‹ Jordano Bruno (volume 2)Chapitre 34 sur 60 · ACADÉMIE PUTONKIENNE DE FLORENCE · texte numérisé non relu

ACADÉMIE PUTONKIENNE DE FLORENCE

L*école de Florence est bien aulfement célèbre que Tacad^mie de Goseuze. L*époque de sa grandeur est le XV siècle. > Lorsqn'en 1138 Gémlste*Pléthon accompagna Jean Paléologue à Florence, pour assister à un concile convoqué dans le dessein jle réconcilier TEglise latine avec TEglise grecque, on n*y connaissait guère la philosophie de Platon. ^ Dans tes interyalles de SCS négociations, le docte Byzantin Texposa éloquemment . aux pren>îers personnages de la ville, notamment à Gosme de Médicis. On n*eut pas le bonheur d'opérer la fusion des deux cultes, mais on parvint à fonder une société d'un genre nouveau. Afin que le départ de Pléthon ne fît pas perdre les fruits de ses suaves leçons, Gosme imagina de réunir tous les amis et les connaisseurs du platonisme en une sorte de congrégation, et d*instituer des conférences régulières, soit dans le palais du duc, à Florence/ soit dans sa villa favorite, à Gareggi. ' Laurent

* Nous ne pooTOOS prétendre écrire l*histoire de cet institut, ni même dépeindre llntérieur de ses séances. Nous devons renvoyer le lecteur aux ouvrages deBaodini (Spécimen Htieraiurœ Flarentinœ tecul, XV. S vol. , f lor., 174S), et de Sieveking (Geech. der Plat. Àkad. zu Florenz., ISIS).

* On y citait cependant avec complaisance les vers où Pétraque accorde à Platon h primauté philosophique :

« Volsimi da man mapca, e vidi Plato,

» Che* n quella schiera andô più presso al segno,

> Al quale aggiuDge a chi*dal cielo è dato :

> Âristotele poi picn d'alto ingegno.

(Trionfo délia Fama.)

* Voy. Fabrani, Vita Coimt, p, 137.

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continua et acheva l'œuvre paternelle. Il divisa la compagnie en trois sections : les patrons, t meeenaii^ c'est-à-dire la famille de Médicis; les auditeurs, gli ascoUaiari; enfin les novices, inomzzi. Le 13 novembre, anniversaire de la naissance et de la mort de Platon, on solennîsait la fête de l'académie. Le chef véritahle/le président des trois classes réunies était Marsile-Ficin, fils da médecin de Gosme, qui avait été élevé avec sollicitude sous les yeux de ce prince, et destiné par loi à h charge d'interprète et de restaurateur de Platon. Ce scrupuleux et infatigable traducteur ne s'arrêta pas à Platon ^ il interrogea ses téméraires commentateurs d'Alexandrie, il expliqua ou traduisît à leur tour Plotio et Proclus, Porphyre et Jamblique. Il était encouragé et secondé par d'autres promoteurs non moins zélés de l'idéaHsme grec, tels que A. Polilien, Bernard et Gosme Rucellai, François et Jacques de Diacceto, Martelii, Phil. Valori, Ant« Calderino, Bened. Accolt. Aretin, Jean Cavolcanti, Mercati, Vetiori, Machiavel, L. Alamanni, Buondelmonti, et • ce jeune et infortuné prince de la Mirandole qui, ' après avoir curieusement approfondi toutes les croyances égyptiennes, hébraïques, chaldéennes, grecques, latines, arabes, cabbalistiques, voulait enfin parcourir le monde, seul, pieds nus, en prècliant la religion révélée, lorsqu'il .finit à trentedeux ans son admirable vie, épuisée peut-être par l'ambition de la science et de la gloire. »^ Grâce aux vastes et sérieuses études de ces hommes d'esprit et d'imagination, le spiritualisme fut rapidement propagé en Italie, et même trop souvent poussé jusqu'au mysticisme. Leur érudition était une érudition passionnée, comme l'est ordinairement celle des poètes, plus admirative que critique, pleme d'enthousiasme et non de circonspection. Tout ce qîii était ou semblait merveilleux venait.

* Voy. M. V. Lb Cle«c, BUt. abrégée du pltUonismê, p. 58 (en tète des Pênsétt de Platon, éd. 1I«).

ET PIECES JUSTIFICATIVES. m

comine de droil, surcharger ce platonisme posthume. Reucblin et Sirœhler, les rénovateurs de la kabbale en Allemagne, étaient disciples de Fiein et amis des philosophes de Florence.

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