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JOSKI’II-ALKXANDKK LAllOlîl.HKNK
Galeni opéra omnia latine, Liigduni, apud J. Frelloniuin, 15u0,
4 volumes in-folio. Ce n’est qu’une reproduction de la seconde édition de Froben avec un titre nouveau. 2' édition, ibid., Iüü4.
Galeni oninia qaœ exslanl latine conversa diFu^enlia et studio J. -13. Kosarii emendata, novo ordine classibus scilicet se.x disposita, etc. Venetiis, lo62, apud Vinc. Valgrisiuin, 3 vol. in-folio avec un Index en plus.
Les éditions gréco-latines sont au nombre de deu.x; l’une est de Chartier, l’autre de Külin.
Hippocratis Coi et Claud. Gale7Ü Pergaineni Arcliiatron opéra. Renat. Cliarterius, Vindocinensis, Doc. med. Paris... plurirna interpretatus, universa emendavit, instauravit, notavit, auxit, secLindum distinctas inedicinæ partes in XIII tomos digessit, et cunjuncliuin græce et latine primus edidit. Lutetiæ Parisiorum, apud Jac. Viilery, biliop. 1639-1679.
Cette editio copiosissima renferme à la fois les œuvres d’Hippocrate et de Galien. Elle a été considérée comme médiocre. Pour elle et sans la terminer, Chartier dépensa quarante ans de sa vie et toute sa fortune ; les derniers tomes n’ont paru qu’après sa mort.
KXauiîiou raXevoTj ocTravx-a, GlauclU Galeiil opem oninia editionem curavit Carolus Gottlob Kühn, Lipsiæ, in officina libraria Car. Cnoblochii, 1821-1833. 20 tomes en 22 volumes, index. Cette édition, maniable, et otïrant plusieurs traités jusqu’alors inédits de Galien, est surtout une spéculation de librairie, le texte différant peu de celui de Chartier. Les premiers volumes sont rédigés avec assez de négligence par Dindorf et Schæfer. Kühn n’a que peu collaboré.
Le projet de Daremberg et de Bussemaker était de publier une édition gréco-latine galénique ; une fin prématurée n’en a pas permis la réalisation.
L’étendue considérable de la collection galénique etla prolixité de Galien ont fait sentir la nécessité d’un résumé. Plusieurs abrégés, en ont été faits. Le plus estimé est celui de Lacuna, édition de Bâle.
Voici, du reste, l’indication de plusieurs de ces abrégés : Spéculum siue epitome Galeni, seu Galenus abbreviatus, etc. Lugduni, 1516-1317, in-8°.
Epitome commentariorum Galeni in libras Hippocratis Coi, Lugduni, 1516, in-8°.
GALrE.X ET SON ŒUVUE
l'Jpitouie (taleni Perffcimeni operiim, in quatuor parles digesta... per Audreæni Lacunam, Venetiis, lü41), 4 volumes in-16; — Basileæ, lool, in-1'olio; — Lugduni, 1333, 4 volumes in-Kl; — Basileæ, 1371, in-folio; — Arg-cntorati, 1()04, in-folio.
Andrete Laciinœ epitome omnium reriim et scienliarum qiiæ annotaiu dignæ in Commentariis Galeni in llippocrainm exstanl, Lugduni, 1334, in-8”.
'riieatrum Galeni, hoc est imiversæ medicinæ a Galeno diffuse sparsimque traditæ prompluarium, etc., Aloysii Mundcllæ, Brixiensis studio et labore per multos annos conditum mmc demum editum, 1368, in-folio.
La seule édition française est due à Daremberg; elle n’est que partielle et inachevée.
(E livres anatomi(jiies, phiisiologicpies et médicales de Galien,
etc., par Ch. Daremberg-, Paris, 1834-1837, 2 volumes in-8“.
Ses traités galéniques traduits par Daremberg sont : Que le bon médecin est philosophe ; — Exhortation à l’étude des arts; — Que les mœurs de Tâme sont la conséquence des tempéraments du corps ; — Des habitudes ; — De l’utilité des parties du corps humain; — Des facultés naturelles ; — Du mouvement des muscles ; — Des sectes aux étudiants ; — De la meilleure secte à Thrasybule; — Des lieux affectés; — De la méthode thérapeutique à Glaucon.
En prononçant le nom de Daremberg et en vous signalant sa traduction de Galien, je n’ai pas assez fait pour celui qui a occupé la chaire d’histoire de la médecine dès l’époque récente où elle a été rétablie.
Daremberg mérite mieux qu’une citation, il doit être connu de vous. Ce que je vais vous dire de lui ne sera pas un éloge suivant la coutume académique, mais un hommage dû au maître qui m’a précédé, à un homme de cœur et de talent.
En 1846, le ministre de l’instruction publique chargeait un jeune médecin défaire au Collège de France un cours complémentaire sur l’histoire de la médecine. Celui-ci s’acquittait fort bien de sa mission difficile; elle lui était continuée pendant les années 1847 et 1848.
Quel était le débutant qui venait de marquer sa place? Il se nommait Charles- V ictor Daremberg ; il était né à Dijon, en 1817 ; après de fortes études littéraires, il avait choisi la carrière médicale et rempli les fonctions d’interne à l’hôpital de Dijon.
Puis, ayant le goût du travail et le sentiment secret de sa valeur, il était venu à Paris. En 1841 (le 20 août), il soutenait sa thèse de doctorat : Exposition des connaissances de Galien sur l’anatomie^ la physiologie et la pathologie du système nerveux. Le choix d’un sujet peu ordinaire doit nous faire penser que Daremberg l’avait en prédilection et que, dès cette époque, les œuvres du médecin de Pergame l’occupaient fort souvent.
Ce n’était pas là son début médico-littéraire, qui n’est pas connu et que voici. Ce volume de soixante-quatre pages, en grand in-8° carré, revêtu d’un cartonnage ancien, porte sur le frontispice « mon premier ouvrage » et à côté « premier livre que j’ai fait » avec la signature Ch. Daremberg. Il est intitulé Bonjour, bon an. C’est un calendrier pour l’année 1839, dans le genre du Messager boiteux de Strasbourg, avec des figures sur bois et la mention : P® année, publiée à Auxonne, parX.-T. Saunié, imprimeur-libraire. On y trouve des éphémérides, des règles d’hygiène et de médecine pratique, des anecdotes et faits divers. Je ne sais si Daremberg a composé une grande partie de cet almanach ; mais sûrement il a rédigé les préceptes d’hygiène, de médecine et de pharmacie domestiques, ainsi que les notions d’économie rurale de « son premier ouvrage ».
Depuis son arrivée à Paris, en 1836, Daremberg suivit les cliniques hospitalières : Gloquet, Andral, Velpeau, Bouillaud ont été ses maîtres de prédilection. De plus, pendant trois années consécutives, il s’est livré, comme aide particulier et sous la direction de Blainville et de Gratiolet, à des études anatomiques dans les amphithéâtres du Muséum d’histoire naturelle. Il cherchait, le scalpel à la main, le texte sous les yeux, à reconnaître si le médecin de Pergame avait disséqué des cadavres humains. Ces recherches lui ont démontré que Galien n’avait ouvert que des singes et d’autres animaux. L’opinion de Cuvier, de Camper et de Blainville s’est trouvée absolument vérifiée. Il y a plus, les critiques de Galien contre Erasistrate et d’autres préalexandrins, au sujet de l’appareil sexuel, étaient fausses; ces premiers anatomistes avaient réellement observé des organes génitaux humains et en particulier l’utérus de la femme.
Après deux ans d’études préparatoires, Daremberg avait été chargé, en décembre 1844, par Villemain, ministre de l’instruction publique, d’une mission médico-littéraire en Allemagne, d’une durée de trois mois; son rapport, publié le 13 avril 1843,
GALIEN ET SON ŒUVRE
fait connaître la communication qu’il a obtenue des papiers du professeur Dietz, de Rœnigsberg-, mort en 1836. Les textes que Daremberg- a pu copier ou collationner se rapportent à Hippocrate, à Rufus d’Eplièse, à Oribase, à Galien, à l’école de Salerne, etc. C’était une ample et riche moisson.
Les résultats du voyage en Allemagne ont été la publication du Trailé sur le pouls^ attribué à Rufus d’Ephèse, faite pour la première fois par Daremberg, en grec et en français, avec une introduction et des notes, Paris, 1846, in-8°. Puis Vllisioire et critique des doctrines des maladies de la peau, etc. (in Annales des maladies de la peau et de la syphilis, par Gazenave, juillet 1843). Vous savez que ces deux ouvrages sont de J. Rosenbaum. De plus, Daremberg, qui « est trop occupé de Galien pour songer à Oribase », signalait alors au ministre : Bussemaker d’Amsterdam, pour une publication sur Oribase. Plus tard, il a collaboré activement avec Bussemaker.
En même temps que Galien, la traduction des OEuvres choisies d' Hippocrate avait passionné Daremberg; la première édition in- 18 date de 1843 ; la deuxième est devenue un volume in-8°, accompagné d’arguments et de notes, précédée d’une introduction générale. Je vous ai signalé ce livre l’année dernière, à côté de l’admirable traduction de Littré,
Dans cette année 1846, Daremberg, médecin du bureau de bienfaisance et des écoles primaires du XIP arrondissement (aujourd’hui le V**, quartier Saint-Jacques), était nommé bibliothécaire de l’Académie de médecine; il conserva ces fonctions jusqu’en 1849 où il devint bibliothécaire honoraire, passant en titre, en 1830, à la bibliothèque Mazarine.
Pendant plus de dix ans, tout entier aux voyages et à ses publications, Daremberg tantôt chargé de missions, tantôt à ses frais, explorait les bibliothèques de Paris et de diverses contrées. Il a fait quatre voyages en Allemagne, huit en Angleterre, quatre dans toute l’Italie, deux en Belgique, deux en Suisse. Il consignait ses trouvailles dans des rapports officiels insérés au Journal de l’instruction publique, dans des notices sur les manuscrits, dans des éditions de textes grecs et latins, dans la collection salernitaine.
Daremberg a donné en 1847 la Description et extraits du manuscrit 2^31 de la Bibliothèque royale à Paris, 111-8“, 1847 ; — Aurelius, De aculis passionibus, texte publié pour la première
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fois d’après un inanuscril de la bibliothèque de Bourg'og'ue à Bruxelles, corrigé et accompagné de notes critiques, in-8°, Breslau et Paris, 1847. La première leçon du cours fait au Collège de France sur l’histoire et la littérature des sciences médicales a été publiée dans le journal V Union médicale, pareillement en 1847.
Les événements politiques de 1848 empêchèrent la continuation du cours de Daremberg; il n’en fit pas moins paraître les Fragments du commentaire de Galien sur le Timée de Platon, publié pour la première fois en grec en in-8", 1847 et le liésumé d'un voyage médico-littéraire en Angleterre inséré dans la Gazette médicale de Paris (4 novembre 1848). 11 y signale le projet d’une bibliothèque des médecins grecs et latins dont le prospectus a paru chez Victor Masson, 01-8“ de 69 pages, Paris, 1848.
Vous devineriez, si je ne vous la signalais pas, l’attraction puissante que Littré devait exercer sur Daremberg. Vous trouverez dans la Revue des Deux-Mondes du 1®'' août de cette année un aperçu, tracé par une main filiale, de cette liaison qui a duré plus d’un quart de siècle. Littré et Daremberg, étroitement unis par une amitié sincère, restaient pendant la belle saison au village du Mesnil-le-Roj, près Maisons-Laffitte, attenant d’un côté à la îorêt Saint-Germain, de l’autre à la Seine.
Les journées passaient vite partagées entre le travail assidu et une clinique rurale où les deux médecins philologues allaient donner leurs soins aux pauvres du voisinage qui ont gardé leur mémoire en vénération.
Daremberg, au visage doux et méditatif, encadré de barbe et de longs cheveux, d’une obligeance extrême, homme du monde à ses heures, plaisait à Littré qui l’encourageait et l’aidait de ses conseils.
C’est au Mesnil que Daremberg est devenu de plus en plus bibliophile, chercheur des choses du passé, qu’il a acquis l’exactitude du traducteur, la clarté du st}de. C’est au Mesnil dans le calme de la retraite, qu’ont été composés la plupart des ouvrages de Daremberg; c’est sous l’inspiration de Littré qu'ont été conçus i’Essai sur Galien considéré comme philosophe (in Gazette médicale de Paris, juillet-août 1847), l’article Galien du Dictionnaire des sciences philosophiques de Franck, etc.
Littré n’était pas le seul ami et protecteur de Daremberg, qui avait de bonne heure été choisi pour collaborateur scientifique nu Juurnaldcs Débats. La fré(|uentatiou des politiques et des lit-
GALIEN ET SON (EUVllE
lérateurs lui fut très utile. Les articles de Dareinberg- sur l’iiistoire et la philosophie publiés dans ée journal, ainsi que ceux d’érudition et de littérature parus dans la Gazette et VÜJiion médicales, seraient intéressants à réunir, car Daremberg aimait lejournalisine et sa critique impartiale, mais plutôt bieuveillaiite, plaisait au lecteur.
Jusqu’à l’époque où, pour la seconde fois, le ministre de l’instruction publique charg^eait Daremberg d’un cours d’histoire des sciences médicales au Collège de France, en 1864, ses publications, qui se sont succédé, ont une réelle importance : Essai sur la détermination et les caractères des périodes de l’Iiistoire de la médecine, in-S°, Paris, 1850, paru dans ]& Gazette médicale, fragment du cours interrompu en 1848; OEuvres d’Oribase, texte grec et traduction française, avec une introduction et des notes par Bussemaker et Daremberg, in-8°, t. I à IV, Paris, 1851-1862 ( terminé par A. Molinier) ; Sur un passage de Gelse relatif à la division de la médecine, lettre à S. de Renzi, de Naples (in Gazette médicale, 1862); Notices et extraits des manuscrits médicaux grecs, latins et français des principales bibliothèques de l’Europe, R® partie; Manuscrits grecs d’Angleterre, suivis d’un fragment inédit de Giles de Corbeil et de scolies inédites sur Hippocrate, in-8° Paris, 1853 ; Glossula quatuor magistrorurn super chirurffiam H. Rogerii et Rolandi, nunc primum ad fidem codicis Mazarinei edidit, etc., Neapoli, 1854 ; 2“ édition des OEuvres choisies dliippocrate, 1855; Ànonymi de secretis rnulierum, de chirurgia, de modo medendi, poema medicum, nunc primum edidit, in-8°, Neapoli, 1855; V Ecole de Saler ne, ou l’art de vivre longtemps, aphorismes en vers latins et français, traduction nouvelle avec commentaires, suivie de la Sobriété et ses avantages, in-12, Paris, 1857; Philostrate, Traité sur la gipmiastique, texte grec, accompagné d’une traduction en regard et de notes, grand in-8°, Paris, 1858; A. -G. Gelsi, De medicina, libri octo, ad fidem optimorum librorum denuo recensait, adnotatione critica indicibusque insiruxit, in-12, Leipzig, 1859 ; OEuvres analoniiques , physiologiques et médicales de Galien, traduites sur les textes imprimés et manuscrits, accompagnées de sommaires, de notes, de planches et d’une table des matières, précédées d’une introduction ou élude biographique, littéraire et scientifique sur Galien, in-8°,
2 volumes, Paris, 1854-1856.
J’ai mis Galien en dernier lieu, malgré la date de publication,
JOSKIMl-ALEXANnUE LAHOULBÈNE
parce que Daremberg avait une prédilection pour les œuvres du médecin de Perg-ame. Il le regardait comme le représentant d’une époque, caractérisée par la plus forte synthèse médicale du passé. Vous fig-urez-vous, messieurs, le travail du traducteur consciencieux? Voyez la peine pour réunir des fragments parfois épars d’un texte, pour en pénétrer le sens, pour en interpréter les passages obscurs, pour la rendre vraie et compréhensilde sans effort. Il faut, pour Galien en particulier, être assez versé dans la connaissance des choses médicales modernes pour juger et faire juger les choses médicales des temps passés.
Plus j’étudie les vieux auteurs, et plus je me sens de reconnaissance pour ceux qui les ont le mieu.x fait connaître.
Vous avez certainement remarqué les dernières lignes du titre dans le Galien de Daremberg : OEuvres..., 'précédées d’une introduction ou étude biographique, littéraire et scientifique sur Galien. Mais en ouvrant le livre, et après une dédicace à Flourens et à Andral, une préface vous apprenxl que la Notice sur la vie et les écrits de Galien ainsi que trois Dissertations sur ses œuvres anatomiques, physiologiques et pathologiques, qui devaient se trouver en tête du premier volume feront dans l’avenir un volume à part. Ce troisième volume n’eût pas été le moins précieux ; il n’a jamais paru. Les matériaux en ont été réunis par Daremberg, j’en ai la certitude ; la majeure partie a été rédigée, prête pour l’impression. J’ai signalé ces manuscrits à la Faculté, à la Bibliothèque de l’Académie de médecine qui possède les livres de Daremberg, je les ai demandés à son fils Georges Daremberg, aux éditeurs J. -B. Baillière et ses fils. Nous les avons jusqu’à présent cherchés en vain. Je ne désespère pas encore et je prends l’engagement devant vous, si je parviens à les trouver, de les publier avec soin.
Voici Daremberg chargé de nouveau du cours d’histoire de la médecine au Collège de France. Examinons ce qu’il a fait jusqu’au moment où il touche au but de ses efforts, où il est nommé professeur d’histoire de la médecine à la Faculté. 11 a publié son enseignement, il a fait paraître les ouvrages suivants : la Médecine dans Homère, ou études d’archéologie sur les médecins, l’anatomie, la physiologie, la chirurgie et la médecine dans les poèmes homériques, in-8°, Paris 186u; Résumé de V histoire de la médecine depuis ses origines juscpi’au vu’’ siècle, dans VVnion médicale, 18Üo; Résumé de l’iiisloire de la médecine depuis le
GALIEN ET SON ŒUVRE
vni“ siècle jusqu’au xv'-', dans VUnio7i médicale, 186(), avec le programme du cours pour l’année 1866-1867; Recherche sur l’élat de la médecine durant la période primitive de l’histoire des Indous, àd^ns V Union médicale, 1867; Résumé de Viiisioire de la médecine durant les xv® et xvi« siècles, dans Y Union médicale, 1868, avec le programme du cours pour l’année 1867-1868 ; Etat de la médecine entre Homère et Hippocrate, anatomie, physiologie, pathologie, médecine militaire, histoire des écoles médicales, pour faire suite à la médecine dans Homère, in-8°, Paris, 1869; V Histoire des a7itiquités grecques et 7W77iai7ies avec Saglio ; V Histoire des scie7ices 7nédicales, comprenant l’anatomie, la physiologie, la médecine, la chirurgie et les doctrines de pathologie générale, 2 volumes in-8°, Paris, 1870.
L’Académie de médecine, en 1868, avait nommé Daremberg dans la section de ses membres associés et le 2 mai 1870, il entrait à la Faculté de médecine comme professeur.
La nomination de Daremberg n’a pu avoir lieu que par le rétablissement d’une chaire ancienne et dont voici l’histoire. L’Ecole de santé organisée à la fin du siècle dernier (4 décembre 1794) avait douze professeurs et douze adjoints; une chaire réunissant la médecine légale et l’histoire de la médecine fut confiée à Lassus, avec Mahon comme adjoint. Lassus, permutant en 1795, laissa sa chaire qui échut à Goulin, mort après quatre années d’enseignement. Cabanis succéda à Goulin en 1799.
Puis la chaire d’histoire fut supprimée en 1808, à la suite d’une permutation, rétablie en 1816 et occupée par Moreau de de la Sarthe. Finalement, la chaire d’histoire de la médecine réunie à la chaire de bibliographie sombra par suite des déplorables ordonnances 1822-1823.
Ni le congrès médical de 1845 ni les efforts de la Faculté en 1859 ne purent obtenir le rétablissement de la chaire d’histoire.
Or en juillet 1869, un ancien maître des requêtes, ami des sciences médicales, Auguste-Marie Salmon de Ghampotran, légua une somme considérableà la Faculté pour la fondation et l’entretien à perpétuité d’une chaire d’histoire de la médecine et de la chirurgie. Cette largesse permit de combler une lacune de l’enseignement et Daremberg fut le titulaire que s’adjoignit la Faculté.
La première leçon du nouveau cours a eu lieu à cette même |)Iace,le 11 novembre 1871, il y ajusteonze ans. Daremberg avait
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pris pour sujet : la Déiuoiislration histoi'ique de la supériorité des méthodes d’observation et expérimentale sur les méthodes à priori.
Le professeur était sûr des sympathies de son auditoire; mais, disait-il, « en entendant ma voix un peu haletante, en voyant mon visage fatigué, vous devinez que ce n’est pas l’inquiétude, mais la souffrance qui me trouble » Et, en effet, Darernberg éprouvait les angoisses d’une maladie du cœur et des gros vaisseaux. Les cruels év-énements de la guerre franco-allemande, le siège de Paris, pendant lequel, aidant son collègue Paul Bioca, il se fit médecin d’ambulance au quai Malaquais, avaient achevé fie ruiner sa santé. Ayant le regret de ne pouvoir mettre la dernièi'e main à son Traité de llufiis d’Eplièse qui a été terminé par Emile Ruelle, il succomba au Mesnil, le 24 octobre 1872, nous laissant l’exemple d’une vie entière de travail et de dévouement.
Tel a été, messieurs, le traducteur de Galien, l’élève et l’ami de Littré, le professeur Darernberg.
J’arrête ici ce que je voulais présentement vous dire de Galien, d’un esprit puissant et ingénieux, d’un savoir immense et encyclopédique, d’un talent hors ligne de compilateur et de polémiste.
Je vous ai montré le milieu où il a vécu. Vous l’avez vu à l’œuvre; il avait les qualités de l’homme supérieur, maisil n’avait pas le génie qui fait exceller. 11 n'a dévoilé ni la circulation du sang, ni la théorie de la respiration, ni l’anatomie générale; il n’a pu être ni Harvey, ni Lavoisier, ni Bichat.
Un dernier conseil. Je vous recommande de prendre connaissance, par vous-mêmes, des œuvres de cet auteur extraordinaire qui a fait à la médecine beaucoup de mal et beaucoup de bien. Et pour vous soutenir dans celte lecture difficile, mais où vous trouverez profit, je vous rappellerai les propres paroles de Claude Galien, prises pour épigraphe par Littré : « Familiarisez-vous avec les écrits des anciens hommes. »
Lisez et relisez la traduction faite pour la première fois en français par Lharles Dannnbery.