncé, et une jeune femme portant un vase de baume, contemplent la grotte, immobiles et songeuses. Une vieille, munie d’un cierge, concentre toute son attention sur Joseph d’Arimathie, son époux ou son maître, dont le violent émoi l’a frappée.

LES DISCIPLES AU TOMBEAU DU^CHRIST (Musée de Dresde).

de 'la grotte. Jordaens tint surtout à interpréter

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