‹ Jordano Bruno (volume 2)Chapitre 16 sur 60 · GENÈVE · texte numérisé non relu

GENÈVE

Le$ vestiges de plosieaTs cél^res proscrits coodnisirent Bruno à Genève.* Jadis cette ville avait accneilU les exilés des républiques italiennes, comme elle s'ouvrit dans notre siècle encore aux émigrés politiques. Au temps de Bruno, elle étai|, selon Th. de Bèsse , c le refuge et la défense de tous les pauvres en&nts de Dieu, affligés en France, Italie, Espagne, Angleterre, ou ailleurs, m * C'est du titre de • Canaan » que l'hérétique la saluait, pendant que le catholique la déclarait « une

< Il n'est pas doateui «pie Bnmo ii*aU été ft GenèTe. Les docuneou de Venise et de Rome raffirment positîTenieDt. Il est presque anasi évident qa*il y re!>ta an dett d*nne année. Le npport de Tlnquisition porte qoe Bruno n^appronm pas le calvinisme de toot point. Notre ticbe consiste à Cure voir, en exposant rétat intellectuel de Genève, qnc le Noiain devait être repoussé par une opinion grande, mais intolérante. Pour nous acquitter de cette tâche, nous ne pouvions ratrre ancnn de nos prédécesseurs, parce qu*aucun ne s*est inquiété du rv» cbercticr si Bruno bal>ita Genève, ni pourquoi il ne put lliabiter longtemps. Ce livre, comparativement trësH»nrt, rédame donc plus que le précédent l*in-> dulgence du lecteur.

« BklB, Vi^ à€ fnlHn, tM4.

sentine dlmpiélé et d'irréligion , un réceptacle de tous ks fogitife et méchants de la chrestienté. » * C'était tantdt la Mecque du protestantisme, tantôt la Grèce assiégeant Troie, d'autres fois le pays des Philistins, Calvin étant c Goliath » et Bèze ^ le sien écuyer. >» * Plusieurs de ces bannis pour cause de religion, pour soupçon d'athéisme, étaient vénérés à Genève à l'égal de bienfaiteurs publics. Au moment même de l'arrivée de Bruno, François Portus s'y mourait, au grand deuil de rAcadémie. ' Les plus éminents de ces émigrés, les personnages les plus utiles après Farel à la Suisse française, Calvin et Bèze étaient venus de France.

Une preuve de la4égèreté avec laquelle de graves auteurs ^ ont écrit l'histoire de la Renaissance , c'est qu'ils mettent Bruno en relation avec Calvin. Celui-ci, cependant, avait cessé d'exister depuis seize ans. Désigné en 1S36 dans les Registres d'£tat par ces paroles d'une hautaine sécheresse, « ce Français, i^te Gallus, » Calvin s'endormit en 1 564, comme « un Père » , comme le « prophète du Seigneur, >» ^ au sein d'une rapide et

* PMI. HvmAVLT, Mémùiru, p. 4«7, édit. Petitot.

* CeUe comparaison Ait accKmalée par un ouvrage fort estimé alors , La Ûêftnm dêîa foy de noi aneeêtres, puvrage publie cinq mois avant la Saint- Barthélémy, et qui était deChefTonteiaes, géoérai des franciscains. Genève y est «la Grèce;» la France» c'est «Troie;» le «Sinon des Genevistes, » c^est Bèze, qt^aillears Tanleur affecte d^écrire Beste, et qu*il confond volontiers avec cette « beste » qui séduisît Eve, « ealidistimum animal ». Au « Sinon genevesqiic, » il oppose Sèrement « le noble Hector de France, le très-preux et trés-vaillant duc de Guise, vrai martyr de Jésus Christ » (Voy. p. i2-33).

* Portus, Cretois d'origine, helléniste distingué, avait enseigne les letrres grecques à Venise et à Modène; après s'être refusé à signer le formulaire imposé par plusieurs cardinaux à TAcadémie niodenaise, il se retira auprès de Renée de Ferrare, et, en t56i, il vint Instndre TUniversité naissante de Genève.

* Par ex. Tennemanh, Hist, de la pMlos, {en allem.)> t. IX, p. 977. » BtZB, Vie de Calvin.

précoce vieillesse, et d'un unanime concert de gémissements. Son confident intime, ancien rival de Catulle, ^ dont de belles dames avaient admiré l'iAiagination et la figure, Hiéodore de Bèze avait hérité de son ascendant. Bèze n'était pas, comme Calvin, juriste et législateur, disciple de Moïse et de Grégoire Vit, « homme tout d'une pièce et qui n*a point d'égards, qui va droit à son but, et ne s'arrête par aucune considération humaine; ' * mais il continuait à « interdire la Sainté- Cène et à excommunier »... • diose qui tire après soy grande conséquence! » * 11 continuait à diriger les Andens, les membres les plus considérés du double conseil des Soixante et des Deux-Cents ; il « tenait la main aux Anciens , « ^ se souvenant jusqu'au bout de b maxime de son maître, « que les larrons ne s'as^mblentpas là où sont les potences; » ' bannissant c tout ce qui est léger et volage, * ^ et rangeant au nombre des choses pernicieuses jusqu'à la liberté de conscience. ^ Voilà comment Bèze se flattait d'accomplir les derniers vœux que forma Calvin, quand, peu avant de rendre l'écrit, ce réformateur fit « une remontrance « à ses amis et élèves, afin c qu'ils n'eussent pas de pique entre eux, mais que charité y régnât. » •

• Voy. i.-O. Bach, Theodor Bêwa {t%ïl^ en illen.)i ^ h P- *7, sqq.

• Vaullas, Hiët. de Ckatlm IX, averlissement.

• BoMH, de la Bép^.^ p. sa?.

• ibid.

• h» BoImc tes V. Gentile, les CasUlioo, les SentA éUienl, au yeux de CilTia, «0eB& qui beeognaieiii sm» terra oommm Us iNNivaieatii ( Vie per

• Bftn, Fie^eCalvifi.

' Bftn, EpisL Oiéol., 1 : « IKflMtewR dogma.m

• BkzB, Vie de Caltin,

Cependant la charité lié régnait pas à Genève plus qu'a Rome. Lés deux églises étaient régies par un même t>r(ûcipe de juridiction, là criminalité des héréaeâ. Quiconque croit rhal, c'est-à-dire autrement que le Saint-Office, ou que te Vénérable Consistoire, ne croit point du tout; et ()ui ne croit pas, commet crime de lèâb-divinité et itoérite la peine capitale. La persécution est im devoir sacré, un acte agréable à Dieu ; plus elle est ttltolêranté, ^lus elle est estimable. Le glaive est à là fôi£ d\in usage légitime et nécessaire contre les ennemis du ciel, dès que la persuasion reste sans efficace. LeS sâpfSKcëâ inâigés âiîx méchants ne sont qn'« un juste jti'gëttiënt dé Dieu et des hommes. » ' Ainsi, ceux qui eussent été martyre ailleurs, se faisaient chez eux bourreaux. Mais &i, d'après saint Paul, la charité est la plAs chrétienne des perfections chrétiennes, l'erreur dés sàcrifîcateûi^ était plus triste certainement que Fareur des victimes, et digne souvent du nom d'horreur.^

Au milieu d'une telle situation , quelle fut l'attitude de Bruno? Quel effet en ressentit son âme avide d'indépendance, son humeur satirique, son esprit porté au parackoxeet à là contradiction? Point de réponse précise à cette question, en dépit des recherches les plus assidues aux Archives de Genève. Mais ep rapprochant quelques événements, quelques personnages contem-

I ikfdL Celait ropfaûoo de l'époque «ur Servet, iean Lsmbert de GenëTe, teitile, Hetier» Cftmpaaus et autres. Cfr. Tavaihib», Mém», p. lift, édit. PelîloL

* « Non mrvTé^ imk orrore» Voy. les mémoires de MM. Gmiox et Mwnbï sur Calvin et rétablissem^t du calvlnisuic.

{KNrains, on parvient focilement à se représenter les rapports de Bèze avec fimno. L'un des maîtres de Bèze, le * gentil maître » Clément Marot, ne fut-il pas obligé d'aller mourir à Turin, se sentant trop mal à Taise dans la métropole du calvinisme? Une multitude de nobles caractères que Tltalie rejetait de ses entrailles, ne durent-ils pas éviter les murs de Genève et aller se cacher dans les Grisons, « pays barbare, rurautetrude, » selon Brantôme? Enfin les Registres d'Etat, à la date du 13 mai 1580, contiennent les lignes suivantes et jusqu'à ce jour inédites:

« Henri EsUenne est excommunié et mis en prison > pour avoir imprimé un livre plein de choses scandait leuses et indignes d'un chrétien ;

» Pour avoir manqué à M. de Bèze, qui lui reprochsût • l'abus qu'il fiiisait de ses talents, et sa mauvaise repu- » tation, étant communément appelé le Pantagruel de « Genève, et le prince des athées ;

« Enfin, pour avoir (fit qu'il fiiUait être hypocrite pour » plaire au consistoire. »

Plus d'une particularité ressort de ce texte curieux, rh^TKxrisie des uns, la verve railleuse des autres , et pardessus tout l'omnipotence du Consistoire et de son chef. Le prince des typographes est surnommé le prince des athées. ' Que de>iendra4-il en sortant d'une

« Heari EtieiiM avait cq^sdairt coadaMW^ won iscalcMmal « €e neschaat Laciècc, • noo wlfieat BoMv«»tiii« des Pèners^ « ce coMesirtear et no- <|M«r de Dira. • anis RaWais toi méms^ qa^il wmmmK « u seeo^d Lndan ca.<» de brocarder tMie sorte de NligiM • < J^wUgit jMvr Bérùdi^e. p. IM|. n avait frit u |««!«s lenîMe « as vto Ikenlofal et an pais de cte* pitiv,» cVst-àHfiieavxvicesdvcIcfieéetàstMiIgMMraMe. Og yMologse ai sfMnwl axait tnMt 1» «jyiitjpsKi de SpxIw B^^Mw. imr « soérir

VIE. Cl

prison ^ , qui ne ressemblait plus au cachot des Libertins? 11 quittera Genève, il ira chercher un asile dans ce Paris même, où il avait été brûlé en elTigie, pendant qu'il se cachait dans les montagnes d'Auvergne. * Un dernier rayon d'espérance descendra alors sur ce front immortel. Henri 111 lui promettra mille écus pour son li^Te de la Précellence du langage françois; il promettra même davantage, quand la guerre religieuse de -loSS se rallumera, et quand la maladie jettera Etienne dans un hôpital de Lyon, où il cessera de souflrir, en répétant peut-être les mots adressés par Robert, son père, à Messieurs de Sorbonne : <( Le Seigneur m'a accoutumé aux labeurs comme l'oiseau au vol. » '

11 était naturel que les pasteurs de Genève s'essayassent à convertir Bruno. Le nom de Noie dut les encourager; et Bèze venait de composer le panégyrique du Nolain Algieri. 11 est plus que probable que Bruno, sans pratiquer le calvinisme, suivit les prédications qui se faisaient en langue italienne. Mais il est présumable aussi qu'il n'adopta pas en tout le dogme genevois, à savoir, la justification par la foi, la présence spirituelle

les dogmatiques impies de son temfw, » parce quMl jugeait leurs « impudentes el téméraires assertions plus intolérables encore que IMndolente indécision des sceptiques » (IMi, préf.). Il avait consenré la de\ise de son père, empranlée à va&ni Paul : Altum $apere fwli, 9Êd tivM,

^ On se rappelle les vers de Bonivard sur la geôle, oA Ton enfermait les UbertiDS el les IndépendanU :

c En ce logis qui devrait eslre > Purgatoire d'enfants gâtés, » Comme en un paradis terrestre, 1 Ils mangent tourtes et pâtés. »

* « Je n'ai jamais eu si froid, disait Henri, que le jour qu*on me brAlait. »

* Y(^. le Jowmai de VEtoiU, 1, p. M6, édiU Petitot.— RoBinT Estibnhb, lUp. aux centures des théolog. de ParU.

dan3 rEucbaristie, l'ins^missibilité del^Qi^ce, et la prédestination..^ ]L[q métaphysicien qui se juge en possession de la vérité, ou qui du moii^s veut penser par soi-même, résoudre par ses propres forces les problèmes qui tourmentent l'humanité, n'e^t guère disposé à souscriie à un système irrévoçable^ient arrêté, ipinutieusement formulé. On ne saurait douter qu'une discussion théologique, entre le successeur deQdvip et le devapcier de Spinosa, ne se soit terminée par une rupture éclatante.

D'ailleurs, si l'église de Genève ne tolérait guère plus que celle de Rome, l'examen en matière de rdigion, elle ne Iç permettait pas davantage en fait de philosophie. Âristote lui seinblait presque aussi indispensable que la Bible, et la philosophie, prise çn elle-mêoie, paraissait digne de peu d'attention. ^ Qu'on ajouta au rudiment scolastiqvie, dit Calvin daps l^programine d^ études, ? ce que la ^ience porte de^ prédicamçQt^, cathégories, topiques et clenches, et qu'on choisisse, pour ce fmre, quelque abrégé bien troussé. « Tagaut^ le pren^er professeur, mit cette ordonnance cq pratique avec une facile soumission. Cet attachement exdasif

^ BKimo, Spaeeio délia be$êia trionfimiê^ U, p. 147.

Peut-être ii*y ataft-41 entre Vèze et Brune d'autres points de contact et d'accord, qu'une aversion ooromune et également vive contre le catholicisine.

On aurait pu dter, après feieoiple de Henri Btlenne , tmx du Luoquois Simon-Simoni et de l'Espagnol Pierre Gales ; ils eurent, dans la savante république de Genève» à peu près la même destinée que le célèbre philologue.

* Bèze fut, à la vérité, le premier recteur de l'Académie fondée en 1559, et par ses connaissances solides et variées, par la m&le élégance de son style, il imprima aux esprits une teinte sérieuse à la ibis et poétique, qui ftat ensuite le cachet des écrivains genevois. Mais le règlement des études, rédigé par Calvin, était ecclésiastique quant au but et à la forme. Chaque étudiant était tenu de signer la profession de foi dressée par Calvin.

VIE. m

au Stagirite sç fit jour dans une occasion niéroorable. Echappé de Paris, Ramus sollicita de Bèze la permission de venir enseigner la philosophie à Genève. « Les Genevois ont décrété, répondit Bèze, une bonne fois et pour jamais, que ni en logique, ni en aucune autre branche du savoir, on ne s'écarterait chez eux des sentiments d'AristQte. »' Quatorze ans plus lard, un jeune Hollandais, voyageant aux frais de la ville d'Amçter^ dam, accourut à Genève s'asseoir aux pieds du Nestor des réformateurs. Ce philosophe de vingt-deux ans, conçut l'idée de propager la dialectique de Ramus ; à l'instant même il reçut l'ordre de t s'en aller. » Àrminiqs* sedirige^ vers Baie, où Ramus avait trouvé un accueil si fraternel.

Un adversaire tel que Bruno, pouvait-il trouver grâce devant d'aussi ardents péripatéticiens? Il cçtnsentit peut-

* uNe tantiUum quidem ab ÀrUtottliê iententià defieeterea (Epist. 3i. Cfr. épiit., 67, où Ramus est appelé « 5;ov kp^os, p$eudo-^iaIecticum, hominemgue ad turbanda optima quœque c<Mq>aratum. » Sur cet irticle , Bèze eut teiite rapprobaljon des liltérateun groupés autour de lui , de Joseph-Juste Scaliger, d'Antoine de la Faye, de Portus, de Beroald, enfin dlsaac de Casaubon. (Cfr. Casaubon, Not. ad Diog, LaerL; IVot. ad Pertium, sat. V, M).

* Qui sait si cette expulsion ne ftet pas le ptemier mobile des critiques, qii*Ar. minros amoncela dans la suite contre le système rigidement eaWiniste, et la ctQse secrète de ses combats avec les Ciomaristes? Ajoutons, comme im trait caractéristique du temps, que tout ceci se passa pendant que Berne et Lausanne faisaient enseigner le ramisme, plus libérales que Genève en philosopliie, comme Bikie et Zurich le ftirent davantage en religion. Tout ceci arriva de plus, pendant que Ramus était regardé en Allemagne comme TalHé de Bèxe. A Leipzig, par exemple, on ferma la bouche au ramiste Dresser, de crainte qa^l ne menaçât le luthéranisme; et le conseiller aulique, chargé dinstruire le procès, résuma son rapport par ces mots : «i Le ramisme est le chemin do « ahinisroe , « Haminnut 9$t gradué ad caMnùmum, » Combien Bèse dut être étonné d*apprendre, que cette philosophie qu'il abhorrait, était déclarée rsntiliaire de IVgiise gouvernée par lui! (M. Adam. Vit, pMloi» p. m, sq.).

être à blâmer avec eux « l'éloquent » Ramus; i maâ ii donna, sans nnl doute; à Aristote des épilhètes plus irrévérentes Y el non moins imméritées. Professait-il déjà cet art de R. LuUe, par lequel il se flattait d'évincer l'admirable logique d'Âristote ? ' En ce cas, probablement, Bèze ' procéda rondement « ' encore à^ son égard, surtout en s'apercevant que le caract^ du Nolain était gêné sons ce régime d'une sévérité si uniforme, et qu'il l'endurait impatiemment. ^ Les syndics alors durent lui signifier ce qu*ils avaient dit à Calvin même en 1538: « les portes de la ville sont assez larges pour que vous puissiez sortir. » '

U parait, en eflet, que Bruno sortit de Genève sans bruit. On a vu rentrer depuis, avec éclat, dans cette austère enceinte, l'écrit même dont Bruno fut un organe impar&it, mais dévoué. ^

' ndéchre,eneCel,BiBosiila5éloqaeMq«esi«e(foeoMR«9,l,p.SU). 0 le oMi SOT la nêoM ligne qae Patrâti.

s Od peat admeUfe qu*il eut alors poar disdple dans «1 art le eélèhre jvrisooosslle Pack) de Ykenoe, qui Tenait de se rèftieier ansâ à Geaète, et à ÇBÎ Bèie oonSa, en IStt* nne chaire de droit. On ait qne Pado fecoi nttnda même le hilliâaie dans ta diaire de Cnjas à Vatance (Cfr. PAcn An LmUiama êmeméaia. Valence, ISIS).

* Eipresrion de Calrin, dans son Tmtmmmi. « Bèae dnt ja«er Brano, oomk 3 qnaiifiaU P. Akiac d ]

à Terliges^ »« leqael ne pouvait non pins deaMucr en v piaee » {Epiti. M.— Vie 4$ C^mm„

* Cest trop dire cependant <ined*aTaneer««qne le bêcher de Senrelainraii pn s'alloner poor le Holain s, par nne prompte fàile« il n^aiait pgné la FftDce. » (Voy. M. Boi-nxin, JKtf. d» la rivoi. earfM., p.M.; LaPranoen*était gnère pins sire avx novalents. Bèie te contentait de Cure « vider ta Tille. »

* An noaent oè Bnmo qoittaH les bords da LènMn, Théodore 'noachin, iBeni de Théodore de Bètt. venait an Bonde. Lorsqne cet héritier de Bèie, qni f t tant de sensation an synode de DordrechI, venait à i et non Banins, pénétrait dans Genève, introdnit par ChoneC» anx j defAndiloire. Ce pas décisif se ftt presqne dans Hnsiant. qne ta jésnile Le Vataîs déférait an dergé de France « M. Descartes et ses hmenx sectatcnts» les dénonçant d*étre d*accord avec Calvin » ' t€M \. L^époqne qni vil naître

JcMHlaeqiies, Cbarles de Bonnet, le dieralier de Janooart, se prépanit. Vnn drs grands et incomplets monuments du XYIII* siècle, l'Encyclopédie reftisera à Genève « b politesse d^Athënes, » lui accordera a la sagesse de Laoéd^ uM»e,j> et la présentera comme « le séjour de la philosophie et de la liherlé.» Cest en làoe de Genève qife Voltaire écrira ces mots : « Il semble aujourd'hui qa'on Ibsse nmende honorable aux cendres de Senret. » Enfin, ce même siècle exprimera d'atance, par la bouche de Montesquieu, une opinion digne de Timpartialité de notre âge : « Genève doit bénir le moment de U naissance de Calvin rt celai de ton arrivée dans ses muA. »

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