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pliw d'y ypw un Hianifeste théologique, et Rome môme
A la fin de 1590 nous retrouvons Bruno à Francfort sur le M ein, ville ancienne et libre, ville de passage et de commerce, qui de tout temps avait pour ainsi dire servi de caravansérail aux étrangers -, ville de plaisir et d'indépendance où les Anglais, chassés par Marie Tudor , fondèrent la secte des Non-Conformistes. La tolérance, disaiton, était chose familière au sénat de Francfort; elle s'é* tendait' des luthériens et des calvinistes aux catholiques et aux juifs, et même aux trinitaires et aux sodniens. Jean-Casimir y convoqua des synodes^ hostiles à la Formule de Concorde, pendant que la diète germanique méditait, dans cette même cité, des mesures pour arrêter l'ivrognerie.'* Dans l'histoire des lettres, Fnmc-
^ En 156t , il est Trai , les luthériens prirent une grande influenoe et maltraitèrent les autres confessions ; mais à peine ftirent-ils en possession du gou- ▼emement, quib devinrent et restèrent tolérants (Voy. Bodin, de la Répub., p-iW),
* En 1577, Jean-Casimir convoqua à Francfort les représentants des églises réformées, pour prévenir les effets d*une réprobation dont ces églises étaient menacées par la Formule de Concorde.
* La dièle de 1577 ordonna aux princes de défendre sévèrement l*ivrognerie, aux prédicateurs de la condamner chaque dimanche, aux uns et aux autres de s^apptiquer surtout à doiyner le bon exemple. Si je rappelle ce trait, c*est parce que Bruno contient une multitude d'allusions à ce vice alors répandu en Allemagne. Bruno aime beaucoup la « bi5ac0 ÂUmagnaj la Gêrmmnia contempla" iina » (U. p. SU) ; mais il fut choqué de ce que la diète appelait « âoê «edermff$»iife Trinkm un^ Zufn'nAen, » du Mrs à VaiUmami* de Searroo. Les Allemands, en effet, ne croyaient plus au Walhalla, mais ils avaient encore un
fort a une importance particulière par ses typographies et ses librairies. Il éUiit ce que Leipzig devint plus tard, un entrepôt universel de l'esprit humain, sous la forme des livres. C'était de là que les catalogues des ouvrages imprimés en Europe se répandaient partout, comme autant de journaux littéraires et de recueils bibliographiques. Au centre de ce vaste mouvement habitait une de ces familles respectables et célèbres, qui, par le culte de Thonneur et des lumières, égalaient les grandes familles des parlements français, et qui méritent la reconnaissance de la postérité, nonseulement pour avoir mis en circulation des écrits imprimés avec autant de beauté que d'exactitude, mais pour avoir offert aux gens de lettres des foyers hospitaliers, et une protection plus bienfaisante que celle des rois et des papes.* Les Wéchels doivent être placés à côté des Aides, des Badins, des Frobens, des Plantins. Christian et André Wéchel étaient peu inférieurs à Robert et à Henri Estienne, leurs amis. André était intimement lié avec Languet, qui lui avait sauvé la vie le SÎ4 août, ainsi qu'avec Philippe Sidney, qui avait logé dans sa maison. Rien n'est donc plus simple que de
grand penchant pour la bière et le vin. Les théologiens de Tubingue refbsèrent les offres flatteuses de Jules, parce que, répondirent-ils, il leur répugnait de quitter le vin pour la bière, à vitM ad eer$visiam non patiebantur vocari. Le temps était passé où Pétrarque avait eu lieu de dire : « Les Allemands , pea favorisés de Cérès, ne connaissent ni Baccbus ni Minerve » ( Carm. , 1. ni , c. Si ) . Ses compatriotes avaient changé didée à ce sujet, et furent la plupart de Tavîs de Pallavicîni : « Tedetco imbriaco » (Stor, del cortct'I., III, c. XVIII, 19).
1 II y avait, du reste, outre les sympathies religtcuses et politiques, une relation qui rapprochait les littérateurs des typographes : les uns et les autres faisaient leurs délices de la correction des éprouves, et les savants y trouvaient souvent les moyens de subsister. On rencontre des noms bien illustres dans le catalogue des correcteurs et des prêtes du XVI« siècle.
voir Bruno descendre dans cette famille, et y mettre au jour trois ouvrages J
Le premier de ces écrits, qui appartient à la logique , fut dédié à un membre de cette famille de Hainzel, si chère aux érudks et aux astronomes d'Augsbourg et du XYI^ siècle ; ^ les deux suivants, méta|>hysiques ou cosmologiques, furent offerts au duc de Brunswick. L'auteur dessina et fit graver sous ses yeux les figures relatives à ces livres; il en corrigea les épreuves jusqu'à la dernière feuille exclusivement.' «Quand il en fui arrivé là, il partit brusquement : > ainsi s'exprimait Jean Wécfael, son bote et son éditeur, sans faire connaître la cause d'un départ si précipité, et en se cbargeant seulement de composer la dédicace à Henri-Jules.
Ici se présente une nouvelle lacune. Où se rendit Bruno en quittant Francfort? D'où adressa-t-il ses lettres à Wécbel? On a fait diverse^ suppositions. Les nioins heureuses sont celles de Brucker et de Mazzuchelli. L'un croit que le Nolain alla de Helmstaedt eu Angleterre; l'autre, qu'il retourna à Hebnstaedt. 11 nous semble qu'il prit directement le chemin d'Italie. Quelle ville ti*aversa-tril avant de s'annoncer à Padoue?
> I. Deimof/inum signorutn et idearum compoiitione, 1591. n. De iriplici minimo et mensurâ, 1591.
m. De monade numéro et figura, 1591.
^ Celui k qui Bruno s'adressa ^e nommait Jean-Henri, seigneur d*£lcau . Jean-Baptiste et Paul Uainzel, le premier l*un des seplemvirs d'Augsbourg , le second consul de cette ville et seigneur de Gegging, étaient amis de Tycho Brahé ( Voy Gassekdi, 1. 1, p. li).
* « Non ichemata solum ip$e sud manu scalpsit, sed etiam operarum se in eodem eorrectorem prœbuit. » — « Tandem cum ultimum duntaxat tupereuet operU folium. » — « Caeu repenlino à nobis avuleus. » — « Per Htteras rogax^U ut quod sihi per fortunam non Uceret^ noe pro êe suo nomine prœêtaremue n (Epist. Wechei. Ad ducem H. Jul.)
RenKmta-t-il le Rhin? Autant il esx prototxie qu'il ne revit plus Genève, autant il Test qu'H visita l'Académie de B&le, illustrée par Erasme et (Kcolatnpade, par Paraceise et son adversaire Eraste, Tasile d'Aconzio et de Ramus, de P. Pithon et de Castelvetro. Certaines drconstances^ nous f<Hit penser qu'il passa par Ztntcfa\ la seconde capitale de la Réforme helvétique, où Chari(^ magne fonda une école ravivée par Zwingle.^ La pairie des Hottînger, des Breitinger, des Hess, des Lavater, accneiUaît fraternellement les réfugiés d'Italie,' q«i la connaissaieiit mieux que la ville de Luther. CVsst au
> Un des rares et des plus fervante disciples de Bruno, Bapbael EgUn (GœU)* était de Zurich; en 1591, il y était revenu, ayant été cbâssé par les catbdH qlwfi d« canton de$ Grisons dont le gevveraement TaTait appelé I arganiscr quelques écoles. Dans Tautomne de 1594, il eut des entretiens prolongés avec le chef d^une des pins anciennes ftimilles des Grisons, Jeanne Salis, sur ce Jordano dont il admirait le talent avec affection. (Voy. Jhdie, à Fréd. dt S€(Hs). bans le Sommaire des terme» de métaphysique, édité en 1595 par BgUn et Imprimé à Zurich même par Jeab Wolf, on lit, à propos du terme ok, tibi, ces mots : « Gomiue je suis à Zurich, ou en Allemagne, ou dans ma demeure, qvomodù sum Tiguri, «él m Germaniâ, vel in dmno » (p. i6t). Polsquc réditeur se pique d*avoir conservé fidèleroBUt, ex manuscripto, les paroles 4e Tauteur, ses reliques métaphysiques, reliquias metaphysicas, on est autorisé, ce semtile, à admettre qne Bruno ne prenait Zurich potr exemple que parœ (|uMl s'y trouvait. Cette conjecture me parait tout aussi plausible que ceUe qui foftfèdder SextusBmpirîcns dansia caphaledel^ypte, parce que le célèbre pyrrhonien fait mention du gymnase d*Alexandrie, et distingue le dialecte alexandrin de sa propre manière de parler (1. II, lufv. Physie., s. 15. 95 ; adv, Grammat,, s. 913). Voy. M. V. Le Clehc, Biog. univ.,, s. v. Sextus Emp.
' « 11 fallut visiter cette ville (écrivait J. de Thou à la même époque. Jffem., p. ii9), de tout temps la première des cantons et féconde en hommes Illustres dans les sciences; c*est où Conrad Gesncr, Gaspard VolÛus et Joslas Sim- 1er ont pris naissance. » Des noms également honorables pouvaient être associés à ceux-ci. Le seul Henri BoUinger réveille as^ez de souvenirs respecUbles ; il occupa à Zurich la place que Bèze tenait à Genève. Voy. Goelenii psyehol.» p. 113 : « Pater noster communis, »
' Pierre Martyr, « decus scholœ Tigurensis, » s> réfugia comme tant d'autres Lucquois, comme Ocbino. La noble convertie de Valdez, Isabelle de Brengna, y vécut longtemps. Lélius Socin y mourut. Toute une comi&une Italienne, celle de Locarno, forcée de chercher asile à travers les neiges et les f^tes, s*y transplanU. Zwingle ayant écrit, non en allemand, mais en latin, et dans un
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milieu du bc de Zurich, dans Tile d'Ufhau, que dorinent les restes d'Ulrich de Hutten , digne enfant du siècle, et dont la devise caractérise l'àme tout entière : «r JeTai osé, Ich hab's gewagt. »^
« Hic eques âuratus jacet, oratorque disertus, • Huttenus, vates carminé et ensc poteii.^. n
laiio qui mécontenUit Mélanchthon {horridhu loqueni)^ était lu davantage dans le midi de TEurope.
* Tour à tour docteur en droit, soldat, poète, religieux, pamphlétaire, toujours en voyage, toujours en quête d'indépendance, à Cologne comme à Willemberg, à Paris-comme à Rome, tenant à la fois de l'orientaliste Reuchlin et des seigneurs de Sikingen et de BerlichiDgen , à la fois caressé de Charles- Quint et de François !•', Hutten fut à bon droit surnommé, le chevalier alle^
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