‹ Joseph-Alexandre LaboulbèneChapitre 14 sur 85 · S E IM I - A I- E X AM )U E E A H( ) IJ L IJ EN E · texte numérisé non relu

S E IM I - A I- E X AM )U E E A H( ) IJ L IJ EN E

ciii(‘, il eut pour maître Aveiizoar. Le disciple, reconnaissant et âpre détracteur des autres médecins, parle toujours d'Avenzoar avec vénération et môme avec enthousiasme. Après la mort de son père, Averroès fut revêtu de toutes les dig'iiités ; il fitàCordoue des cours publics de philosophie, de jurisprudence et de médecine ; mais libéral, et ayant attaqué jusqu’à la personne du khalife, il fut condamné à n’avoir de rapports qu’avec les Juifs. Accusé d’hérésie, ses biens furent confisqués. La fureur du peuple l’obligea de fuir. Il fut jugé; les uns voulaient pour lui la mort, les autres l’infamie. Averroès fut condamné à faire amende honorable à la porte de la mosquée de Fez, et les passants lui crachaient au visage. Puis le philosophe languit dans la misère à Cordoue. Enfin il fut rappelé au Maroc auprès d’Iakoub el Mansour, et de nouveau reçut les emplois ainsi que les honneurs qu’il avait perdus; il y mourut vers l’an 1198.

Doué d’un esprit subtil et d’un grand amour du travail, Averroès composa son principal ouvrage intitulé Koulliial ou CoUiget, renfermant un grand nombre de livres pour commenter le philosophe de Stagyre. Il a écrit aussi sur la médecine, mais il doit avoir peu pratiqué. « Un honnête homme, disait-il, peut se plaire à la théorie de cet art ; mais la pratique doit le faire trembler. Quelques lumières qu’il ait, il ignorera toujours le juste rapport qui se trouve entre le tempérament du malade, le degré de sa maladie et l’application du remède convenable. » D’après cela, messieurs, attendez-vous à trouver chez Averroès un système coordonné, beaucoup de théorie et peu d’observation. Cependant il a dit qu’on ne peut avoir deux fois la variole.

1 e dernier médecin arabe occidental que j’ai à vous faire connaître avec détails est Ebn el Beithàr ou le fils du vétérinaire (Dhya eddin Abou Mohammed Abdallah ben Ahmed, surnommé Ennabaty, le botaniste), qui naquit à Malaga vers la fin du xii'^ siècle. 11 entreprit de longs voyages et devint le plus grand botaniste de son temps. Les suffrages unanimes des académies d’Egypte l’appelèrent à la charge d’archiàtre. 11 passa })lus tard à la cour du roi de Damas, où il fut élevé à la dignité de vizir el comblé d’honneurs. Doué d’une prodigieuse mémoire, Ebn el lieithàr n’oubliait jamais les caractères distinctifs d’une plante ou d’un minéral f[u’il avait étudiés; il pouvait indiquer le [lassage de Calien ou de Dioscoride (jui en traitait. La mort le sur-

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prit à Damas eii 1248 ; il avait écrit en arabe plnsienrs ouvrages importants, et la plupart restés manuscrit, sur la botanique et la

Abi Ossaïbiali (p>i nous a conservé la biographie d’Ebn el Beitluir.

Vous connaissez maintenant les principaux médecins arabes, je vous en indiquerai encore quelques autres sur lesquels de simples renseignements bibliographiques ou le titre de travaux perdus nous sont arrivés.

Pour simplifier un sujet coznplexe et le fixer dans votre esprit, j’établirai plusieurs divisions principales. D’abord, à partir de la conquête arabe jusqu’au ix® siècle, puis du x' siècle jusqu’aux XIII® et XIV®. Nous ne trouvons pas de médecins vraiment importants sous les Ommiades orientaux envahisseurs ; ils n’avaient autour d’eux que des astrologues, des illuminés, des devins auxquels ils demandaient plutôt des miracles que des cures. Nous n’avons recueilli, par conséquent, aucun livre intéressant de cette première époque. Sous les Abbassides, la scène change; les khalifes, les grands, des particuliers même recherchent les savants, les admettent auprès d’eux ; ils ont des médecins à gages, ils établissent des ateliers de traduction. Plusieurs familles médicales sont devenues célèbres à la cour des khalifes; rappelez-vous les Bakhtichou, les Mésué, les Honein, en latin .lohannitius, auxquels j’ajoute Sérapion, Thifoury, Costa ben I,uca, Tsabet ben Corra. Les traductions abondent alors, les œuvres médicales anciennes apparaissent au jour et donnent lieu à des compilations. C’est le moment où arrivent Razès, Isac, Ali Abbas, Avicenne et les autres médecins du khalifat d’Orient. Cette période est marquée par des études grammaticales et théologiques plutôt que par des tendances philosophiques; elle compte un grand nombre de noms médicaux; mais, eu recherchant avec soin, on trouve peu de médecins de nationalité arabe. Ceux qui le sont réellement se montrent astrologues, curieux de la nature plutôt que médecins ; les autres sont de nationalité indienne, persane, juive, égyptienne. Les Persans et les Syriens chrétiens figurent au moins pour moitié dans le total. Le titre des ouvrages est Pandectes ou Collection médicale. Continent^ Recueil, Canon, Règle. Tous sont des sortes de Compendium tirés de divers auteurs cités ou non cités. Les premiers ouvrages traitent de l’hygiène surtout alimentaire, de la génération ; ils s’occupent des songes, de la

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saig'née, plus lard de la matière médicale et des poisons. 11 y a peu ou point de chirurgie.

Du IX® au XIV® siècle, principalement sous les khalifes orientaux, nous constatons moins de traductions serviles, plus d’indépendance, des œuvres philosophiques remarquables; c’est le moment d’Albucasis, d’Ebn Ouafed ou Eben Guefith, des Avenzoar ; c’est l’époque florissante des écoles de Gordoue, de Séville, de Murcie. La chirurgie apparaît surtout avec Albucasis.

Si nous examinons quelles sont les matières traitées par les médecins arabes, nous voyons que la pathologie générale est du fait d’Honein, de Razès, d’Avicenne, d’Isac ; la pathologie spéciale se trouve surtout dans Isac, Ali Abbas, Avicenne, Avenzoar. La thérapeutique a occupé Mésué le jeune, Sérapion le jeune, Eben Guefith, Avenzoar et tous les compilateurs. L’hygiène est principalement dans Eliminlhar, Isac, Maimonide. \ous savez que beaucoup de préceptes hygiéniques élémentaires se trouvent dans le Koran ; un médecin arabe, contemporain de Mahomet et qui avait longtemps séjourné en Perse, doit avoir sa part dans ce qu’on a appelé la médecine du Prophète. C’est Harets ben Caladah ; il faisait observerai! vu® siècle que ce qu’il y a de plus grave, c’est de manger quand on est rassasié. Il avait proscrit l’usage du bain après le repas, de se bien couvrir la nuit, de boire de l’eau de préférence et de n’user jamais du vin pur. Tsabet ben Gorra disait finement, au ix® siècle, que « ce qu’il y a de pire pour un vieillard, c’est un bon cuisinier et une jeune femme » . Voici une anectote sur Razès chargé de choisir l’endroit le plus sain de la ville de Bagdad afin d’y établir un vaste hôpital. 11 fit suspendre dans divers quartiers de la capitale des morceaux de viande et, après avoir suivi l’influence de l’air sur leur décomposition, il déclara comme le plus salubre l’endroit où les chairs s’étaient conservées le plus longtemps. Gette anecdote ne supporte pas la critique. Razès arriva à Bagdad et voulut être médecin après une visite à l’hôpital déjà existant; celui dont il s’agit ici n’a été construit qu’après sa mort.

L’anatomie et la physiologie n’ont pas fait de progrès avec les Arabes. Pour eux point de dissections, ni d’autopsies. Leur ostéologie est seule un peu avancée avec Avenzoar et Abd ellatif, Hibat Allah. Des branches nerveuses de la face et du cou, non indiquées par Galien, sont signalées par Pharès.

La chirurgie était nécessairement en retard, frappée de discré-

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dit. Hazès et Ali Abbas suivent Galien. Albucasis dit avoir vu commettre les fautes les plus graves uu chirurgien ouvrant un abcès du cou divise une artère et le malade meurt d’hémorragie ; un autre, pour opérer un calculeux, arrache une partie de la vessie; un autre encore serre si fortement un appareil à fracture que le membre tout entier se gangrène. Le médecin-chirurgien de Gordoue a plus qu’on ne l’a cru emprunté à ses devanciers, bien qu’il ne soit pas dépouvu d’originalité dans ses descriptions, dans la recherche des indications et les procédés qu’il emploie. Malgré tout, la chirurgie arabe n’a pas perfectionné les traditions chirurgicales grecques; elle a fortement abusé de la pyrotechnie, elle est restée inférieure à Paul d’Égine.

Le docteur Bertherand, qui aétudié les médecins arabes, a insisté sur leur science ou leur habileté en obstétrique, en oculistique, en médecine légale, en climatologie, en chimie, pharmacologie et botanique. Je a^ous signale en particulier sa communication récente au Congrès des sociétés savantes de la Sorbonne (voy. Revue scientifique, 31 mars, p. 44). C’est à Grenade que Mohamed ben Ali a créé le premier jardin botanique au xi® siècle. Ebn el Beithâr a été un botaniste très remarquable, ainsi queje vous l’ai déjà indiqué. L’opinion de E. Bertherand est trop favorable, à mon avis ; mais il est juste de reconnaître que la matière médicale doit de nombreuses acquisitions aux Arabes. Beaucoup de dénominations actuelles sont tirées de leur langue : alcool dealkohal ; julep de djousab, qui en persan signifie eau de rose ; sirop de schimb ; naphte de neft ; bézoard de badezorh, etc.

Nous voici arrivés en face d’une question ardue, mais résolue en grande partie par la science moderne. Quelles ont été les voies par lesquelles la science médicale a pénétré ou est venue chez les Arabes ?

11 est certain que dans l’empire maladif de Byzance, les violences politiques, ainsi que les persécutions, avaient éloigné les lettrés et les savants qui avaient émigré dans les contrées voisines. D’autre part, la guerre sainte de l’Islam, les invasions sanglantes de soldats fanatiques contribuaient à l’anéantissement des livres qu’il fallut retrouver ou remplacer avec beaucoup de peine dans la suite. En ce qui nous concerne, au temps de Mahomet, la littérature scientifique grecque était réfugiée en Perse où elle était protégée par Chosroes, et en Syrie. Djondisabour avait académie

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et liôpilcil, OÙ enseignaient des réfug’iés juifs ainsi (jue des Nestoriens et des Jacobitcs.

Des Iradnclions d’ouvrag-es grecs existaient en syriaque, en hébreu, en persan. On admet aujourd’liui, d’après les recherches les plus récentes, entre autres celles d’Ernest Renan, que ce sont principalement les Syriens qui ont traduit directement sur le texte grec, tandis que les autres peuples orientaux ont traduit généralement sur le syriaque; de la sorte, le texte grec a passé par le syriaque pour arriver à l’arabe. Ceci est absolument vrai pour beaucoup d’écrits, mais ne s’applique pas à tout l’ensemble des traductions. Je tiens du docteur Lucien Leclerc que le grand mouvement des traductions opéré àl’instigation des Arabes, et pour eux, par Honein, par son fds Ishaq, son neveu Hobeïch, par Costa ben Luca, par Tsabet ben Corra, grands par la qualité autant que par la quantité, a pu et a dû se faire directement. Ces traducteurs savaient le grec et l’arabe; c’eût été une grande inutilité de faire un détour en passant par le syriaque. Disons toutefois que, lorsque nous trouvons un ouvrage traduit directement du grec en arabe, la traduction est l’œuvre non d’un Arabe, mais plutôt d’un étranger.

Nous venons de voir que les traducteurs perses, syriens, juifs, chrétiens ont introduit la médecine grecque chez les Arabes ; jnais ceux-ci ont-ils reçu de l’Inde quelques notions médicales?

Le problème est à l’étude. Je puis Amus dire à ce sujet que V Ayurvéda de Suçruta n’est plus regardé comme une production d’un seul jet, mais comme un livre complexe formé de la fusion ou de l’amalgame d’œuATes diverses, à la manière des livres hippocratiques. On avait donné tout d’abord à l’Ayurvéda une très ancienne origine ; Hessler la reculait au x*’ siècle avant notre ère ! Plus tard, on est tombé presque d’accord pour admettre que l’Ayurvéda de Suçi uta était un corps de doctrine médicale ayant pénétré à Bagdad, au ix' siècle de notre ère, sous Almamon, à la faveur d’une traduction persane reproduite en arabe. Haas a entrepris de démontrer que cette dernière opinion était erronée et la question a été reprise par A. Müller. Voici les pièces du débat.

Je vous ai signalé avec soin dans la littérature arabe le livre curieux et de première importance, intitulé Sources d'informations concernant les classes des médecins, par Ebn abi Ossaïbiah. Le douzième chapitre traite des classes de médecins originaires de

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l’hule et renferme le passage suivant: « El Razi (Razès), dans son livre le Continent et dans plusieurs autres, a fait maints emprunts aux ouvrages d’un certain nombre d’indiens, par exemple au livre de Sirek l’Indien (nommé ailleurs Shauak) ; il en a fait aussi au livre de Susrud, etc. » Les deux noms de Sîrek etSusrud avaient été identifiés avec ceux de Saraka et de Suçruta. Cette identification a été rejetée par Haas et, pour lui, les Arabes n’ont eu, à cette époque, rien à connaître de la science médicale du bassin du Gange. A. Müller, étudiant de nouveau le douzième chapitre d Ossaïbiah et ayant sous les yeux un manuscrit du Ti'üité des poisons attribué a Sirek ou Shanak l’Indien, arrive à conclure que le livre de Shanak n’a pu être composé dans l’Inde, mais que l’auteur a utilisé au moins un des chapitres de l’Ayurvéda de Suçruta, enfin qu’il existe des concordances décisives entre les textes médicaux sanscrits et plusieurs passages du Continent de Razès.

En résumé, le livre de Suçruta, probablement dans une forme primitive, était, au vin® et sûrement au ix® siècle, aux mains des Arabes. Parmi les compilations auxquelles donnèrent naissance les livres indiens, plusieurs, rédigées en persan, furent traduites en arabe ; tel fut le livre de Susrud cité par Ossaïbiah. Ceux de vous qui voudraient de plus amples renseignements pourraient consulter avec fruit une savante étude de M. le docteur G. Liétard, qui a paru dans la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie du 20 avril dernier.

La science médicale antique apparaissant aux yeux des Arabes les frappa d’admiration ; ce fut un véritable éblouissement. Les contingents fournis par la Perse et par l’Inde ont peu d’importance : c’est la médecine grecque qui domina chez les Arabes d’une manière exclusive et durable. Leur initiation est un fait unique dans l’histoire médicale; elle fut soudaine et en très peu de temps complète dans toutes ses parties, provoquée par une foule d’hommes saisis d’enthousiasme, ayant à leurs gages des traducteurs qu’ils rémunéraient magnifiquement.

Je dois expressément vous rappeler que, dans tous les ouvrages arabes médicaux dont je vous ai donné une idée, dans les commentaires, dans les compilations, dans les livres d’une forme plus originale, c’est la médecine grecque qu’on trouve constammenl. N en exceptez pas la chirurgie d’Albucasis, regardée comme infi-

nimenl plus originale que sa médecine. Le professeur Charles Daremberg, qui a pris la peine de confronter ligne par ligne cette chirurgie avec celle de Paul d’Egine, a reconnu que presque tous les chapitres sont un remaniement du livre de Paul, traduit lui-même antérieurement en arabe. Les chapitres d’Albucasis sur la cautérisation sont empruntés à la chirurgie courante des médecins vulgaires ou toubibs. La botanique d’Ebn el Beithêr est aussi en grande partie extraite de la collection médicale d’Oribase, ainsique l’a constaté Lucien Leclerc. Avenzoar, dans son Teïssir, a travaillé avec des documents presque tous perdus ; il est l’écho des anciens médecins, il appelle leur témoignage constant sous la formule Dicunt meclicL En définitive, c’est par un abus de langage qu’on a pu dire : la médecine arabe, car c’est toujours la médecine grecque presque seule qui a été enseignée et pratiquée dans les khalifats d’Orient et d’Occident.

Il y a plus ; je suis persuadé qu’on pourra, dans l’avenir, combler des lacunes de la médecine grecque avec des documents arabes, car beaucoup d’écrits disparus pour nous ont été à la disposition des écrivains des khalifats. Quand les manuscrits des bibliothèques espagnoles seront mis au jour, ils seront fort utiles, non point pour la médecine arabe, qui, je le répète, n’existe pas réellement, mais pour la médecine grecque d’où ils proviennent.

Si l’esprit d’initiative faisait défaut chez les Arabes, il ne faudrait pas croire leur culture intellectuelle peu élevée ou négligée. Loin de là, une imagination ardente et une curiosité insatiable leur ont fait délaisser les proscriptions de Mahomet contre l’étude profane, et en raison de la pente naturelle vers la chose défendue. L’instruction nationale littéraire avait fait les progrès les plus rapides; il fut un moment où les Arabes furent passionnés pour toute espèce de professeur et pour toute espèce de leçon, leur envie de savoir et de connaître étant poussée de la sorte à l’extrême. Remarquez-le bien, messieurs, cet enthousiasme s’est peu à peu éteint, les étrangers traducteurs, les derniers médecins philosophes n’ont pas exercé une influence décisive. Le fatalisme devait opposer une barrière aux efforts vraiment scientifiques ; aussi, quand la source étrangère a été épuisée, les acquisitions nouvelles ont-elles été faibles ou milles. C’est que le peuple musulman, à toutes les époques, a préféré le rebouteur ou le magicien, comme le toubib de nos jours. La science médicale a été

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admirée par les grands et les lettrés, vulgaire.

elle a été dédaignée par le

L essor arabe a été merveilleux et rappellera toujours une mémorable époque. Les légendes, les contes des mille et une nuits plaisent et séduisent par leur charme oriental. L’histoire, avec sa calme impartialité, les réduit à leur valeur ; elle reconnaît qu’il n’y a pas eu de médecin arabe, comme elle a jugé dans Haroun al Raschid, souverain tour à tour brave, magnifique, libéral, bienfaiteur de ses peuples, l’homme perfide, capricieux, ingrat, ayant montré d’injustes défiances, des goûts bizarres, d’inexplicables caprices. Haroun personnifiait la domination arabe raffinée, despotique.

Les philiâtres arabes, comme ceux d’Alexandrie et de Rome, admettaient la médecine ; mais quand il arriva que le khalifat de Bagdad fut esclave sous une garde turque, quand le khalifat de Cordoue, démembré par les guerres, tomba pièce par pièce, la science médicale s’amoindrit. Il y a plus, elle redevint primitive et populaire; le brillant essor arabe avait pris fin sans retour.

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