‹ Joseph-Alexandre LaboulbèneChapitre 18 sur 85 · CELSE ET SON (EU VUE · texte numérisé non relu

CELSE ET SON (EU VUE

Je tiens à vous donner (}uel([nes éclaircissements sur le texte cl à vous signaler quel(]nes points saillants.

L’entorse, désignée sous le terme luxata, luxatio, n’est pas la luxation vraie dans lacjuelle les os sont déplacés, ossa excednnl. L antifpie traitement de l’entorse par les scarifications delà peau et les résolutifs, la laiue grasse imbibée de vinaigre et d’imile est bien loin du massage, et surtout de la bande élasticpie soigneusement appliquée autour de l’articulation.

Plusieurs opérations décrites dans Celse conservent un intérêt historique, bien qu’elles soient abandonnées.

Les Juifs, soumis à Rome à des impositions considérables {fiseus judaicus) et assujettis à des inspections répugnantes, demandaient aux chirurgiens de leur rétablir le prépuce. On attirait pour cela au-devant du gland la peau extensible du fourreau, elle était fixée dans cette position sur une sonde par un lien et 1 on faisait à la racine de la verge une incision circulaire, comprenant la peau seulement. Le lien n’était retiré qu’ après la cicatrisation de la plaie, quand la peau déplacée avait contracté des adhérences dans sa position nouvelle. Il y avait là une autoplastie par glissement.

\ous remarquerez la petite opération restaurant les perforations auriculaires. Les trous du lobule étaient un signe d’esclavage ou de basse extraction chez les hommes. — L’infibulation des jeunes gens se faisait en passant à travers le prépuce une boucle ou une sorte de cadenas. — Ozi avait essayé, pour guérir l’ozène, de fendre le nez, d’ouvrir largement la fosse nasale, de cautériser au fer rouge, puis de recoudre la narine. — La lippitude, blépharite chronique, avait un traitement barbare, fondé sur l’idée théorique d’une chassie pituiteuse, arrivant aux yeux

par les veines des téguments de la tête. Pour couper le passage à la pituite, on pratiquait sur le cuir chevelu neuf incisions, remplies de charpie, et on les for(;ait à suppurer. Les plus hardis incisaient jusqu’à l’os, puis en cautérisaient la surface avec le fer rouge pour produire une légère esquille. Les modérés brûlaient les veines des tempes et du sommet de la tête.

Certaines méthodes opératoires connues à l’épofjue de Celse ont été longtemps oubliées. Telle est l’extraction du calcul arrêté dans l’urèthre, obtenue par la ligature du préjnice audevant du gland et l’incision de la pean ainsi que de l’urèthre

.1 os K IM I- A L RX A N t ) K E L A HO U LH E N E

déplacés. Il suffisait de délier le prépuce pour que la peau en se retirant recouvrit la plaie. II y avait là une application de la méthode sous-cutanée. — L’autoplastie par glissement était pratiquée sur la face pour le nez, les lèvres et même les oreilles, comme je l’ai dit. « On ne crée point là de la chair, mais on en attire (lu voisinage.» (Liv. VII, chap. ix, p. 408, édit. Védrènes.) C’est la méthode autoplastique réinventée, il y a un siècle, perfectionnée par les chirurgiens français et qui porte le nom de méthode française. — Ou connaissait du teinp.s de Celse la ligature en masse pour les tumeurs hémorroïdales, l’exomphale, le slaphylôme, de même la ligature des vaisseaux, surtout des vaisseaux, surtout des veines. (Liv, V, chap. xxvi, ^21, p. 336.) Celse dit expressément dans l’opération de la castration : « ... Lier du côté de l’aine les veines et les artères et en faire la section audessous de la ligature. » (Liv. VII, chap. xxii, fin, p. 329.) Vous voyez que la ligature était connue des anciens, avant les Arabes et avant f[ue notre Ambroise Paré l’eût remise en honneur, — La gouttière, canalis, était employée dans les maladies articulaires et les fractures compliquées; elle embrassait la plante du pied, elle remontait jusqu’au jarret, jusqu’à la hanche et même audessus. (Liv. Vlli, chap. X, § 3, p. 398-399.)

Le chapitre sur l’opération de la taille [)our la pierre dans la vessie doit être médité. Jemets sous vos yeux une figure de l’instrument de Mégès. La lithotomie avec fragmentation du calcul d’après Ammon, AGsx-ôjuioç, est indiquée nettement. (Liv. ^1I, chap. XXVI, I 2, p. 334-339 et fig. 1. Voyez aussi, eodem loco, p. 340.)

La trépanation était souvent pratiquée au temps de Celse et l’instrument qu’il décrit diffère peu du nôtre, étant muni du perforatif mobile qui trace une voie sûre à la scie arrondie. 11 était mis en mouvement par un jeu d’archet avec une courroie enroulée sur sa tige. La tarière était d’un usage beaucoup plus répandu que le trépan. Les anciens connaissaient parfaitement l’usage de la rugine, de la gouge et du maillet pour le traitement des maladies des os.

Vous voyez, messieurs, ipiel intérêt présentent les deux derniers livres du Traité médical de Celse et vous êtes surpris de la perfection à laquelle la médecine opératoire était alors parvenue.

CELSE ET SON ŒUVRE

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faire à l’époque de Celse avec autani, d’habileté que de sou toiups et (pi’ou douuaitpour uouvelles (piaiitité de choses qui sont dans l’ouvraîçe dont je viens de vous donner un aperçu, .le vous dirai quehpies mots tle l’arsenal chirurg'ical des Romains après vous avoir parlé des éditions diverses du traité De re medica.

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