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CHAPITRE III

La deuxième manière de Jordaens — Le Satyre et le Paysan — Le Roi boit - Les jeunes piaillent comme chantent les vieux — Tableaux mythologiques et

religieux — Portraits.

La deuxième manière de Jordaens. — Nous constatons qu’après 1630 une transformation notable s’opère dans la manière de Jordaens. Il nous est impossible de désigner avec certitude une œuvre qu’il aurait peinte immédiatement après cette année: 1637 est le premier millésime que nous rencontrions sur un de ses tableaux peints après le Miracle de Saint Martin; mais en cette année un sensible revirement s’est produit dans sa manière, revirement qui se dessinait déjà quelques années auparavant et qui se fit très probablement sentir peu après 1630. C’est donc avec cette année que nous pouvons clôturer la période de sa première manière, une période durant laquelle il se distingua par sa couleur ferme et plus ou moins dure, par ses lignes accentuées, sa lumière aveuglante, son réalisme brutal. Durant sa deuxième période dont nous fixerons le commencement à 1631, son ton devient plus tendre et plus fondu, sa lumière plus veloutée, ses formes plus séduisantes; il subit manifestement l’influence de Rubens et, après une résistance de douze à quinze ans, il se soumet à la souveraineté du maître des maîtres comme le faisaient d’ailleurs tous ses confrères à Anvers et dans la Flandre entière. Il n’abdique point pour cela son autonomie, il ne devient pas un continuateur servile ou simplement fidèle de Rubens, mais le revirement que nous constatons chez lui est évidemment provoqué par le prestige du formidable maître et le rapproche infailliblement de celui-ci. Les changements que subit le style de Jordaens après qu’il a adopté pour de bon sa seconde manière, sont moins importants que ceux qui se produisaient jusqu’alors. En dehors des rares tableaux datés et des non moins rares compositions dont

UN JOYEUX REPAS (M. Delacre, Qand).

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