LES TABLEAUX DE L’HOTEL DE VIL LE D’AMSTERDAM
Il fut brûlé lors du bombardement de cette ville par les Allemands en 1870. Ce devait être une œuvre d’énorme dimension. La liste des tableaux transportés de la Belgique Paris, donne pour ses mesures 18 à 20 pieds de haut sur 15 à 16 de large. (1) Mais la liste dressée à l’arrivée des tableaux à Strasbourg réduit ces mesures à 12 pieds 3 pouces sur 9 pieds. (2)
Les tableaux de l’hôtel de ville d’Amsterdam. — En 1661 Jordaens fut chargé de peindre divers tableaux pour l’hôtel de ville, actuellement le Palais Royal du Dam, à Amsterdam, qui venait d’être construit. Le 13 janvier de ladite année les bourgmestres de cette ville chargèrent les Trésoriers de s’entendre avec Jean Lievens et Jacques Jordaens au sujet de la commande d’un tableau que chacun devait consacrer à Claudius Civilis, tableaux qui orneraient les ovales de la galerie, et qui coûteraient chacun la somme de douze cents florins. Le 17 juin suivant Jordaens avait déjà achevé le sien et s’en fut en personne à Amsterdam pour le soumettre à la Régence. Les trésoriers payèrent 106 florins 14 sous à Jean Philips, l’aubergiste de la „Lijsveltschen Bijbel”, pour la dépense que Jordaens et sa sœur avaient faite chez lui.
11 lui fut fait une autre commande car le 13 juin 1662 les Trésoriers remettent à M. André de Graeff, ancien bourgmestre, une obligation de 3000 florins destinée à Jacques Jordaens en paiement de trois tableaux exécutés par lui „dans les niches de la grande galerie de l’Hôtel de ville”, à raison de 1200 florins pour chacun de deux de ces tableaux et de 600 florins pour le troisième. Jordaens laissa reposer la somme à intérêts chez les receveurs de la ville, l’intérêt commença à courir le 1er novembre 1661, ce qui prouve que l’ouvrage était terminé à cette date. Le 20 avril 1662 les trésoriers firent remettre à Jordaens par l’intermédiaire des bourgmestres et de messire André de Graeff l’écu d’or frappé à l’occasion de la paix conclue avec l’Espagne. (3)
D’après ces documents Jordaens peignit donc en 1661 trois tableaux pour l’hôtel de Ville d’Amsterdam. Les deux premiers faisaient partie de la décoration de la grande galerie devenue la salle à manger du Palais Royal. L’un fut commandé en janvier 1661, un second le fut plus tard. Ces deux œuvres se trouvent encore à la place qu’elles occupaient à l’origine. Elles représentent la Destruction du camp des Romains la nuit par Claudius Civilis et la Conclusion de la paix entre Civilis et Cérialis. Jordaens peignit un troisième tableau représentant les Philistins mis en déroute par Samson, qui se trouve dans le vestibule de la grande salle à manger.
Jan Vos chanta ces trois tableaux. 11 consacra le méchant quatrain suivant au premier:
L’armée romaine est surprise par la Néerlande
Les braves ne sont pas soumis par les légions ennemies.
Ainsi le Batave secoue le joug Romain.
Quiconque conquiert la liberté par le glaive moissonne des lauriers. (4)
(1) A. PlOT, Rapport à Mr. te Ministre de l'Intérieur sur les tableaux enlevés à la Belgique en 1794. Page 335.
(2) CLÉMENT DE Ris, Les Musées de Province 1872. Page 502.
(3) Resolutiën en Rapiamus der heeren Thesaurieren van Amsterdam. (Archives Communales d’Amsterdam).
(4) Het Roomsche krijgsvolk wordt van Neederlandt verrast.
De dappre worden niet gekeert door leegerscharen.
Zoo wordt den Batavier van ’t Roomsche juk ontlast.
Wie vryheidt zoekt door ’t zwaard heeft zucht tôt lauwerkransen.