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inédeciiie (jiii aurait correspondu avec les médecins de tous les hôpitaux du royaume, mais il était mort sans en avoir vu la réalisation. La réuiuon de tons les chirurj^iens de France, concourant au pro‘>rès, était un fait accompli, l^es chirurgiens de la cour avaient relevé l’art et aussi les praticiens illettrés exerçant uiu; sorte de métier manuel et mécani(pie. Les médecins lettrés ne possédaient pas d’Académie; il avait été hardi d’en créer une en luttant contre la Faculté. Tous les chirurgiens, sans exception, étaient conviés à un travail rénovateur; l’Académie siégeant à Paris concentrait les observations de délégués appartenant à toutes les provinces et surveillant les corpoi'ations locales, facili-, tant, provo([uant au besoin les communications. L’Académie accueillait tout, examinait tout, choisissait les documents et avec eux élaborait des mémoires qui composent une sorte d’encyclopédie chirurgicale. Suivant la juste expression de M. le professeur Verneuil, l’Académie de chirurgie a été la première réunion homogène, composée d’égaux poursuivant le même but et associant leur activité, leurs aptitudes et jusqu’à leurs qualités conti’aires, pour atteindre la plus haute expression du travail collectif.
L’Académie avait compris son devoir d’une manière supérieure ; elle proposa des prix, provoquant une série de travaux individuels, mettant en lumière des inconnus. Finalement, la chirurgie était émancipée par une institution sans pareille; les méprisés furent relevés, les démonstrateurs de chirurgie, les membres de l’Académie luttèrent avec succès contre l’enseignement médical officiel, les « seigneurs et maîtres des chirurgiens » eurent à se réformer sur le modèle de leurs affranchis.
Passons eti revue les secrétaires de l’Académie de chirurgie. -Morand (Sauveur-François), né à Paris le 2 avril IfiüT, était de la fondation, .\ctif, très répandu, ayant encore plus d’habileté ([ue de inérit(î, il céda la place à Ouesnay, puis, lors de la réorganisation de l’Académie en 1731, il fut en titre le premier secrétaire [x'rpétuel. Servi par les circonstances, Morand avait obtenu de hautes charges ; La Martinière et Pibrac le firent démissionner en faveur de fnjuis.
François Ouesnay (1(!!)4-1774) était du petit village de Mérey, près de Moutfort-l’Amaury ; travailleur infatigable, maître en chirurgie eu 1718, il s’était fixé à Mantes. La Peyronie le remarqua et le, fit venir à Paris, La ()réface du premier volume des Mémoires
.fOSKIMI-ALKXANDJU'; LAHOULUKNE
de l’Àcadéinie esl de Oiiesiiay, iioii seulement cliirur^deu éminent, mais économiste politique remarquable.
J’arrive à Louis, qu’il ne vous faut pas confondre avec Jean- Louis Petit (1074-1730), né à Paris et l’un des plus grands cliirurg-iens du xvm« siècle. Passionné dès l’enfance pour l’anatomie, Jean-Louis Petit devient prosecteur de Littré ; il suit les armées, puis fait des cours et arrive à une pratique étendue; il se disting-ue entre tous par l’importance et le succès de ses travaux. Il n’eut qu’un seul fils, mort à vingt-huit ans. Le grand ouvrage de Jean-Louis Petit est posthume, publié en 1774.
Antoine Louis, né à Metz le 13 février 1723, suivit la carrière de son père, chirurgien renommé. Son éducation avait été fort soignée ; à vingt et un ans, ayant servi dans l’armée, il avait, par son mente, attire 1 attention de La Peyronie. L'ne place de chirurgien étant vacante à la Salpetriere, Louis, grâce au concours, dont je suis le partisan convaincu et déclaré, l’emporta sur des rivaux plus âgés que lui. Aspirant à devenir membre de la Société académique de chirurgie, il présenta successivement deux mémoires ; l’un n’obtint que le deuxième accessit, mais l’autre fut couronné l’année suivante à l’unanimité des suffrages. L’ardeur déployée par Louis dans la polémique dévoilait son habileté de plume; il défendait la chirurgie contre les écrits des médecins qui la voulaient régenter ; de même, parmi les mémoires qui précédèrent son agrégation au Collège de chirurgie, se trouve la finesse jointe à la solidité du jugement.
Maître ès arts et associé de l’Académie depuis 1746, Louis voulut, à l’expiration de ses six années d’internat à la Salpêtrière, soutenir publiquement une thèse sur les plaies de tête. La soutenance eut lieu sous la présidence de Morand aux écoles de chiruigie; le doyen avec deux docteurs de la Faculté de médecine usèrent de leur droit et argumentèrent le candidat. Celte cérémonie, tombée en désuétude, eut beaucoup de retentissement; elle fut remarquable avec des juges de mérite et un candidat hors ligne. La thèse de Louis du 23 septembre 1749 est « à image », comme d autres que vous voyez encadrées dans les salles d e.xamens. Lisez à ce sujet les curieuses recherches de M. Turner, parues dans la Gazette liebdoni. de 1879 (n”= 43, 46 et 48).
La Martinière remplaça [lour Louis son premier protecteur La 1 eyionie ; bientôt Louis fut nommé professeur de physiologie au
l’aNCIENNK école de CIIIUUUGIE
Collège des cliirurgicns et commissaire de l’Acadéiriie {)Our les extraits, en d’autres termes secrétaire adjoint. Absolument digne de ces choix, il professa pendant plus de quarante ans, maniant non moins bien la parole f{iie la plume. Passant par l’hopilal de la Charité, avant d’aller à l’armée du Rhin, gravement malade à Cassel, il se rendit à Montpellier pour s’y rétablir. Son retour à Paris donna lieu à une très heureuse mesure ; il fut choisi comme secrétaire perpétuel de l’Académie à la place de Morand; depuis quelques années, il l’était de fait; il en eut le titre et la charge.
Antoine Louis met un dévouement inépuisable au service de la Compagnie; malgré l’envie, la jalousie, il surmonte les obstacles qui se dressent ; il tient tète aux orages que les passions suscitent. Il organise, il donne la meilleure direction pour les travaux et les discussions. Ailleurs, il assemble les faits isolés, les coordonne, les rattache à de grands principes et les présente sous une forme saisissante propre à les graver dans le souvenir. Outre ses fonctions de secrétaire, il a été l’un des plus féconds et des plus laborieux collaborateurs ; il coopéra aux 2''- et 3® volumes et surtout aux 4® et 5® volumes des Mémoires. Louis avait énormément lu et médité, la chirurgie s’était accrue et développée en quelque sorte sous ses yeux ; il a pu mieux qu’uu autre résumer la science de son époque. Mais cette intelligence fine et nerveuse sentait vivement la critique ; La Martinière le soutenait, lui conseillait le mépris dès injures et le faisait même renoncer à des projets de retraite. Après avoir publié le 5® volume des Mémoires, A. Louis resta dix-huit ans sans qu’il eu donnât la suite si attendue. Il mourut le 2Ü mai 1792, et il fut enterré, comme il l’avait demandé, au milieu des pauvres, dans le cimetière de la Salpêtrière.
Outre les travaux de chirurgie, Louis a traduit les Aphorismes chirurgicaux de Boerhaave et fait paraître une édition des Maladies vénériennes d’Astruc et aussi du Traité des maladies des os de Jean-Louis Petit. On lui doit une série de mémoires de valeur sur la médecine légale, car, docteur en droit, il étudia et éclaira bon nombre de questions difficiles pour lesquelles les tiibunaux demandaient le concours de son esprit juste et autorisé.
On doit regretter que Louis n’ait pas publié quelques volumes avec les matériaux dont il disposait et qui restent enfouis dans l’insuffisant local de notre Académie de médecine. Nous devons à Dubois d’Amiens de connaître les Éloges que Louis j)ronon(yait
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dans les séances solennelles de rAcadcinie de cliirnryie ; ilsconslituent un des beaux titres de gloire de leur auteur. Ces Éloges sont de véritables notices biographiques où la correction du style, I élévation de la pensée, l’amour de la vérité dominent; ou y retrouve rex[)ert légiste en même temps que l’écrivain élégant; aussi Louis est-il |)lut(jt lustoi'ien rjue panégyr iste. Est-ce par crainte des morsures de la critique, est-ce par faiblesse ou par dégoût? Louis na pas voulu faire paraître lui-même, et de son vivant, ces éloges qui demeurent un précieux document historique du XVIII® siècle.
Vous trouverez à la bibliothèque de l’Académie de médecine, I lie des Saints-Pères, le buste d’Antoine Louis par un maître de la sculpture, par Houdon. Il est représenté eu costume de chirurgien de robe longue, avec large ceinture et rabat; le front est découvert, la face pleine, animée d’un sourire doux, mais ironique, avec des yeux petits, fins et pénétrants. Ce beau marbre donne une impression multiple; ou sent l’intelligence, la di.stinction, le contentement intérieur, avec une ombre de timidité ou de misanthropie. En effet, si Louis n’eut pas à lutter poulies difficultés de la vie, son humeur irritable, sou amour-propre excessif lui attirèrent des contrariétés ; il suscitait des ressentiments implacables parmi les confrères dont la plupart étaient troj) illettres pour apprécier sou talent délicat. Malgré ce léger revers de médaille, Antoine Louis est une grande figure et du petit nombre de celles qui gagnent à être bien connues.
Ne soyez pas surpris des résultats obtenus après la fondation de l’Académie de chirurgie. Le 23 avril 1743, une déclaration du roi, rédigée par d’Aguesseau, sépare à jamais les chirurgiens de la confrérie des barbiers; elle exige des élèves une éducation libérale; elle relève la maîtrise en chirurgie, en la rendant difficile à obtenir et seulement après des examens sévères.
Le 4 juillet 1730, l’École pratique de chirurgie est fondée, recevant en 17()0 une nouvelle forme.
De plus, sur les plans de l’architecte Gondoin, la première pierre du (,ollège de chirurgie a été posée en 1774 par Louis XVI, sur 1 emplacement de l’aiicieu Collège de Bourgogne, et, le même jour, le roi y fonda une chaire de chimie ipii n'existait [las encore. (iC fut aussi Louis XVI ipii donna au Collège des chirurgieus un hospice appelé dejmis 1 hôpital ou Clinique de jierfectionnemeiit, dans lequel, dit Gondoin, sont traitées les maladies
L VN'CrRNNK KCOLR DK riirRnUOIK
cliiriirgicales de nature extraordinali'e. Les maîtres y inulti[)lieul leurs le(;ous, les élèves s’y iuslruiseut dans la pratique.
Le Collège de chirurgie, où est installée notre Faculté, fut achevé eu moins de deux ans, et la première thèse y fut soutenue le 31 août 1776. L’Académie de chirurgie v tenait ses séances; (piatorze professeurs étaient chargés de l’enseignement.
La fin de l’Académie de chirurgie ne répond pas au commencement; après La Martinière, elle avait eu Andouillé, presque inconnu, pour président; ayant brillé d’un si vif éclat, elle vivait sur les souvenirs du passé. Des discussions intestines la rainaient; le grand secrétaire Antoine Louis ayant disparu, elle allait périclitant; Pierre Sue était nommé secrétaire par intérim. Mais le collège des chirurgiens florissait dans son bel édifice, tandis que la Faculté de médecine était obligée d’aller se réfugier aux vieilles Ecoles de droit, rue Saint-Jean-de-Beauvais, abandonnant les locaux de la Bûcherie, qui menaçaient ruine. D’autre part, la Société royale de médecine, n’ayant que quelques années d’existence avec Vicq d’Azyr pour secrétaire, luttait contre elle. Une loi de l’Assemblée législative du 17 août 1792, puis un décret de la Convention du 8 août 1793 renversèrent et détruisirent à la fois l’ancienne Faculté et le Collège de Saint-Come, l’Académie royale de chirurgie et la Société royale de médecine.
.l’ai fait placer sous vos yeux un bel exemplaire des Mémoires de l’Académie de chirurgie :
Mémoires de V Académie royale de chirurgie ; Paris, in-i", .6 vol., 1743-1774.
Nouvelle édition réimpression à dater de 1787.
Edition in-12 en 13 volumes, Paris, 1781-1784.
Une dernière édition de Paris est en 10 volumes in-8", 1819 — la moins estimée.
l.,es Prix de l’Académie royale de chirurgie, publiés à Paris dans le format in-4'’, se com])osant de 3 volumes en 7 tomes.
lieciieil des pièces qui ont concouru pour le prix de V Académie royale de chirurgie, Paris, 3 volumes en sept parties ou tomes, 1733-1798.
Dans l’édition in-12, les j)i-ix forment 1.3 \olumcs; Paris, 1773-1778.