‹ Joseph AutranChapitre 100 sur 154 · Lettre du 25 mars 1862, dans G. de Flotte (Sainte-Beuve · texte numérisé non relu

Lettre du 25 mars 1862, dans G. de Flotte (Sainte-Beuve

Doucet pour concurrent. L'un et l'autre finirent ;

par se retirer devant Octave Feuillet', reçu le j

26 mars 1863.

Ce qui, en cette affaire, exaspéra Autran, ce fut le <

double jeu mené envers lui, à ce qu'il finit par savoir,

par François Guizot. Guizot, tout vieux quil était, ]

s'était fatigué à essayer de lui enlever quinze voix !

pour un préféré. C'était au lendemain de l'austère ;

volume sur l'Eglise et la Société chrétienne en J 86/.

Terrible une fois par hasard, Autran Ta traité de ;

Scapin^. !

La mort d'Alfred de Vigny, en 1863, suscita une ■

seconde candidature. Avec Autran se présentait '

encore Doucet, et aussi Jules Janin. La bataille fut i

des plus vives : il y eut dix tours de scrutin, et, si ;

Ton eût attendu le onzième, la voix nécessaire était ]

promise à Autran (1864). Au scrutin du 7 avril 186o, i

Autran et Janin étaient écartés , la place restait i

libre à Camille Doucet qui prit séance l'année sui- j

vante.

aussi croyait alors au succès d'Autran, Journal des Concourt, '\ 8 novembre 1862). ;i

1, Monseletr, p. 313.

2. Comédie de VHistoire, 100. Voir aussi Sonnets capricieuXy p. 279.

L'opposition contre Joseph Autran prétextait rinsuffisante « notoriété » de son œuvre. Pontmartin avait beau jeu à répondre. Suivant lui, le plus grand succès de librairie remporté par un poète en ce siècle, Hugo mis hors concours, était le succès d'Autran. Il rappelait les Laboureurs enlevés dès l'apparition, la Vie rurale arrêtée dans son essor par l'écrivain lui-même, les Poèmes de la Mer, les Epilres rustiques à leur quatrième tirage, Milianah connu par cœur en x\frique, la Fille d'Eschyle introuvable*. C'étaient des titres.

Cependant Autran y ajoutait encore, mais discrètement. Nous ne parlons pas des poèmes d'une marque nouvelle publiés dans le Correspondant, où trônait Laprade, mais de sa jolie traduction du Cyclope d'Euripide (1863), qu'il a dédiée à son spirituel ami du Courrier de Paris, de Belloy, qui venait de donner un Térence français, en attendant un Plante '^ Dans ce choix d'un drame satyrique, composition mêlée de tragédie et de farce, il y a comme un symbole : Autran ne se détache que par degrés du genre sérieux, qui l'avait toujours attiré davantage. Les Noces de Thétis

i. Nouveaux Samedis, VU, 90 sqq.

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