‹ Jordaens; sa vie et ses œuvresChapitre 88 sur 142 · DESSINS · texte numérisé non relu

DESSINS

à peu près les mêmes. Ce dessin représente probablement une étude en vue du tableau.

Aucun des patrons de Jordaens pour tapisseries ne semble être parvenu jusqu’à nous. Le seul dont il soit fait mention au commencement du XIXe siècle est un carton pour une tapisserie, représentant Y Astronomie, et qui parut dans la vente Frans Pauwels (Bruxelles, 1803). Il mesurait 3 M. 40 de haut et 2 M. 52 de largeur et, d’après le catalogue, il était exécuté de façon grandiose.

Dessins. — Jordaens occupe comme dessinateur un rang important parmi les peintres flamands. Il n’en est même pas qui ait dessiné autant que lui si l’on appelle dessins toutes les œuvres qu’il exécuta sur papier; il n’en est pas qui dessina moins si l’on ne considère comme dessins que ceux exécutés à la plume ou à la craie. Nous avons déjà parlé si souvent de ses dessins que nous pouvons nous borner à indiquer à grands traits ce qui les distingue. La plupart sont exécutés à l’aquarelle et en couleurs vives; une circonstance justifiant, comme nous l’avons déjà constaté, le titre de peintre à l’aquarelle (waterschilder) qu’on lui donne dans les registres de la Gilde de Saint-Luc. D’autres sont colorés de façon plus sobre en quelques tons mats et fondus; d’autres encore sont dessinés à l’encre, relevés de bistre, lavés de quelques teintes; quantité d’autres sont dessinés à la craie rouge ou noire.

Les dessins à l’aquarelle et aux couleurs éclatantes sont exécutés avec soin et destinés sans doute à représenter des œuvres d’art en elles-mêmes et sans autre but; les dessins colorés plus sobrement n’ont pas eu d’autre utilité ou représentent tout au plus des études pour des tableaux; ceux à l’encre ou à la craie ne sont que des croquis ou des études de premier jet, des ébauches de tableaux.

Quelques dessins s’accordent avec des tableaux connus et peuvent être tenus pour des études en vue desdits tableaux. Ainsi une Présentation an Temple du Musée de Rotterdam reproduit exactement le sujet du tableau de Dresde. Y' Adoration des Bergers, aussi à Rotterdam (voir la reproduction, page 17), concorde avec la gravure exécutée par Marinus d’après un tableau demeuré inconnu; le dessin de Y Adoration des Bergers du Louvre est identique au tableau du Musée d’Anvers; le dessin de la Loi divine et de la Loi des Hommes de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg reproduit le tableau de la cheminée du Tribunal de Hulst; les deux portraits, Homme et Femme, les deux superbes dessins du Louvre, sont évidemment des études pour les tableaux dont l’un, le portrait d’Homme, figura dans la vente Huybrechts (Anvers, 1902) et dont l’autre se trouve au Musée de Bruxelles (voir pages 112 et 113).

On ne rencontre que très rarement des figures ou des groupes détachés ayant servi comme études à des fragments de tableaux. Une Nymphe trayant la chèvre Amalthée du Louvre (voir page 97) est une étude pour Y Education de Jupiter et quelques autres dessins d’après des hommes ou des animaux représentent les seules productions connues de ce genre. Un des plus réussis est la Laitière de la collection Delacre de Gand (voir page 59).

Dans ses dessins plus achevés, colorés plus sobrement ou plus richement, Jordaens traite surtout des sujets, dont il tira ensuite des tableaux et auxquels il apporta des modifications plus ou moins importantes. Il en est ainsi pour son Paul et Barnabé à Lystra, appartenant à l’auteur du présent ouvrage (voir page 135) et pour le Miracle de Saint Martin appartenant au Musée Plantin-Moretus (voir page 45), qui sont des versions fortement modifiées des tableaux des Musées de Vienne et de Bruxelles; de même les dessins de la Suzanne du Louvre, du Miracle de Saint Martin du British Muséum, de la Mise au Tombeau d’Amsterdam, du Christ chassant les vendeurs du Temple de Brunswick, de l'Adoration des

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