LE MAÎTRE RETIRE LA VACHE DU PUITS
(Tapisserie de la série des proverbes. Prince de Schwarzenberg, chateau de Frauenberg).
Musée Plantin-Moretus exécuté en forme de tapisserie et daté de 1638 (Voir la reproduction page 93).
La dernière et la plus petite: Optime faces praelucent (Les bons cierges éclairent devant) représente une femme, un ordinaal (1) à la main; devant elle marche Cupidon; à droite deux hommes dont l’un tient un cierge; à gauche une femme munie aussi d’un cierge et un garçonnet attisant un brasier avec un soufflet. Nous avons déjà mentionné (page 87) le dessin appartenant à M. Rodrigues lequel traite le même sujet sous une autre forme et porte aussi pour titre: Les bons cierges éclairent devant. La signification de ce proverbe flamand, tombé
(1) On appelle Ordinaal à Anvers un carafon bombé de verre mince que les dentellières placent le soir entre la lampe qui les éclaire et le carreau sur lequel elles travaillent, afin de grossir l’effet de la lumière.
TAPISSERIES: PROVERBES. CHEVAUX. SCÈNES CHAMPÊTRES
d’ailleurs en désuétude, n’est pas bien claire. Sous doute voulait-on dire par là, que pour voir clair il faut se faire précéder d’un cierge.
Tous ces sujets sont traités entre des colonnes fleuries; en haut courent des festons; en bas figure l’un ou l’autre accessoire approprié au dicton ainsi illustré : dans la tapisserie de l’usurier, une corbeille avec des objets précieux; dans celle du maître retirant sa vache de l’eau, deux cruches à lait et une terrine; dans Les jeunes piaillent... un rafraîchissoir avec des bouteilles; dans la Nature se contente de peu, un caducée et des fruits; dans la tapisserie suivante des ustensiles d’écurie: une bride, une étrille, un panier de fourrage et de gazon; dans Bien mal acquis ne profite guère, un autre rafraîchissoir garni de bouteilles; dans la composition suivante, un hibou et une coupe; dans la dernière une lanterne, un carquois et un bouclier.
En 1666 l’empereur d’Autriche Léopold 1er acheta à l’occasion de son mariage avec Marguerite- Thérèse d’Espagne une série de huit pièces intitulée ,,1’Ecole d’équitation de Louis XIII de France”.
Celles-ci avaient été tissées par Henri Rydams et Everard Leyniers de Bruxelles d’après des cartons de Jordaens. Le marchand viennois Barthélemy Triangl les livra pour 8237 florins. L’aune coûtait 22 florins 1-, de sorte que tout l’ouvrage mesurait environ 370 aunes carrées. Cette série représentait certes un des exemplaires des „Grands Chevaux” commandés en 1652 par Carlo Vinck et en 1654 par Jan De Backer, à moins qu’elle ne fût un troisième exemplaire de la même série. Toutes les pièces de cette garniture, mesurent 4 m. 10 de haut sur 3 m. 82 à 6 m. 65 de large. Les sujets sont les suivants:
1. Neptune, avec le trident, créant le cheval. A gauche, des tritons au bord de la mer; à droite, Vénus et l’Amour sur un char.
IL Le roi Henri IV, de France, avec son épouse Marie de Médicis, à qui des Amours mènent deux chevaux.
III. Le roi Louis XIII, à droite, faisant piaffer son cheval.