‹ Jordaens; sa vie et ses œuvresChapitre 89 sur 142 · ESQUISSES · texte numérisé non relu

ESQUISSES

Mages du Musée Plantin-Moretus d’Anvers (voir page 133) diffèrent tout aussi sensiblement des tableaux de Bruxelles, d’Anvers, de Paris, et de Dixmude.

Certains dessins reproduisent des fragments de tableaux. Ainsi on rencontre le groupe central d’un dessin l' Adoration des Bergers du British Muséum (voir page 8) dans le tableau de 1618 du Musée de Stockholm et le côté de gauche du Diogène cherchant un Homme du Musée de Dresde dans un dessin appartenant aux frères Le Roy, de Bruxelles.

Nous ne connaissons qu’un seul dessin de Jordaens exécuté par le graveur: le Roi Boit, un vrai bijou, qui servit de modèle à Pontius (voir page 72).

Ses dessins coloriés se recommandent par la richesse des tons. Par leurs couleurs éclatantes, rapprochées audacieusement mais toujours harmonieusement, ils font penser à ses brillants tableaux: tels sa Tête de Satyre du Louvre, son Embarquement pour Cythère (voir page 73); son Saint Martin et son Adoration des Bergers du British Muséum ; ses Noces de Chanaan et

TROIS FEMMES ET UN ENFANT (Galerie du baron Brukenthal, Hermannstadt).

sa Scène Pastorale du Musée d’Estampes de Berlin, enfin sa Présentation au Temple de l’Albertina.

Les dessins sobrement teintés valent par leurs tons discrets et fins. Les couleurs y sont édulcorées, mais leur délicatesse et leur tendre fondu leur prêtent quelque chose de précieux et de séduisant; il en est ainsi pour le Paul et Barnabe à Lystra, un Cortège de cavaliers et de fantassins du Louvre, la Mère mettant ses enfants au lit de l’Albertina, la Mise au Tombeau du Rijksmuseum d’Amsterdam.

Les dessins de Jordaens sont aussi intéressants en ce sens qu’il nous font connaître quantité de sujets dont il n’existe point de version peinte. Nous en avons déjà examiné quelques-uns sous nos rubriques «Proverbes” et «Tapisseries”. 11 en a aussi été question en d’autres parties de ce travail.

Esquisses. — Nous avons dit que Jordaens ne dessina guère d’études pour ses tableaux; nous devrons ajouter qu’il en peignit encore moins. Tandis que Rubens, Van Dyck et

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