‹ Joseph-Alexandre LaboulbèneChapitre 5 sur 85 · I-c lülal lies lieux cuntinenis esl île · texte numérisé non relu

I-c lülal lies lieux cuntinenis esl île

Le rrornbr-e des jourrraux rnédicaitx cr'éés tlepiris KiTî) dépasse 2o00.

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L ANCIK.NMO FACüLTK l>K ÎMKDKCINK IHi PARIS

à vDus inclicjucr ([uelqiics prédécesseurs des joiiriiaux médicaux modernes, puis je jetterai un coup d’œil sur reusemhle des jmblicatioiis périodiques actuelles.

Le Journal de médecine, chirurgie el pliarniacie, etc., collection lie t)t) volumes iu-I2, mensuelle, parut de 17o4 à 1794. Bernard, Bertrand, Grasse, Vandermonde, Augustin Roux, Dumangiii, Bâcher en ont été les rédacteurs principaux. Après une interruption de sept années, le journal fut repris en 1801 par Gorvisart, Leroux et Boyer (octobre 1801 à octobre 1817); il comprend 40 volumes in-8‘’. De 1810 à 1822 et sous le titre de Nouveau Journal de médecine, Béclard, Gbomel, Hippolyte Cloquet, Magendie, Grlila, Rostan activèrent la publication de 15 volumes in-8°.

Ce journal célèbre renferme la plupart des observations et des mémoires de l’époque, la critique des livres parus, des biographies; il est très remarquable.

11 y a parmi les journaux de médecine des publications importantes, mais dont l’existence devait être limitée à leurs fondateurs ; il en est de même pour les œuvres de controverse personnelle, faites pour propager des idées ou pour exposer une pratique spéciale. Ainsi Broussais, dans les Annales de la médecine pligsiologique; Forget, dans les Transactions médicales; Beau, dans [e Journal de médecine; Malgaigne, dans le Journal de chirurgie et dans la Revue médico-chirurgicale de Paris ; Stanislas Laugier, dans le Bulletin chirurgical; Magendie, Breschet, Bazim, Gcndrin, etc.

La patience la mieux éprouvée ne résisterait pas à l’énumération chronologique des journaux actuels; je vais vous en donner lin aperçu en les divisantpar catégories. Que de personnes je vais avoir à citer devant vous! Leurs noms appartiennent à l’histoire, et j’ai autant de bonheur à les prononcer qu’à serrer la main vaillante de ces journalistes éminents.

Une première catégorie comprend les publications qui ne paraissent qu’à intervalles assez longs, plusieurs fois dans une année, ou tous les mois, ce qui les distingue des antiques almanachs ou des annuaires moderneset cequi leur donne lecachetdu journal périodique. Les anciens Mercures, les Revues, les Annales, les Archives, tels ont été et tels sont encore leurs titres habituels.

Le^ Archives générales de médecine, fondéesen 1823 par Etienne Georget et Raige-Delorme, onteu successivement pour rédacteurs Isidore Balleix et Eugène Follin. Actuellement, après une nom-

.lOSKlMI-ALKXANDllK I-AHOIJIAJKNK

hrcuse collecliuii de séries, elles j)rüs|)èreMl toujours entre les

clinique médicale, Charles Lasègue. Son collaborateur, chirurgien de mérite, sera certainement et bientôt l’un de vos prolesseurs de pathologie externe : vous nommez tout bas Simon Duplay.

Les Archives de médecine conliennent une masse inépuisable de travaux originaux, conçus dans le sens large de l’Ecole de l^aris.

Beaucoup d’autres archives et revues, journaux mensuels ou deux ou trois fois mensuels, viennent prendre place dans cette catégorie. Vous trouverez une suite d’instructions et de précieux renseignements dans :

Le Journal de Vanalomie et de la physiologie de l'homme et des animaux, par le professeur Charles Robin; dans les Archives de physiologie normale et pathologique, d’Edouard Brown-Séquard, Charcot et VVdpian ; dans les Archives de toxicologie du professeur Henri Depaul ; dans les Annales de gynécologie des professeurs Charles Pajot, Courty et Théophile Gallard, etc.

Parcourez aussi le Journal de médecine et de chirurgie prati-

ques, fondé en 1830 par Lucas-Championnière ; les Annales d'hygiène publique et de médecine légale, signées par Adelon Devergie, Guérard, Orfila, Chevallier, Delpech, Tardieu, et auxquelles mon cher ami le professeur Paul Brouardel imprimera de plus en plus, soyez-en sûrs, une impulsion vraiment scientifique; \â Heviie d'hygiène et de police sanitaire, d’Emile Vallin.

Et parmi les journaux plus spéciaux : les Annales médico-psychologiques, les Annales de dermalologie et de syphiligraphie, de Doyon; les Archives d’ophtalmologie; les Annales cl' oculisticpie, des maladies de l’oreille et du larynx, d’hydrologie; les Annales médico-pyschologiques, etc., etc.

La Hevue mensuelle de médecine et de chirurgie, et la Hevue

Irimestrielle des sciences médicales de France el de l’étranger, du professeur Georges llayeni, vous tiendront au courant de toutes les publications nouvelles.

Je ne fais que vous signaler le liecueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, rédlf^é sous la surveillance du conseil de santé des armées, et les Archives de médecine navale, dirigées par Alfred Le Roy de Méricourt.

A l’étranger, les principales revues et archives sont les suivantes : Archiv fiir anatomie and physiologie ; Archiv fiir die qe-

l’ancienne faculté de médecine de I'AUIS

sammte Pluisinlof/ie ; Deiiische Arcliiv fur kVniische médecin; Airliiv füv e.vpecimeutellen Pathologie and Pharninkologie ; Avchiv der lleilkunde; Accliiv fiir palliologische Anatomie, cic ; Ih'itish and foreing medico-chirurgicat Review ; ilie Dublin Journal of médical science, devenue llie Quaterlg journal; tlie Edinburgli medical and surgical journal ; lhe Practilionner ; tlie American journal; Boston medical and surgical journal ; les revues et journaux médicaux de Cincinnati, Indiana, New-York, etc., etc. Enfin, les puhlicalions mensuelles belges, italiennes, espagnoles, portugaises, russes.

Une nouvelle division comprend les journaux paraissant plus d’une fois tous les mois, et environ tous les quinze jours.

Ici vient se placer le Bulletin général de thérapeutique médicale et chirurgicale, recueil bi-mensuel qui a rendu et rend tous les jours aux praticiens de grands services. Ce bulletin a été fondé par J.-E.-M. Mecquel, le lo juillet 1831 ; il a été continué en 1838 par E. Debout, puis par Félix Bricheteau. Il est entre les mains des professeurs Apollinaire Bouchardat, Léon Le Fort quia remplacé Ferdinand Dolbeau et de Cari Potain qui a succédé à Jules Béhier. Le secrétaire de la rédaction est le sympathique Georges Dujardin-Beaumetz.

Le Journal de thérapeutique a été publié par le regretté professeur Adolphe Gubler avec la collaboration d’Arthur Bordier et d’Ernest Labbée. La Revue de thérapeuliciue médico-chirurgicale d’Hamon de Fresnoy a fait suite au Journal des connaissances médico-chirurgicales .

Le Journal d'iiggièneet de climatologiede Pietra Santa s’occupe de toutes les questions relatives à la santé publique : il paraît quatre fois par mois.

L’Abeille médicale, revue des journaux et ouvrages de médecine, a été fondée par Cornet, ancien rédacteur d’Hygie, puis elle a été rédigée par Cornet et Antoine Bossu, enfin par ce dernier. Le journal, d’abord bi-mensuel, a paru ensuite trois lois par mois; il est actuellement hebdomadaire, ce qui me fournit la transition naturelle aux publications de cet ordre.

Nous voici donc en présence des feuilles ipii ne paraissent qu’une fois par semaine :

Le crlchre Journal hebdomadaire de médecine -à. succédé au Journal universel des scienees médicales, fondé par J. -B. Régnault, élève de ^Jcq d’Azir (1810 à 1830) et comprenant 30 volumes. L(^

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journal liebcloiiiadairc a présenté quatre titres clifïéreuts ; il a eu j)our collaborateurs illustres : Audral, lilaudiii, notre (dier ancien, Jean Bouillaiid, Henri Kotj-cr, Littré, Bé^-in, Jiérard aîné, .lolly, Mélier, Boclie, Trousseau, Velpeau, Dul)ois d’Amiens, et enlîn il s est transformé en Presse niédicule, ancien Joiinuil hebclomadaive, ayant alors pour rédacteur Amédée Latour.

La Gazette médicale de Prt/’/.s continue la Gazette de santé, par J.-J. Gardaue (uG années in-4", B*' juillet 1773 à 1829). Paulet, Pinel, Marie de Saint-Ursin, de Montè^rc, Ibllien et autres ont 1 edige la Gazette de santé- Aucun d eux n’a eu la personnalité puissante du rédacteur en chef de la Gazette médicale de Paris, depuis 1830. Esprit étendu, pénétrant, cherchant plutôt qu’évitant les controverses, ne redoutant pas d’être seul de son avis ; vous avez nommé un des plus vaillants atldètes du journalisme : .Iules Guérin.

.le dois donner un souvenir à un ancien rédacteur de la Gazette medicale de Paris quel Institut et l’Académie viennent de perdre, à Louis 1 eisse, de tant d esprit et de tant de g'oiit. .Je vous recommande ses écrits sur la médecine et les médecins. Peisse a été véritablement un Aristarque médical.

La Gazette medicale est aujourd’hui sous l’habile direction de Félix de Hanse, mon compatriote et mon ami j elle continue toujours la publication des comptes-rendus et mémoires de la Société de biologie qui a eu pour présidents Pierre Rayer, Claude Bernard et Paul Bert.

La lleuae scientifique de la France et de V élranqer, d’abord Pievue des cours scientifiques fondée par Odysse Ba-

lot, fait une large place aux sciences de renseignement médical et donne plusieurs cours de la Faculté. Elle a été sous la direction d’Emile Aglave, jusqu’en février 1880. Actuellement, elle a pour directeurs Antoine Breguet et Charles Richet.

Le Journal des connaissances medicales pratiques, fondé en juillet 1833, a été rédigé par A. Tavernier, Beaude, Caron du \ illars. Le Roy d Etiolles, Tanchou, \ ié, Beaugrand, Cafl'e, I) aboid mensuel, il est aujourd hui le Journal hebdomadaire des connaissances medicales pratiques et de pharmacoloqie de Victor Cornil et Louis- Victor Galippe.

Le Paris médical d’Auguste Fort l'st actuellement dans h's mains de Jean-Eugène Boiichut.

.1 arrive a \a.Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurqic

l’aXCIF.NNK KAClI/n'; df mfdfcinf df paris

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et je ne puis en dire tout le bien (pic j’en pense. On l’a accusée d’avoir des (( doctrines un peu flottantes w.-Erreui-, elle n’estliée à aucune opinion exclusive. Fondée depuis octobre 18ü3,clle suit le progrès sous toutes ses tbriues; elle a été un instant le Bulletin de l’enseignement médical.

Sou rédacteur en chef, d’abord attaché, avec Auguste Mercier, ■dVE.vaminnleiir médical, puis à la Gazelle médicale de Paris, donne à la Gazelle hehclomadaire un reflet du dictionnaire encyclopédique des sciences médicales qu’il dirige avec tant de soin et d’éclat. C’est l’excellent Amédée Dechambre.

Et je dois dire que la Gazelle hebdomadaire a été un nid d’ai- •glons à forte envergure. Elle a eu pour rédacteurs adjoints : Jules Cavarret, l’éminent et regretté Paul Broca, Aristide Verneuil, dont vous devez lire et relire la leçon sur les chirurgiens érudits, leçon qui est elle-même un modèle d’érudition; Alfred Vulpian, notre savant doyen; Jean-Martin Charcot, Germain Sée, Léon Le Fort, Sigismond Jac(;oud. Si je vous cite ces noms, ce n’est pas seulement à cause du plaisir que j’ai à les prononcer, c’est pour qu’ils vous servent d’exemple, jeunes hommes d’avenir qui m’écoutez.

Beaucoup de feuilles étrangères ont le type hebdomadaire.

Abordons les journaux qui paraissent plusieurs fois par semaine.

Un seul journal a paru tous les jours, c’est le Joarnal général des hôpilaiix civils et militaires de Paris, des départements eide V étranger {id août 1828 au 24 août 1829, in-folio).

V Expérience, ]o\xvnd\ de médecine et de chirurgie, a été publiée tous les cinq jours. Ses rédacteurs ont été Dezeimeris et Littré, puis Ilenron et Raciborski (1837 à 1844, in-8°).

La Erance médicale et pliarmacealiqae, fondée par Félix Roubaud en 18.34, est entrée en 1874 dans une phase nouvelle, sous la direction de Léon-Eugène Bottentuit, qui s’est efforcé de donner la place la plus importante à la clinique, et je puis vous dire que la Erance médicale, aujourd’hui bi-hebdornadaire, sera au 1®'' janvier 1881 tri-hebdomadaire, avec réduction de son format de l’in-folio à rin-8". Elle publie les comptes rendus de la Société clinique de Paris, fondée en 1877 par J. -B. Philippe Barth et le jirofesseur Michel Peter. Son feuilleton a souvent été rempli par les recherches historiques d’Auguste Corlieu.

Dans la catégorie très intéressante des journaux ti-ois fois In'b-

.1 ( )S [•: 1>H-.V IJCXAN nu K I.AIU ) I ; I.» K.N K

(loniadaiivs viciiiionl prciuln? place : la Gcaelle des liôpilauæ cl y Union médicale.

r^a UanceUe française, gazelle des hôpitaux civils et militaires, plus connue sous le nom de Gazelle des liôpilau.x, a eu pour fondateur, le 1®*' novembre 1828, un journaliste de forte trempe, François Fabre, l’auteur de la Némésis médicale el qui s’appelait lui-meme « un Phocéen». Le format a été tour à tourin-4° puis in-folio, il est redevenu in-4°. On compte parmi les rédacteurs : Vidal de Cassis, Marchai de Calvi, Foucart, Jamain, Marcé, Armand Despres, Eugène Bouchut, Hippoljte Brochin et Victor Uévillout. Le Sourd père et son fds Ernest Le Sourd ont constamment reproduit dans leur journal si répandu les leçons des professeurs de la Faculté, de vos maîtres affectionnés : Alfrerl Bichet, Léon Gosselin, Alfred Hardy, Phodius Panas, Benjamin Jfall, Jules Parrot, Alfred Fournier, etc. Vous y trouverez encore les leçons des médecins et chirurgiens des hôpitaux, tous nommés [lar le concours, tous si instruits et si dévoués.

La Gazelle des hôpitaux est des mieux informées, elle a souvent la primeur des nouvelles scientifiques.

L’Union médicale, journal des intérêts scientifiques et pratiques, moraux et professionziels du corps médical, a paru en 1847.

Les fondateurs sont Gustave Richelot père et Aubert Roche.

Elle a successivement paru dans les formats in-folio et in-octavo.

Fidèle à son titre, VUnion médicale est un des organes les plus estimés du journalisme. Son rédacteur en chef qui a d’abord dirigé l’éphémère Gazelle des médecins el praticiens, qui s’est ensuite caché, avec Marchai de Calvi, sous le pseudonyme de Lirac, puis de 1844 à 1846, sous celui de « Jean Raymond » dans la Gazelle des liopilaux, est l’aimable et spirituel « Simplice » de sa chère Unionmédicale.^ ous avez tous apprécié le charme, la finesse (‘I l’aménité de la critique de Jacqnes-Amédée Latour.

C’est dans ces journaux paraissant de deux jours l’un, presque quotidiens, que nous trouvons une frappante analogie avec les feuilles du vieux temps rappelant la nouvelle du jour el les Zeitung, les Zeitschrift, les Tidschrift, les Times étrangers. Aussi comme on l’attend, ce journal, comme on déchire sa bande, comme on déploie son papier fraîchement imprimé! \"ous connaissez, Messieurs, cette odeur spéciale et (pii jzlaît tant, ou vous la connaîtrez tous, car vous aurez, chers élèves, une thèse au moins

l/.WCrK.NNK l'ACUI/lK DK MKDICCfNK DK l>AIUS

à CDHiposer, à soutenir, eldes épreuves à coi'iû^er. 11 vous raudra lot ou lard vous g-uider dans des escaliers étroits, au fond de longs couloirs et alors vous vous trouvei’ez eu présence des imprimeurs devant leurs casiers; vous apprécierez ces proies si dévoués et si iutellig’euts. Puissiez-vous y voir encore : Nicolas, de VCiiion médicale, le gréco-latiniste et polyglotte Joseph Boulmier, de la Gax^elle des Jiôpilaux, Schmidt, de la Gazette médicale et de la Société de biologie, qui vous remettront les feuilles humides tirées à la brosse. Votre manuscrit sera transformé dans de nouvelles pages que vous parcourrez avidement.

Pensez aux médecins des campagnes, auxquels appartiennent, ce qui nous manque dans nos cités, les grands aspects des monts, les senteurs des bois, des prés verdoyants, et aux médecins militaires dans la caserne ou sous la tente; pensez encore à nos chers confrères de la marine, à leur bord. Gomme ils prennent d’une main amie ce journal qui leur arrive et qui les relie avec Paris absent !

Le temps me presse et je ne puis vous parler des journaux de tios départements. Sachez qu’ils vous seront utiles et que vous ne devez point les négliger.

Les Facultés de Montpellier et de iSancy, celles plus nouvelles de Lyon, Lille, Bordeaux, elles Ecoles secondaires ont toutes des feuilles médicales estimées. Je regrette de ne pouvoir vous en donner une idée plus complète. Mais ici, je puis dire comme le grand poète dans liernani :

J’en passe et des meilleurs

Je veux enfin vous parler d’une dernière catégorie et ce n’est pas la moins curieuse. Elle comprend les journaux hebdomadaires, ou non, qui, par leurs allures, leurs tendances, la vivacité de leur critique, se rapprochent de la presse politique. Ce sont les pionniers scientifiques, les éclaireurs de l’avant-garde. Ils ont la sève exubérante, l’active jeunesse. Point de question brùlanle rpi’ils n’abordent avec prédilection, de sujet scabreux qu’ils ne flissèquent jusqu’à l’os, de fruit vert qu’ils n’ouvrent pour en connaître la saveur. Grâce à leurs piqûres, elles pénètrent dans le flerme, je puis en parler, je les ai ressenties; mais soyez sans crainte, elles ne sont jamais envenimées.

C('s journalistes ont en pour prédécesseurs Broussais, Magendie, Beau, Malgaigne et le Moniteur des hôpitaux, journal de la médecine et de la chirurgie pratirpies, fondé en 18i)2 fin-V), j)ar

■lOSKIMI-ALKXAN'DKK l.AIlOn.HKNK

Henri ilo Castelnau. Vous y trouverez les comptes-rendus des cours de Claude Bernard, rédigés par un de mes prédécessenrs dans cette chaire, mon regretté ami Paul Lorain.

La 'iribune médicale, fondée par Marchai de Calvi, prospère entre les mains de Vincent Lahorde et de la jeune phalange, d’Odilon Lannelongue, de Jean-Baptiste Duguet, etc.

Le Progrès médical de Désiré Bourneville peut clore cette liste abrégée. C’est aux nouveaux, aux ardents que s’adresse surtout le Progrès médical, rapportant toutes les séances des jeunes sociétés, discutant très AÛvemcnt les questions du jour. Et qui donc pourrait s’en plaindre? Et qui donc, parmi nous, voudrait l’empêcher; qui chercherait à entraver aujourd’hui l’expression de la pensée humaine? Personne, je l’espère. Ne redoutez pas les audaces extrêmes du langage scientifique : ce qui est violent ne dure pas, la compensation s’établit; après l’excès, il reste souvent un coin du voile déchiré; derrière la vivacité regrettable de la forme est un fond de justice. Faut-il cependant encourager la polémique violente? Je ne le pense pas et voici ce qui m’est arrivé à cet égard, il y a plus de quinze ans. Me trouvant en Allemagne, au delà de Berlin, à Stettin en Poméranie, dans un congrès de médecins et de « Naturforschers », après des discussions où les personnalités avaient été mises en jeu et les attaques passionnées, j’exprimai le désir formel que la polémique perdît ce caractère irritant, inutilement agressif. Ce que j’avais dit à Stettin m’est revenu par Londres ; mes paroles avaient trouvé un écho et un journal The Entoiiiologisés Monthlg Magazine les prit pour épigraphe. Vous éprouverez l’étonnement mêlé de satisfaction que j’ai éprouvé en les lisant pour la première fois : « J’engage les auteurs à éviter dans leurs écrits toute personnalité, toute allusion dépassant les limites de la discussion la plus sincère et la plus courtoise. — Laboulbène. »

Elles sont toujours les mêmes sur chaque numéro de seize volumes parus. J’ai donc le droit de vous redire ici : Liberté entière de discussion, mais sincère et courtoise, ayant alors pour seules limites le respect des autres et de soi-même.

Oui, la presse, cjui, comme le torrent, grossit par la résistance, doit avoir un libre cours, et, dans sa marche toujours progressive, elle abordera des terres inconnues, elle découvrira de nouveaux horizons. Ne craignez pas qu'elle n’envisage parfois qu’un côli' restreint des choses médicales, elle arrivera à les embrasser tout

i/aNCIF.XNI!: F.VCULTF DK MKDFCIXF DF PAUIS

(‘lUières et à les coiiimître. Dans la reclicrclie de l’iilile, elle approchera de plus en plus du vrai, de la vérité. Et, à ce sujet, laissez-inoi vous retracer la comparaison d’un prol’ond [)enseurqui s'exprime à peu près eu ces termes :

La vt'rité, dit-il, me représente le poteau indicateur des routes, placé au milieu du carrefour d’une grande foret. Si vous demandez à un voyag-eur, qui passe venant du sud, ce qu’indique le poteau, il vous répondra que c’est le nord, car il a souvent parcouru la route en vérifiant l’inscription et il ne s’est jamais trompé. Un autre, arrivant en sens inverse, vous dira que le poteau indique sùremeutle midi, car il l’a toujours consulté et il ne s’est point égaré dans sa route. Et ainsi pour ceux qui traversent la foret allant vers l’orient et vers le couchant. Ces g’ens-là connaisseut-ils toutes les indications que comprend le poteau? Xon, car il ne faut point se borner à reg'arder une des faces, il faut en faire le tour. Mais, ajoute le penseur, combien peu qui puissent ou qui sachent faire le tour du poteau de la vérité !

Ce que ne peuvent quelques hommes isolés, l’ensemble des écrivains doit l’accomplir. Chaque journal, suivant ses tendances, considère une des faces du poteau, tous les journaux réunis arriveront à posséder l’ensemble. C’est dans la presse médicale que nos lointains successeurs A erront à quel point notre époque s’est approchée de la vérité et quel chemin nous avons parcouru pour faire le tour du poteau.

Aussi, Messieurs, aimez, encourag'ez cette presse médicale. Pensez, méditez, écrivez; quand aous aurez observé un fait nouveau, quand vous serez en possession d’une idée nein^e, soyez journalistes, ne lût-ce qu’une fois, ne fût-ce qu’un jour. Et, après avoir appris, par cette ébauche historique, l’origine de la Gazette, ainsi que celle de nos journaux scientifiques, leur indispensable utilité, leur grand rôle dans la société moderne, répétez avec moi : Homieur au journalisme médical!

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