‹ Jordaens; sa vie et ses œuvresChapitre 56 sur 142 · LES DISCIPLES D’EMMAÜS · texte numérisé non relu

LES DISCIPLES D’EMMAÜS

d’infanterie, tous les hommes portant la cuirasse. Ou saisit d’emblée comment Jordaens a avivé et monté le ton de cette peinture en projetant une lumière radieuse sur le Cardinal infant et sur les cuirasses des fantassins et en répandant aussi cette lumière sur les flancs de la colline et à l’arrière-plan.

Le Musée de Madrid possède un tableau de Jordaens (le No. 1637 du catalogue) représentant «Apollon vainqueur de Marsyas”. Appollon tient encore sa lyre et il a saisi par la barbe le roi Midas, le juge imbécile. Marsyas est en train de jouer de la flûte. Un satyre richement vêtu contemple la scène. Cette composition faisait partie des Métamorphoses d’Ovide que Rubens peignit en 1637 sur l’ordre de Philippe IV pour la Torre de la Parada et dont il fit exécuter une grande partie par des collaborateurs et des élèves d’après ses esquisses. Il y a une vingtaine d’années, l’esquisse de cette toile faisait encore partie de la collection Pastrana à Madrid. Le tableau peint par Jordaens d’après cette esquisse, mesure 1.81 de haut, comme divers autres de la série, il faisait donc bien partie de celle-ci; il porte la signature du maître (J.Jor.) et il est tout à fait traité dans la manière vaporeuse d’alors. Le Musée de Madrid possède une copie du même tableau (No. 1636 du catalogue) exécutée par un élève de Jordaens.

Les disciples d’Emmaüs. — Le même Musée possède un tableau de Rubens, ressemblant étonnamment à une œuvre de Jordaens: le Christ et les disciples d’Emmaüs. Jordaens traita le même sujet dans un tableau qui se trouve au Musée de Brunswick. Dans ce dernier tableau le Sauveur, assis au bout de la table à droite, élève le pain qu’il bénit en regardant le ciel. Les deux disciples assis à ses côtés le reconnaissent et se récrient avec un geste de surprise. A l’arrière-plan une servante porte un petit panier de vivres sur un plateau. A gauche un gros aubergiste verse du vin d’une cruche d’étain dans un verre. La table est couverte de mets. Un chien est sous la table et un chat sous une chaise. A gauche, une porte ouverte avec échappée sur le paysage. A droite la cheminée avec des ustensiles de cuisine. Le tableau est maintenu dans un ton rouillé où domine le clair obscur. Le Christ, au visage amaigri et émacié, porte une robe d’un bleu violet; une serviette blanche est étalée sur ses genoux. Les autres personnages ont des têtes en boule et arrondies. Le vieux

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