LE BATEAU DE PASSAGE A ANVERS
Le tableau en question est renseigné dans l’inventaire de Sébastien Lierse, en 1695, sous ce titre: „Un grand tableau Diosines (sic) peint par Jordaens” et plus tard dans une vente à Amsterdam, le 20 avril: „Diogenes, un tableau capital”. 11 fut acquis en 1742 par de Brais pour l’Electeur de Saxe. Dans la vente de la succession de Jordaens (La Haye, 1734) se trouvait un exemplaire plus petit; le catalogue des ventes F. Bernard Stanstead (Londres,
1783) et van Geetruyen et Beeckmans (Anvers, 1850) renseigne un „Diogenes à la recherche
d’un homme”. MM. [. & A. Le Roy de Bruxelles possèdent un dessin en couleur représentant le côté gauche du Diogène et signé: „J. Jordaens, 1642”, sans doute aussi la date
exacte du tableau.
Le bateau de passage À Anvers. — Sandrart parle encore d’un tableau de Jordaens représentant la vie populaire et il le décrit ainsi: (1) „11 a aussi représenté en un tableau
ULYSSE ET CIRCÉ (Collection Tack, Créfeld).
de la longueur de toute une salle le grand bateau de passage à Anvers. 11 l’a peint avec un talent incomparable: il y montre tous les personnages et les animaux dans leur action et sous leur aspect coutumiers”. On conçoit que pareille scène devait attirer Jordaens, qui eut l’occasion de l’observer plus d’une fois à Anvers, et que les rives du fleuve, les mariniers, le pêle-mêle des clients du bateau prêtaient un attrait tout particulier à ce sujet.
Le tableau mentionné par Sandrart est bien celui qui se trouvait depuis de longues années et jusqu’en ces derniers temps au château de Finspong en Suède et qui mesure 2.77 sur 4.68; ii est intitulé le Tribut de Saint Pierre. En effet, à la droite du tableau représentant un bateau de passage, un individu a retiré un poisson de l’eau et il examine la pièce de monnaie qu’il a trouvée dans la gueule de ce poisson. Mais cette action est bien secondaire, elle n’intéresse guère que le groupe des passagers à droite, les apôtres entourant Pierre;
(1) „Zoo heeft hij ook in de lengte van een lange zaal de groote overzetboot te Antwerpen onvergelijkelijk fraai afgebeeld, „waarin aile dieren en menschen te zien zijn, die ieder naar zijn beroep arbeiden”,