JORDAENS DOYEN DE LA GILDE DE SAINT-LUC
nouvelle eût dû entrer en fonctions, et elle fut notifiée en ces ternies à l’intéressé invité à venir prêter le serment d’usage entre les mains du Magistrat: „Gecommiteert ende geordonneert Jacques Jordaens te wesen Deken van Sinte Lucasgulde binnen deser stadt, mits doende den behoorlijcken eedt, ende dat voor den jegenwoordighen jaere”. Jordaens ne montra guère d’empressement à occuper ces fonctions, car deux jours après, le 30 septembre, le Magistrat lui envoie un avertissement dans lequel il l’invite à venir prêter serment dans les vingtquatre heures sous peine d’une amende de cent florins: „Geordonneert anderwerff Jacques Jordaens, binnen vierentwintich uren naer d’insinuatie, te comen doen den eedt als Deken van de Guide van Sint Lucas, binnen dese stadt, op de pene van hondert gulden, te bekeren naer onde gewoonten”. Cette fois il obtempéra au commandement: il répondit qu’il était prêt à remplir les fonctions de doyen pour l’année présente et à supporter les frais de sa
charge, mais qu’il demandait à être dispensé du paiement des dettes contractées par ses prédécesseurs. (1) Comme suite à cette demande les Bourgmestre et Echevins décidèrent le 1er octobre 1621 de commettre Jan Happart, l’un des leurs, à l’examen de cette affaire et de le charger de leur en faire un rapport.
Quel fut ce rapport, quelle décision s’ensuivit-il? La proposition de Jordaens fut probablement acceptée et il ne fut pas rendu responsable des dettes faites durant les précédentes années. En ce cas, il dut entrer en fonctions dès le 18 octobre, jour de la Saint Luc, comme co-doyen et en octobre de l’année suivante comme chef doyen. Mais il n’est pas prouvé que les choses se passèrent ainsi. Ni en 1621, ni en 1622, ni en n’importe quelle autre année Jordaens n’est mentionné parmi les Doyens. Sur la liste des Doyens peinte sur un vieux panneau en forme de triptyque, les Doyens sont Charles de Mallery pour 1621, Antoine Goetkint et Abraham Gouværts pour 1622. Il est vrai que les „Liggeren” pour les années 1616 — 1629 nous manquent, mais les comptes existent et dans ceux-ci nous aurions dû rencontrer le nom de Jordaens comme maître-doyen en 1622—1623. D’autres lacunes tendent à prouver que les Liggeren n’étaient pas tenus avec le même soin que les registres d’un greffier officiel, ainsi nous connaissons nombre d’élèves de Jordaens qui ne sont pas mentionnés dans ces livres; mais à notre connaissance aucun cas ne s’est présenté où on aurait omis ou écorché des noms de doyens.
JOB (Paul Mersch, Paris).
(1) Verthoont met reverentie U.E. dienstwillige Jacques Jordaens schilder hoe dat hem bij acte van U.E. van den 30sten Septembris Iaestleden is geordonneert eedt te comen doen als Deken van Sint Lucasgulde binnen dese stadt. Ende hoewel de suppliant meynt dat men hem van dieu last wel liadde behooren voor alnoch te excuseren vuyt vele verscheyde redenen mondelinge verhaelt, nochtans soude hem suppliant wel begeeren te conformeren naer de voorschreve ordonnance ende doen den dienst ende debvoiren daertoe staende dan gemerct de suppliant verstaet dat de jegenwoordighe dienende Dekens merckelyk groote sommen van penningen aan de voorschreve guide ten achteren soude syn, als meer gespendeert dan ontfangen hebbende ende dat sy die tachterheyt souden pretenderen op den suppliant (den voorschreven eedt gedaen hebbende) te verhaelen dwelck hem ganschelyck is ongelegen maer dat genoech behoort te sijne dat hij doe synen dienst ende vervalle de oncosten ende doet de deboursementen vallende in