ATALANTE ET HIPPOMÈNE
descendant de la colline, le ciel bleu, tout est peint dans la même manière. Par sa composition et par la lourdeur exagérée des figures ce tableau fait songer au cortège de Bacchus du Musée de Bruxelles et il doit dater des environs de 1650. C’est sans doute le même qui vint dans la vente Van Swieten (La Haye, 1731) et dans la vente Six (Amsterdam, 1734).
Atalante et Hippomène. — A cette époque Jordaens peignit une couple de fois le concours d’Atalante et d’Hippomène. La première fois il représenta la course de la fille du roi et du prince, son prétendant, entre deux barrières qui les séparent de la foule des curieux. A droite un homme à turban blanc monté sur un cheval blanc et un homme coiffé d’un bonnet noir monté sur un cheval brun. A la barrière s’accoudent un gros chauve, un individu coiffé de rouge, un troisième qui fait un pied de nez; plus bas deux enfants et un chien. A gauche, contre la barrière, deux hérauts, trois spectateurs et deux enfants. Les concurrents courent droit sur nous. Atalante toute nue sauf une écharpe jaune aux reins, se penche pour ramasser la pomme; Hippomène, aussi tout nu, tient une pomme dans chaque main. La peinture présente des tons gris clair avec des ombres transparentes; les chairs sont estompées, avec des muscles accusés chez l’homme et de moelleux contours chez la femme; les figures à gauche et à droite montrent aussi des tons discrets et chauds dans la manière de celles de 1641, quoique le tableau porte le millésime 1646. Il provient de la vente Latinie (Anvers, 1905).
Une autre version du même sujet appartient à l’auteur du présent ouvrage. Les personnages sont à peu près les mêmes, sauf que cette fois il n’y a qu’une seule barrière le long de laquelle courent les deux compétiteurs; les couleurs ont plus de consistance et plus d’éclat; mais l’action des personnages principaux est moins bien rendue. Ce tableau fut acheté à la vente Beysterbos (Amsterdam, 1899).
Le premier ou le second de ces tableaux figura dans la vente van Gennep (Anvers, 1778) et Sels (Anvers, 1822).
Portrait de Famille. Cassel. — Nous ne connaissons pas en toute certitude les portraits que Jordaens aurait peints à cette époque. Néanmoins nous estimons que le portrait de famille du Musée de Cassel remonterait à cette période, et notamment aux environs de 1650. C’est à notre connaissance un des chefs-d’œuvre dans ce genre. Toute une famille y est représentée: le père, la mère, les sept enfants, neuf personnages en tout. Le peintre s’est gardé de les faire poser désœuvrés l’un à côté de l’autre; il les a présentés occupés, chacun à sa façon; la plupart semblent converser entre eux sans s’inquiéter du spectateur. A gauche, au fond, le père et la mère: lui un robuste vieillard, elle une solide quinquagénaire. De gauche à droite se suivent le fils aîné, en costume violet avec manteau noir, jouant de la mandoline; le cadet, dont on n’aperçoit que la tête, la seconde fille, en robe rouge, un petit bouquet à la main et, comme son jeune frère, les regards dirigés vers les parents; la troisième sœur en corsage rouge à manches bleuâtres qui, avec un sourire affectueux, offre à l’aînée une corbeille de fleurs; le frère puiné, la main appuyée sur l’épaule de la jeune fille à la corbeille et regardant hors du cadre; la fille aînée vêtue d’une robe jaune d’or avec jupon bleu-vert clair et fichu blanc, un collier de perles d’ambre, des pendants d’oreilles d’or et de perles, un petit bouquet dans les cheveux; quelques fleurs sont déjà tombées sur ses genoux de la corbeille que lui offre sa sœur; enfin l’avant-dernier des garçons, derrière sa sœur aînée, une main posée sur l’épaule de celle-ci. A en juger par la tendre sollicitude avec laquelle on s’empresse autour de la fille aînée et par les fleurs qui
portrait DE famille (Musée de Cassel).
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portrait de femme (Musée de l'Académie, Vienne)
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