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(‘tail cio \ iM'oiie, sans cloiinorde inolils siiffisaiils, cl ])arcc cjiie les liaOitaïUs de celle ville reveiuiicjuaienl J’honneiir de l’avoii’ [)oiir coin{)alriote. Külinollz, avec Koussens et Fabriciiis, ont regardé (Jelse comme Romain de naissanc'.e, mais en avouant qn’ils n’ont
aucun document authentique à cet égard. Il paraît probable qm; Celse a séjourné à Rome.
A quelle époque Celse a-t-il vécu? On a parlé des règnes d’Auguste, Tibère, Caligula; Rliodius, dans sa Yita Celsi, de Néron jusqu à Trajan, de l’an 08 jus(|u’à l’an 98 de notre ère. Cette opinion est insoutenable, Pline l’ancien, mort en 79, pendant l’éruption du Vésuve, a commencé son XXIX® livre en disant que personne n avait écrit en latin sur la médecine, et on pourrait conclure qu’à ce moment-là Celse n’avait rien produit. Mais, remarquez-lebien, Pline a cité à plusieurs reprises l’ouvrage de Celse,
en se contredisant lui-même, à moins que Pline ne regardât point Celse comme médecin, ce qui est encore plus probable.
Bianconi fait Celse contemporain de Tibère; il s’appuie sur le témoignage de Columelle qui appelle Celse « un homme de son temps, nostrorum temporum vir », mais Columelle dit de luimème qu’il était vieux en composant son ouvrage. Il est certain {)our moi que Celse a écrit pendant la première moitié du siècle d’Auguste; son style est regardé comme étant de cette époque par tous les littérateurs. Celse parle de Thémison comme d un auteur qui l’a précédé depuis peu, nuper; enfin il ne dit rien d Antonius Musa, médecin d’Auguste, qui avait, dit-on, sauvé 1 empereur, et quiétait quelque peu chef d’école. Ce dernier avait traité par l’eau froide une maladie de foie du souverain ; or, Celse dit expressément que, pour les maladies du foie, rien n’est mauvais comme les remèdes froids, et il conseille les remèdes chauds. Certainement Celse se fût expliqué d’une autre façon s’il avait écrit après la maladie d’Auguste qui eut lieu l’an 22 avant Jésus- Christ ou 7.31 depuis la fondation de Rome.
Il faut que je vous fasse distinguer Cornélius Celsus des autres auteurs avec lesquels il a été confondu.
Pour soutenir son opinion, Bianconi, De Celsi (diale, attribue l’ouvrage à un Celsus, allant aux armées d’Orienl avec le futur tyran; il était l’ami d’Ilorace, qui nous en a fait connaître le vrai nom. Il s’a[)pelait Celsus Albinovanus. Les raisons données par Bianconi ne sont donc pas acceptables.
Noire Celsus n’est pas le philosophe épicurien de ce nom, tpii
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fut cclèl)re sous Marc-Aiirèle ; ni le jurisconsulte hiventius Celsus, conclaniiié à mort sous Domiticii ; ni un Celsus, pareillcinenl jurisconsulte, qui vécut sous Trajan.
Aulus Cornélius Celsus est absolument distinct d’Apulcius Celsus. Apuleius, plus jeune, était Sicilien et avait composé un antidote contre la rage. Il avait été à la fois le maître de Scribonius Largus, médecin de Claude, ainsi que de Veelus Valens, un des favoris de Messaline et mis à mort en jnême temps qu’elle. Je vous ferai connaître une curieuse inscription relative à Marcus Livius Celsus, qui reçut le titre d’arcbiâtre et qui était secrétaire d’une école de médecine, tabularius scholæ medicinæ. Marcus Livius Celsus est postérieur aux deux Celsus médicaux qui viennent de nous occuper : Juins Cornélius et Apuleius.
Nous arrivons maintenant à rechercher l’ensemble des ouvrages de Celse et à décider s’il était médecin.
Cette dernière question doit vous surprendre; elle a soulevé des controverses, elle est de plus en plus résolue négativement — vous entendez bien, négativement — par des autorités considérables dont je partage l’avis.
Vous savez déjà que Celse a écrit sur un grand nombre de sujets. Quelle idée peut-on se faire de l’œuvre dans son ensemble? Nous pouvons la comparer à une sorte d’encyclopédie, à un résumé des connaissances humaines. Le titre de la collection devait être : Artes; Libri artium ou De artibus. Après le traité De re nisüca en cinq livres, venait le Traité De re meclica, en huit livres. Un traité sur la rhétorique, probablement en sept livres, devait suivre, et d’autres leur succédaient, mais dans un ordre que nous ignorons.
Nous n’en saA^ons pas le nombre exact; il y en avait un sur le droit, un autre sur la philosophie, un sur l’art militaire. Tous ces traités étaient du même auteur et non de divers Celsus. Nous en avons la certitude par Columelle, Ouintilien, Végèce, qui tous s’accordent à citer comme auteur unicjue : Cornélius Celsus.
Columelle nous apprend que le Traité d’agriculture de Celse, De re rus Lieu, était des plus remarquables.
Columelle appelle Celse : Celeberrimus auclor; il le cite presque constamment, il le place au-dessus de Caton, Varron, Magon. S’il le réfute, c’est avec déférence : « Je ne puis assez m’étonuer (jue cette (u'i'eur ait été commise [)ar Cornélius Celsus, cet bonum; (pu connaissait non seulement l’agronomie, mais en-
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core toute la nature. » Au sujet des abeilles, il dit textuellement: « Il est impossible de surpasser la science d’Hjg'inus, les ornements de \ irg'ile et l’élégance de Celse. » La première {)hrase du premier livre De re inedica nous prouve que ce traité suit l’agriculture, et Columelle est formel sur les cinq livres composant De re rus tien. Nous en avons la confirmation par l’ancien manuscrit du \ atican dont je vous ai parlé à propos du prénom de t’.else; il porte sur le titre : Juli Cornelii Ceisi liber sextus, idem- (pie medicinæ primus.
Enfin, un manuscrit de Padoue, qui ne comprend que le livre IV, se termine par ces mots : Artium Cornelii Ceisi liber nonus, idem medicinæ liber quartus ; il devient inutile d’insister, la certitude est complète.
Ouintilien n’a pas rendu justice à‘ Celse, il ne flattait que Domitien. Après avoir cité Caton, Varron, Cicéron, il dit de Cornélius Celsus : « homme d’un génie médiocre, mediocri vir ingenio, qui a écrit sur tous les arts et principalement sur l’art militaire, l’agriculture et la médecine. » La qualification est méchante, pour ne pas dire plus, s’adressant à un homme auquel on reconnaît un savoir universel. Ouintilien juge Celse de la sorte, parce qu’il n’en partage pas les idées sur la rhétorique; quand il le cite, c’est pour le contredire avec aigreur. Si on a pu dire medicorum invidia pessima, on aurait pu ajouter scriptorumque. Je relève une erreur chronologique : le traité de Celse sur la rhétorique devait être postérieur à l’an 29, où parurent les Géorgiques, puisque Ouintilien reproche à Celse d’avoir critiqué le vers 337 de ce poème virgilien.
En parlant de ceux qui ont écrit en latin sur la philosophie, le même Ouintilien nomme en première ligne Cicéron, puis Brutus, et, en troisième ligne, Celse, dont les nombreux écrits philosophiques ne manquent ni d’élégance ni d’éclat, non sine cultu et ni tore. Ces écrits, nous devons l’admettre, étaient remarquables,
\ égèce, auteur d’une grande autorité, spécial, et qui écrivait au IV® siècle de notre ère, donne les plus grands éloges au J’raité deCel se sur l’art militaire. De ve7mUlari. Il le cite fréquemment, et même, dans le titre de son ouvrage, il le met au premier rang avec Caton, Trajan et Adrien, ce qui est un grand honneur; car vous savez quelle importance les Romains attachaient aux choses de la guerre.
fous les écrits, tous les traités de Cornélius Celsus ont attiré
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raltcnlioii . Oii dire ({iicKelse a excellé, [)Our le fonds coinine pour la forme, sur l’a^rlcidtiire, l’ail mililaire, la rliélorique, la pliilosophie. Son traite de médecine est un clief-d’œuvre, et, comme c’est le seul qui noussoit [larvenu, on se fait dilficilement à l’idée que l’auteur ne lut pas un médecin et un médecin éminent. Examinons de jirès le pour et le contre.
C’est par une subtilité de commentateur ipie Cueuzius, suivi par Sanchez Ilibeiro et Capperonnier, avoulu réfuter le jugement ti'op sévère de Ouintilien sur Celse en défigurant le texte que je vous ai fait connaître. Au lieu de mediocri vir ingenio, on a substitué C. Celsus med. (medicus) acri vir ingenio, pour prouver en même temps que Celse était médecin. Je ne m’y arrête pas plus longtemps.
On a invoqué les passages suivants pour établir que Celse était praticien. Au sujet des ulcères de la gorge (livre IV, cliap. ix, p. 227, édit. Védrènes) on lit : Asclépiade, auteur estimé de beaucoup de conseils, que nous avons nous-même suivis, recommande de boire du vinaigre très concentré... Ce liquide jieut, il est vrai, arrêter une hémorragie, mais non guérir les ulcères. Dans le traitement du flux du ventre (livre IX, chap. xxvi, p. 253) il discute avec Asclépiade : Contrairement à l’opinion de ses devanciers, Asclépiade soutenait que la boisson devait être constamment froide, et même aussi froide que possible. Pour moi (ego. ..existimo) j’estime que chacun doits’en rapporter à sapropre expérience, pour régler s'il convient de boire chaud ou froid. Vous voyez qu’il n’y a pas ici la prescription formelle d’un maître convaincu. En parlant de l'ictère (livre III, chap. x.xiv, p. 201- 202), Celse dit : Quelques médecins négligent les premiers moyens et prétendent obtenir la guérison avec les diurétiques et les aliments atténuants. Pour ma part (ego ubique)... si les forces sont suffisantes, je préfère les remèdes énergiques, si elles sont faibles, ceux qui sont peu actifs. Ceci prouve le bon sens de Celse, conseillant les moyens forts ou faibles, suivant l’état des forces. En indiquant le temps où il faut donner à manger aux fébricitants (livre 111, ch. v, p. 150-151), Celse s’exprime ainsi : Onelques-uns, ayant égard à la rémission (jue les malades éprouvent d’ordinaire le malin, pensent ipie c’est alors qu’il faut donner les aliments... D’antres donnent lesoir la noui-riture à leurs malades. Pour toutes ces raisons, je diffère jusqu’à minuit, of) luec admediam noctem decLirro. Cette citation, dont le texte a été fort discuté, faisait
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(lire à des Elang^s que (-eise est pris ici en (lagrant délit, de pratique médicale. Acceplotis le passage, atlmctlons même quedelse ait vu et même soig^né des Fél)ricitants ; mais de ceci aller jusqu’à certifier (pie Celse a été médecin de profession, il y a bien loin.- Je crois seulement, pour ma part, que notre auteur avait essayé de traiter les fièvres intermittentes, si communes de tout temps dans la campagne de Rome.
(ielse était opérateur ou chirurgien de profession? Rien ne le prouve. S’il donne nue opinion sur l’ankyloblépharon (livre \dl, cliap. vrr, § (i, p. 4ü4), c’est d’après IMégès, le plus savant des médecins opérateurs de Rome.
Ouand il parle d’un résultat exceptionnel de la section pour la langue bridée par le fdet (livre YII, chap. xii, p. 505), il me paraît certain que la personne qu’il a connue n’avait pas été opérée par lui. Dans les chapitres sur la luxation du fémur (livre VIII, chap. XX, p. 016 et suiv.) et sur les affections de l’ombilic (livre VII, chap. XIV, p. 507 et suiv.) Celse rapporte la pratique des autres, non pas la sienne, et il se montre embarrassé pour conclure. Il avait dû assister à des opérations ou en contrôler les suites, cela n’est pas douteux. Vous savez, du reste, que la sensibilité des Romains, habitués aux combats des gladiateurs et aux supplices des esclaves, n’était pas forte. Je ne crois pas que Celse ait opéré d’une manière habituelle et hors le cas d’une nécessité pressante.
A ces passages cherchés avec soin et interprétés avec passion il serait facile d’en opposer beaucoup d’autres où Celse montre son inexpérience médico-chirurgicale.
Je vous ai prouvé que les œuvres de Celse formaient une encyclopédie latine, dont la partie médicale apparaissait à l’époque où les principaux médecins de Rome étaient de nationalité grecque ou avaient étudié dans des auteurs grecs. La langue latine n’était pas employée par eux ; Celse l’a acceptée, les mots lui manfpiaient pour désigner les maladies, il a eu recours aux périphrases. Quand la difficulté devenait trop grande, il se servait du terme grec, ou bien il employait la locution : Ouod Græci vocant. Il note : Medici ajipellant, dicunt. J’ajoute qu’en agissant ainsi l’auteur latin ne devait pas avoir en vue les médecins qui étaient Grecs et qui s’exprimaient en grec, mais, en définitive, les philiàtres, les gens du monde qui tenaient à posséder des notions médicales, à s’instruire en médecine et qui se servaient de [iréférence du latin, leur langue maternelle.
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