IV. Un sujet analogue au précédent
V. Le roi Louis XIII exécutant une volte vers la gauche; derrière lui un écuyer et un Cupidon.
VI. Le même sujet avec cette différence que le cheval vire à droite. Derrière le roi, Mercure amène un cheval.
tapisseries: proverbes, chevaux, scènes champêtres
Vil. Le jeune prince enfourche son cheval, à droite; derrière lui un écuyer en costume romain.
VIII. Le même sujet; le cheval saute à gauche. Près du cheval un écuyer en costume romain.
Rydams tissa les numéros II et V ; Leyniers les six autres (1).
Nous connaissons encore une autre série de huit tapisseries dont les cartons furent fournis par Jordaens. Un exemplaire des tapisseries se trouve également au palais impérial de Vienne (2). Elles sont renseignées comme ayant été exécutées d’après les cartons de Jacques Jordaens et de Jan Fyt. A notre avis il n’y a pas lieu d’adjoindre le second au premier. Jordaens n’avait vraiment pas besoin d’un auxiliaire lorsqu’il s’agissait de peindre des animaux. Les tapisseries portent la marque de fabrique de Bruxelles et le monogramme de deux tisserands; le premier nom est formé des lettres BVGONR et le second des lettres H. N. R. Celui-ci est évidemment celui d’Henri Rydams; le premier est moins déchiffrable, ce ne sont point là les premières lettres d’un nom de tisserand connu. Peut-être est-ce Van den Brugge?
La série s’intitule Scènes de la vie rustique. Les diverses pièces représentent:
I. Un chasseur assis, entouré d’une meute; des arbres et de l’eau dans le fond.
IL Un chasseur à cheval, le faucon sur le poing, revenant de la chasse. Derrière lui un vieux garde forestier entouré de chiens et portant le gibier tué sur l’épaule.
III. Une cuisine avec des provisions. Un vieillard apporte un chevreuil à la cuisinière. A gauche un paon regardant un cygne mort.
IV. Assis derrière une balustrade tendue d’un tapis, un seigneur joue du luth. Près de lui une dame blonde, l’éventail à la main.
V. Le même seigneur et la même blondine assis dans une tonnelle; derrière la dame une vieille femme. Un jeune valet offre un verre sur un plateau à la dame; il tient l’amphore dans la main gauche.
VL Une servante donnant à manger à la basse-cour; un chien de chasse à ses côtés. Un superbe paon perché sur un bâton.
VII. Une basse-cour. Une fille de ferme déloge un paon de la haie sur laquelle il est perché. Les poules se réfugient dans l’écurie ayant aperçu deux faucons qui foncent vers la terre.
VIII. Un effet de nuit. Derrière la porte de dessous apparaît une servante, une lumière à la main. Un vieux la prend au corsage. A l’avant-plan une femme porte une corbeille de fruit. Un paon et d’autres volatiles perchés sur une traverse.
En général les tapisseries mesurent 3 mètres 80 de haut et 2 m. 63 à 5 m. 30 de large.
Des Nos II, III, IV, V et VI un exemplaire fut exposé en 1880 à Bruxelles par M. Braquenié, un collectionneur parisien; cet exemplaire fut vendu plus tard et envoyé en Amérique.
Le British Muséum possède une aquarelle en diverses couleurs du No IL La scène est encadrée comme une tapisserie entre des colonnes supportant une architrave à laquelle est suspendu le gibier.
D’autres dessins et peintures sans concorder complètement avec les tapisseries exécutées servirent évidemment d’études pour celles-ci et traitent les mêmes sujets.
(1) Inventai ■ dcr im Besitze des Allerhàchsten Kaiserhauses befindlichen Niederlander. Tapeten und Gobelins von Dr. Ernst Ritter von Birk (Jahrbuch der Kunsthistorischen Samtnlungen des Allerhochsten Kaiserhauses i. 244).
(2) Idem, Idem, II 205.
TAPISSERIES: PROVERBES. CHEVAUX. SCÈNES CHAMPÊTRES 189
Le No 1 retrace la même scène que le tableau du Musée de Lille: un chasseur avec son chien (voir page 51). Ce tableau fut peint déjà en 1625.
Le Louvre possède un dessin (No 20024) brun sur noir, représentant un cuisinier et une cuisinière dans un cellier. Lui porte un chevreuil, elle une corbeille de fruits. A droite une table sur laquelle sont étalés des oiseaux grands et petits; sous la table est un chien. La scène est encadrée à gauche et à droite de colonnes supportant des festons de fruits. C’est évidemment une étude pour une tapisserie; l’analogie avec le No III est saisissante.
M. Delacre, à Gand, possède un dessin, où l’on voit cinq personnages debout sous une arcade, derrière une balustrade: un vieillard, qui joue de la flûte, une femme pinçant de
CHASSEUR REVENANT DE LA CHASSE (Dessin pour une tapisserie de la série „la Vie Rurale”, Albertine, Vienne).
la guitare, un seigneur jouant du violon et deux dames en train de chanter. A la balustrade est suspendue une tenture; devant on voit un chien et un chat (voir page 115). Le sujet est le même que celui du No IV de la tapisserie la Vie à la campagne.
Dans la vente Geelhand de Labistrate (Anvers, 1878) M. René délia Faille acheta un grand tableau représentant deux éperviers attaquant des poules; le coq s’enfuit éperdu. A l’arrière-plan accourt un garçon pour chasser l’ennemi. Le petit paysan est peint par Jordaens, les poules par Paul De Vos. La scène rappelle fortement le No VII de la Vie à la campagne.
11 existe diverses versions du sujet du No VII 1. D’abord un excellent tableau appartenant au musée de Glasgow. A gauche on aperçoit à travers la fenêtre un gaillard pressant une
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commère dans ses bras et lui faisant risette. La jeune fille tient une chandelle allumée dans une main et offre de l’autre une corbeille de fruits à une femme se tenant au dehors; celle-ci prend la corbeille et sourit au spectateur; à droite un perroquet sur son perchoir.
La jeune commère est bien la plus réussie que peignit Jordaens: elle réalise à merveille son idéal féminin; elle est la force, la santé, l’exubérance même; la gaîté illumine ses traits, ses yeux pétillent d’espièglerie. Sa jolie tête s’attache à un buste vigoureux. Avec sa chemise blanche, sa robe bleue et surtout avec le bras nu qui s’allonge à travers tout le tableau, elle se détache dans un éblouissant coup de soleil sur le fond du tableau auquel la lueur de la chandelle prête une ardeur sourde. La peau blanche, caressée et mûrie par l’air et le soleil, est une merveille de teinte délicate, on croit voir la vie même s’exhaler de l’épiderme. Son vêtement, aux cassures chatoyantes et aux teintes opulentes, le dispute en éclat au radieux personnage, et ça et là s’y accrochent les fauves reflets de la chandelle, tandis que des ombres folâtrent parmi les tons vifs. On n’imagine point image plus réussie de la pleine joie et de la pleine force de vivre; jamais on ne combina en un plus harmonieux ensemble la troublante lumière artificielle et la franche lumière naturelle. A l’exposition de 1905 le tableau était accroché dans le voisinage immédiat de l'Adoration des Bergers appartenant au prince Lichnowsky et du Méléagre et Atalante appartenant alors à M. Madsen et jamais on ne se rendit plus nettement compte du chemin parcouru par Jordaens de 1618 à 1650, année vers laquelle fut peinte cette Marchande de Fruits, et de la vigueur qu’il avait su conserver toute entière, tout en ayant appris à l’affiner et à la fondre dans des délicatesses de duvet et de velours. Ce tableau se trouvait dans la vente Proli (Anvers, 1785) et dans les collections Lucien Bonaparte et Mac Lellan. La radieuse commère est la même que celle de la Sérénade, ayant fait partie autrefois de la collection Huybrechts, et devenue la propriété de M. Leblon, et que celle des Amours populaires appartenant à M. Emile Goldschmidt de Francfort.
Le cabinet d’estampes du musée de Berlin possède un dessin au pastel sur lequel on voit le même sujet sauf que la femme s’y montre en pied. M. Rump à Copenhague possède une version du même sujet traitée à l’aquarelle.
Dans la vente Habich (Cassel, 1899) figurait un dessin colorié représentant une jeune femme portant une corbeille de fleurs; à ses côtés de la volaille est déposée sur un banc; dans l’entre-bâillement de la porte du fond on aperçoit deux autres femmes. Ce dessin aussi rappelle de façon saisissante le No VIII de la Vie à la campagne et fut évidemment une étude pour un carton de tapisserie.
Les deux tableaux appartenant à M. Alphonse Cels de Bruxelles, sont très probablement des projets de tapisseries. L’un de ces tableaux était intitulé dans le catalogue des œuvres laissées par Jordaens (No 105) een Sot met een Oudemans en Jongvrouwe Beeld (un Fou avec un Vieillard et une Jeune femme). Il représente donc un groupe de trois personnes: derrière une balustrade, un vieillard faisant une lecture à haute voix dans un livre; il a l’air amoureux et même un tantinet toqué; il porte une toge rouge et un lorgnon; devant lui se tient une coquette jeune femme, relevant une de ses boucles de la main et regardant devant elle d’un air distrait. Devant elle, un fou accoudé à la balustrade, tient sa marotte à la main. 11 se moque du vieux céladon. Entre les piliers de la balustrade un chat fait le gros dos en soufflant de rage. Au fond, un édifice avec fenêtre ouverte. La composition est évidemment de Jordaens, mais les figures n’appartiennent pas à la catégorie de modèles qu’il peignait d’ordinaire. La couleur et la lumière visent au charme et à l’agrément; elles
LA MARCHANDE DE FRUITS (Musée de Glasgow).
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sont traitées avec assez de mièvrerie, au point de nous faire douter que l’œuvre soit de la main de Jordaens.
Un tableau du même sujet figura dans diverses ventes notamment dans celle de M. De Coninck de Merckem (Gand, 1856), Werte (Paris, 1893), de Nancy (Bruxelles, 1899).
Le second tableau appartenant au même propriétaire, représente d’après le catalogue de la succession de Jordaens: Een Jotige en een Mysje (Un jeune homme et une jeune fille).
II a les mêmes dimensions que l’autre et en est certes le pendant. Un page en veste rouge, culotte sombre, bas blancs et souliers jaunes, sort d’une maison dont la porte est ouverte; il tient un chien par le collier. 11 lève la main pour saluer quelqu’un qu’on ne voit pas. A gauche une servante porte sur un linge un petit panier contenant des moules. L’arrière-plan est formé par une arcade, sur laquelle courent des plantes grimpantes; il y flotte aussi un bout de rideau vert. La facture est la même que celle du tableau précédent.
Les sujets dont nous nous occupons pourraient être intitulés Vieilles amours et Jeunes amours: les vieilles ridicules et bouffonnes; les jeunes gaillardes et aimables. Ces tableaux faisaient sans doute partie de la décoration d’une salle; leurs proportions spéciales
l’attestent. Le catalogue de la succession de Jordaens les renseigne comme mesurant
6 pieds de haut sur 2 pieds et 10 pouces seulement de largeur (190 cent, sur 87 cent.). Ils étaient donc placés entre les fenêtres. Dans ledit catalogue ils portent les numéros 102 et 105; les numéros 103 et 104 sont aussi très étroits pour leur hauteur; ils mesurent 11 pieds de haut sur 4 pieds 4 pouces de largeur; le premier représente „een Gallerytje met een jong Geselschap” (une petite galerie avec une jeune compagnie); le second „een dito met een Moor en Vrouwe Beeld” (la même galerie avec figures de Nègre et de Femme). Les sujets sont donc de la même nature que ceux des tableaux de M. Cels et sans doute étaientils destinés tout comme ceux-ci à être exécutés sous forme de tapisseries. Les quatre forment une série de scènes d’amour.
Un sujet analogue est traité dans un dessin appartenant à M. Rodrigues de Paris. 11 s’agit d’une aquarelle de diverses couleurs: noir, jaune, vert, bleu, rouge, et représentant un groupe de cinq personnes, un jeune homme jouant du violoncelle, une jeune femme
pinçant de la guitare, un Cupidon tenant un papier à musique et un autre portant une
torche, en outre un personnage la tête appuyée sur une main et l’autre tenant une amphore; un verre posé devant lui. A l’avant-plan des instruments de musique. Au-dessus les inscriptions Amor, Musica. La scène est encadrée de cariatides; au-dessus deux angelets accrochent la toile sur laquelle est peinte le sujet. Ce dessin est assurément le projet d’une tapisserie; il ne s’apparente pas seulement aux deux tableaux précédents, mais encore aux numéros
III et VI de la Vie à la campagne.
Jordaens exécuta encore d’autres séries de cartons pour tapisseries. Dans une vente à Londres, en 1773, figurèrent deux cartons à sujets joyeux. Le British Muséum possède une aquarelle du même genre; une compagnie joyeuse dans un bateau. Tout au fond on voit Mercure; trois couples, l’un debout, l’autre assis, et un troisième assis à moitié, se trouvent dans l’embarcation. Un batelier fait démarrer le canot; un joueur de luth se trouve à ses côtés; le sujet est représenté sur une scène aux rideaux écartés. Certes ce dessin aussi était destiné à être traité en tapisserie (voir la reproduction page 73).
Le cabinet des estampes de Saint-Pétersbourg possède le dessin d’un carton pour tapisserie portant une inscription flamande à peu près conçue ainsi:
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Mars tant désiré
Vient enfin de montrer le bout de sa queue Borée souffle et engendre Pleurésie, grippe, fièvre tierce qui font périr. (1 )
Le cabinet d’estampes de Berlin possède un dessin à la craie rouge et noire, représentant le Sacrifice d’Isaac par Abraham. Le groupe est compris dans un encadrement orné d’anges et de femmes, et il était évidemment destiné à servir de carton pour une tapisserie.
Outre les trois séries dont nous possédons les tapisseries, il y a lieu de douter fortement que Jordaens ait livré d’autres cartons pour d’autres tapisseries proprement dites. Probablement les autres dessins mentionnés plus haut représentaient-ils des esquisses pour des toiles
peintes à l’aquarelle. Nous avons dit déjà que, des toiles peintes à l’aquarelle par Jordaens, aucune n’a été conservée. Nous nous serions difficilement représenté ces toiles si un heureux hasard ne nous avait gardé un échantillon de ce genre de peinture, dû à un artiste étranger et qui se trouve au Musée National de Hanovre. Cette garniture représente une série de sujets bibliques; assez grossièrement brossés sur toile grossière.
Dans la succession de Jordaens figuraient 30 patrons ou cartons pour tapisseries achetés par le signor Michel Wauters. Moins d’un an après la mort du peintre, le 26 août 1679 Wauters décéda aussi et les patrons sont décrits comme suit dans son inventaire post-mortem.
„Les patrons que le prénommé défunt a acheté à la vente mortuaire de feu signor Jordaens, de son vivant peintre dans cette ville d’Anvers, consistant en les pièces suivantes: „D’abord, où le prophète est assai lié par les lions.
„Item, un autre dito.
„ Achille retrouvé par le conseil d’Ulysse.
„Item, un des sacres du Prophète.
(1) Den Meert seer lange begeert Hy steekt met synen steert Boreas die blaest hy maekt Flerecyn gicht en tertiaen doen vergaen.
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„Item, Achille blessé au talon.
„ltem, La mort d’Achille.
„Item, Le sacre de Jéroboam.
„Item, Le Festin des Dieux.
„ltem, Le Prophète mort.
„ltem, Le sacrifice.
„ltem, Caron et Minerve.
„ltem, La bataille dans laquelle Neptune est vainqueur.
„ltem, La bataille de nuit.
„Item, Le carnaval.
„ltem, Emmaüs.
„Item, Un sacrifice avec musique.
„ltem, Une bataille avec Jéroboam.
„Item, La femme de Jéroboam se rendant auprès du prophète. „Item, vert, Battus et Mercure, deux fois.
„Item, Jupiter et Callisto.
„Item, Narcisse.
„Item, Jupiter et Io.
„ltem, La laitière.
„Item, Céphale.
„Item, Le pasteur rouge.
„ltem, Salmachus et Hermaphrodite.
„ltem, Le berger et son chien.
„ltem, Pan et Syrinx.
„ltem, Une pièce de Verdure, sans figure”. (1)
(1) „De patroonen den welcke de voornoemde overledene gecocht heeft in het sterfhuys van wylen Signor Jourdaens, in syn „Ieven schilder binnen deser stadt Antwerpen was, bestaende inde naervolgende stucken:
„Eerst, daer den Propheet besprongen wort van de leeuwen.
„Item, een ander ditto.
„Het vinden van Achilles door den raedt Jeliste (Ulysses).
„Item, een van de Salvinge vanden Prophète.
„Item, Achilles inde hiele geschoten.
„ltem, de Doot van Achilles.
„Item, de Salvinge van Jerobiam.
„Item, het Bancket vande Qoden.
„ltem, den dooden Prophet.
„ltem, de Otferande.
„ltem, Charon ende Minerva.
„Item, de batalie daer Neptunus incompt.
„ltem, de nachtbatalie.
„Item, den vastelavondt.
„ltem, Emaiis.
„Item, een otferande met spel.
„Item, een batalie waerin compt Jerobeam.
„ltem, daer de vrouw van Jerobeam by den Propheet compt.
„Item, groen, Battus ende Mercurius, twee maels.
„Item, Jupiter ende Callistus.
„Item, Nercissus.
«Item, Jupiter ende Io.
«Item, het melckmasken.
„Item, Zephalus.
«Item, den rooden herder.
„ltem, Salmachus ende Harmiphidridus (Salmakis en Hermaphroditus).
„Item, den herder met synen hondt.
„ltem, Pan ende Siringen.
«Item, een stuck gruen, sonder figuere”. (2)
(2) F. Jos. van DEN Branden, Collection de tableaux à Anvers. Feuilles d’archives, XXII. 32.
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11 semble que ces trente cartons représentent diverses séries ou fragments de séries: en effet six se rapportent à l’histoire de Jéroboam, trois à celle d’Achille, onze à d’autres épisodes de la Fable; cinq traitent des sujets de la vie ordinaire. Le sujet des autres n’est pas suffisamment indiqué pour en déterminer le genre. Aucune de ces pièces ne concorde avec des cartons ou des peintures exécutés par Jordaens et qui nous sont connus; néanmoins il est presque certain que toutes ces tapisseries furent exécutées par lui. Sans doute elles appartenaient à ses premières années et elles furent peintes à l'aquarelle sur toile.
Parmi les patrons que possédait le même Michel Wauters et non compris dans le lot des 30 pièces achetées à la vente mortuaire dejordaens, nous trouvons une série de „chevaux” composée de huit pièces. Parmi ces tapisseries il y avait „une chambre de tapisseries, des chevaux, grossièrement faits, hauts de quatre aunes et demi, consistant dans les pièces suivantes: à savoir, une pièce de huit aunes de large, une de sept aunes de large, une de dix aunes de large, un de cinq aunes de large, et deux de quatre aunes de large (1). On serait tenté d’y voir un exemplaire de Y École d'équitation de Louis XIII” par Jordaens, n’était qu’elles ne concordent ni par leur nombre, ni par leurs dimensions avec les tapisseries de la cour impériale de Vienne.
Parmi les tapisseries de Michel Wauters on mentionne encore les Actes des Apôtres en six pièces par un artiste anonyme. Les nombreux sujets de Y Histoire des Apôtres, que nous rencontrons parmi les dessins de Jordaens, nous portent à croire que ceux-ci se rapportaient à une série de tapisseries: ainsi nous connaissons Paul devant Ananias et un Possédé maltraitant les fils de Sepha, au Musée de Rotterdam; un Apôtre accusant un Roi, de la vente du Prince de Ligne (1791); Paul et Barnabé à Lystra, au Musée de l’Académie de Vienne.
(I) „een Carrier tappisserye, peerden, groff, vier ellen ende een halff diep, bestaende inde naervolgende stucken, te weten, een stuck acht ellen lanck, item een stuck seven ellen lanck, item een stuck sesse ellen lanck; item een stuck vijf ellen lanck, ende twee stucken elck vier ellen lanck”.
VERITAS DEI (Dessin, British Muséum, Londres).
TAPISSERIES: PROVERBES. CHEVAUX. SCÈNES CHAMPÊTRES
Je présume aussi que Jordaens exécuta une série de cartons pour tapisseries se rapportant aux Victoires de la Religion chrétienne et traités dans la manière des Figures et Triomphes du Saint-Sacrement de Rubens. Dans la vente Pauwels (Bruxelles, 1814) on rencontra: le Triomphe de la Religion; à PAlbertina, un dessin Veritas Dei ; un autre Veritas Dei se trouve au British Muséum; dans la vente Mertens (Anvers, 1849) figura le Triomphe de la Croix sur les Sept Péchés capitaux. Nous ne pouvons affirmer en toute certitude que ceux-ci devaient servir de cartons pour des tapisseries; il est possible qu’ils ne traitaient que des sujets allégoriques. Le plus important morceau de ce genre est le Triomphe du Christianisme ou plutôt V Adoration du Saint-Sacrement par les Pères de l'Eglise et les Saints, appartenant au Musée de Dublin. Cette œuvre parut successivement dans les ventes Johan van der Linden van Slingelandt (Dordrecht, 1785), Mallinus (Louvain, 1824), Spruyt,
(Bruxelles, 1841). Elle représente une femme allégorique assise sur un lion et tenant à deux mains le Saint-Sacrement. Au-dessus d’elle plane le Saint-Esprit entouré d’anges. Devant elle l’Enfant Jésus tenant une croix d’une main et un cœur enflammé de l’autre. A gauche les apôtres Pierre et Paul; à droite Saint Sébastien et les Saintes Catherine et Rosalie.
A l’avant-plan quatre pères dont un debout et trois agenouillés. Le tableau est traité dans une couleur de l’Église chaude et savoureuse, plus décorative que vigoureuse; la composition est élégante, les figures agréables. La manière dont Rubens traitait des sujets analogues n’est pas copiée servilement mais on constatera néanmoins quelques réminiscences des figures rubéniennes du Triomphe du Saint-Sacrement et de la Vierge entourée de Saints, qui se trouvent dans le tableau de l’église des Augustins à Anvers.
M. Fairfax Murray, de Londres, possède un dessin du même sujet que celui traité dans le tableau de Dublin. La femme allégorique n’y est plus assise sur le lion; le groupe des anges diffère de l’autre; les Saints Pierre et Paul ne se tiennent pas l’un à côté de l’autre. A l’avant-plan il y a deux enfants au lieu d’un. Les pères de l’Eglise sont
L’ADORATION DU SAINT SACREMENT (Musée de Dublin).