L’ANESTHÉSIE
Au début de Tlnstoire abrégée de l’anesthésie, je tiens à préciser qu’il s’agit de l’anesthésie chirurg'icale qui a pour but de supprimer la douleur pendant les opérations. L’anesthésie médicale, l’àvai(30v)(3t; d’Ai'étéc de Gappadoce, mérite aussi votre attention, surtout au moment où les diverses modalités de la paralysie du sentiment, analgésiques et autres, bien marquées ou frustes, sont étudiées avec plus de soin que jamais. J’ai essayé, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, d’en donner une idée, il y a plus de douze ans ; depuis, le sujet s’est considérablement agrandi.
L’anesthésie chirurgicale est très ancienne, mais vous allez vous convaincre que, jusqu’à une époque récente, il n’existait pas de méthode régulière pour empêcher les souffrances du patient. Les tentatives, tantôt couronnées de succès, tantôt plus ou moins inefficaces, sont néanmoins remarquables et il faut les connaître.
Chez les Assyriens, au dire de Beuedictus, cité par Gaspard Hoffmann, on liait « les veines qui sont autour de la gorge aux jeunes gens auxquels on voulait enlever le prépuce, parce qu’ils perdaient ainsi le sentiment et le mouvement ». 11 est certain ipie la ligature placée sur le cou devait comprimer les veines, les vaisseaux carotidiens et les nerfs qui leur sont accolés. Cette compression en masse du cou a soulevé au moyen âge des controverses basées sur des expériences contradictoires. Vous savez que la compression bien faite des carotides peut produire le sommeil et l’insensibilité, en privant les centres nerveux de l’appoi t du sang artériel.
Depuis un temps immémorial, les opérateurs ont cherché dans les plantes somnifères une ressource anesthésique.
Les Chinois i)ratiquaient l’acupuncture, en utilisant les j)ro- ])riétés d’une herbe narcoti(pie appartenant, d’aj>rès Stanislas