‹ Joseph AutranChapitre 123 sur 154 · A Kidmond T.... p. 186. cl Miilinée de juin, p · texte numérisé non relu

A Kidmond T.... p. 186. cl Miilinée de juin, p

chemin pour les vaisseaux, lui-même n'y a pas vu :

autre chose, sinon une conception, plus chrétienne ;

peut-être, des crimes de la mer. Lorsqu'il évoque !

les naufragés qu'ensevelissent les fonds inconnus, !

lorsqu'il essaie, dans des vers très beaux, de simagi- ■

ner l'obscurité transparente de ces cimetères, c'est !

moins un sentiment d'horreur qu'une sorte de révolte [

toute chrétienne contre l'injustice du sort : en i

somme Tidée des « Naufragés » est celle-ci : il est

affreux de se dissoudre loin du cimetière du pays ,

natal, loin des pleurs de ceux qui restent. j

Et pourtant il est toujours sensible à l'inlassable i

diversité de ce (( vieux chef-d'œuvre que Dieu sans i

cesse recommence ))\ h ses formes qui s'engendrent <

mutuellement, à sa musique qui contient toutes les |

harmonies, qui parle à chaque âme le langage qu'elle i

entend le mieux, le langage de l'infini. i

Enfin l'amateur d'Horace et de Virgile et de l'anti- i

quité tout entière, le poète qui ne pouvait contempler |

sans émotion les flots qui portèrent Antoine et ;

Cléopâtre, qui poussèrent la fragile trirème de Phocée, ,

portant à Massilia la civihsation ionienne, voyait ]

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