‹ Joseph-Alexandre LaboulbèneChapitre 25 sur 85 · II.VRVF.Y FT LA CIRCULATION OU SANC · texte numérisé non relu

II.VRVF.Y FT LA CIRCULATION OU SANC

(lois vous si^-naler tuicore, comme une œuvre originale, les travaux (le Béclard sur le mécanisme de rabsorptiou et les phénomènes de l’endosmose; sur les fonctions de la rate et de la veine porte; sur la contraction musculaire dans ses rapports avec la température animale. C’est dans ces dernières recherches que rexpérimentateur a établi que la chaleur musculaire est complémentaire du travail mécanique utile produit par la contraction ; il prouve, eu d’autres termes, la transformation des forces.

Je puis vous dire un détail peu connu de la vie de Béclard. Des amis puissants, désireux de lui voir employer de suite, au profit de la science, ses qualités de professeur et d’administrateur, avaient voulu l’envoyer à Montpellier, lui faisant même entrevoir le décanat. Béclard n’accepta pas, préférant rester sur la brèche à Paris. Il n’eut pas à se repentir de sa résolution, puis{[u’en 1872 il devint professeur de physiologie après Longet et notre doyen, en 1881, après Vulpian.

L’Académie de médecine avait ouvert ses portes à Jules Béclard dès 1862, quelques mois après avoir admis Claude Bernard. Un an plus tard, Béclard était élu secrétaire annuel, et, dix ans après, il succédait à Dubois, d’Amiens, comme secrétaire perpétuel. Dans ce poste élevé, Béclard s’est montré gardien vigilant des traditions académiques et souvent arbitre des opinions controversées. Il excellait à mettre en relief, dans les éloges qu’il prononçait pendant les séances solennelles, la carrière et les travaux des membres illustres de la compagnie, de Gerdy, Velpeau, Trousseau, Nélaton, Andral, et le dernier éloge, le plus remarquable, fut celui de Claude Bernard, sou premier compétiteur.

Jules Béclard possédait l’art d’écrire et de parler; sa voix était forte, bien timbrée; son élocution facile, colorée, énergique au besoin; sa diction parfaite, indiquant et faisant valoir toutes les nuances de son discours.

A la faculté, Béclard avait la modération, l’affabilité, la justice.

Si d’autres doyens ont pu être aussi aimés, nul ne l’a été davantage; il était avant tout homme de bien.

Béclard a succombé dans l’e.xercice de ses fonctions ; nul doyen, depuis soixante-dix-sept ans, depuis Ihouret, n était mort à la Faculté. Nous avons fait à notre chef des funérailles , dignes de lui; le ministre de l’instruction publiipu*, M. Marcelin

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liortholol, toutes les autorités scientiliques, tout le corps médical de Paris, tous nos chers -élèves sont venus accompagner sa dépouille. Jules Béclard repose auprès de son père dans notre t'-rande nécropole, où deux images de bronze rappellent les traits des deux Béclard. Et, si un jour les fds du doyen et du secrétaire perpétuel viennent se présenter à la Faculté, ils trouveront ici une g-rande sympathie et un souvenir toujours présent.

Messieurs, vous avez pu aous convaincre que la découverte de la circulation du sang’ est une des parties les plus instructiA'cs de l’histoire de la médecine. Je vous ai montré les idées à priori opposant pendant de longs siècles une barrière à la vérité. Vous avez apprécié comment et avec quels efforts cette vérité arrive enfin a se manifester. Le raisonnement seul, dans les sciences d’observation, enfante trop souvent l’erreur et d’autres raisonnements qui suivent a 1 appui, lui donnent la force et l’audace j 1 expérimentation répétée, bien conduite, dévoile et renA''erse l’erreur. Un dernier exemple : nous avons vu de nos jours la théorie de Beau sur les mouvements et les bruits du cœur faire des adeptes; Valleix, Béhier, plusieurs autres admettaient un premier bruit dû au choc du sang lancé par les oreillettes dans les ventricules, se produisant pendant leur dilatation, et un deuxième bruit cardiaque dû au sang affluant brusquement des Aœines sur les parois des oreillettes! Les jeunes hésitaient en présence de Beau, argumentateur habile et convaincu; les protestations si légitimes de Bouillaud ne parvenaient pas à con- A^aincre. Les expériences remarquables de MM. Marey et Chauveau ont été faites, proinant la succession des mouAœments du cœur, 1 enregistrant par des tracés irrécusables, fixant le siège et l’étendue des bruits. Dès lors, la théorie de Beau s’est effondrée; personne ne l’a invoquée, plus tard, dans les mémoires et thèses qu’au titre de souvenir historique.

Je AOUS ai dit l’année dernière les ressources de nos écoles anatomiques, je tiens à vous faire remarquer, en terminant, l’état prospère de nos écoles physiologiques, bien pourvues, s’abstenant de stériles raisonnements, cherchant par tous les moyens d’expérimentation les faits vrais et d’application utile. Que ce soit dans notre Faculté avec M. Charles Bichet, à la Sorbonne avec

IIAUVEY ET L.V ClUCdLATION DU SANG

M. Daslre, au Collège de France avec M. Brown-Séquard, au .Muséum avec .MM. Roug-et et Chauveau, et avec d’autres encore de Paris et de la province, partout la physiologie avance d’un pas assuré. Les découvertes qui se succéderont dans un avenirplein de promesses caractérisent le progrès, comparable, suivant une e.xpressiou de Jules Béclard, à une chaîne dont les premier s anneaux sont enli'e nos mains et dont les derniers se déi’ohent encore à nos regai'ds.

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