LE MIRACLE DE SAINT DOMINIQUE
du Musée d’Oldenbourg nous paraît remonter à ces années. Il a plus d’un point de contact avec le Miracle de Saint Martin du Musée de Bruxelles. Dans les deux tableaux le fond est pris par une arcade ouverte et à l’avant-plan un possédé se débat dans des convulsions. Dans les deux tableaux la femme qui maintient le patient est la même. Dans les Miracles de Saint Dominique un des deux moines qui assistent à la scène a les mêmes traits que le maître du possédé dans le Miracle de Saint Martin. Cependant les deux toiles diffèrent de beaucoup. Dans le tableau d’Oldenbourg le thaumaturge, vu à travers l’arcade, plane dans les nuages, les deux mains tendues; sur l’une une rose blanche se dresse, droite sur sa tige; une blanche colombe bat des ailes sur son épaule gauche; il est vêtu de la robe blanche de son ordre, d’un camail noir, et d’une étole d’un or rouge. En face du saint un homme nu se redresse dans son cercueil dont le couvercle a été soulevé par un ouvrier musclé. Plus rapproché du spectateur un possédé les mains liées s’efforce de rompre ses entraves. Un personnage vêtu de gris-ardoise, une femme en robe rouge et en tablier bleu, un jeune homme agenouillé en veste rouge et en culotte jaune, et un homme penché en avant maintiennent le forcené; tous implorent le secours du saint. Près de la femme gît un enfant mort qu’un lévrier flaire en tendant le museau. A gauche une jeune femme en chemise blanche et en jupe jaune clair, accompagnée de deux enfants; derrière elle une vieille femme; toutes deux lèvent la tête vers le saint. D’autres spectateurs dominent la scène. L’arcade est surmontée d’un tableau représentant la Vierge et l’Enfant Jésus.
Celui-ci semble sortir du cadre pour contempler le miracle.
Le saint a une jeune, belle et sereine figure, les yeux à moitié fermés, plongée pour ainsi dire en extase. Une chaude et vigoureuse lumière est répandue sur le tout. 11 y a des ombres brunes dans le bas du tableau et d’autres plus froides sur la femme aux deux enfants et sur les deux personnages vénérables contemplant la scène qu’ils dominent. Le tableau est brossé largement, en vigoureux relief et en pleine lumière; il est beaucoup plus clair de ton et de couleur plus éclatante que le Miracle de Saint Martin. 11 fut probablement peint quelque temps après celui-ci; sans doute entre 1630 et 1635.