JORDAENS DOYEN DE LA GILDE DE SAINT-LUC
d’autres concours et joutes littéraires. Mais pour cela il fallait des ressources plus considérables que celles dont ils disposaient. En conséquence ils prièrent le Magistrat de leur restituer leurs anciens privilèges, notamment celui qui les autorisait à dispenser soixante-quinze citoyens du service dans la milice urbaine moyennent l’obligation pour ceux-ci de verser une certaine somme dans la caisse de la Gilde. Le collège des Bourgmestre et Echevins leur rendit le dit privilège, mais en réduisant à cinquante le nombre d’hommes exonérables. De cette façon la caisse de la corporation des peintres bénéficia d’une considérable augmentation de recettes. Aussitôt les doyens se mirent en quête d’un nouveau local pour donner leurs fêtes et ils jetèrent leur dévolu sur la superbe maison du Vieux Serment de l’Arbalète située sur la Grand Place. Par cette dépense et d’autres encore ils grevèrent à tel point le ']
MÉLÉAGRE et atalante (Musée de Madrid).
budget de la Gilde qu’ils ne tardèrent pas à se trouver devant un nouveau déficit. Afin de conjurer celui-ci, le 12 février 1621, le doyen alors en fonction, Jan Breughel et ses co-administrateurs sollicitèrent du Magistrat l’autorisation de porter de 26 à 36 florins le droit d’entrée des membres. Cette fois le Magistrat fit la sourde oreille et la confrérie se trouva dans l’impossibilité de couvrir ses dépenses annuelles.
Dans ces circonstances critiques les autorités communales appelèrent Jordaens aux fonctions de doyen de la Gilde. Sans doute avaient-elles vu en lui un personnage capable, soit par sa fortune personnelle, soit par les bénéfices que lui rapportait son art, de tirer la Gilde de sa situation précaire. Dans tous les cas ils devaient estimer bien haut ce jeune artiste de vingthuit ans pour l’investir de si importantes fonctions au milieu de circonstances aussi difficiles.
La nomination de Jordaens fit même l’objet d’une décision spéciale prise le 28 septembre 1621, c’est-à-dire trois semaines avant la date à laquelle le doyen pour l’année administrative