A Kidmond T.... p. 186. cl Miilinée de juin, p
chemin pour les vaisseaux, lui-même n'y a pas vu :
autre chose, sinon une conception, plus chrétienne ;
peut-être, des crimes de la mer. Lorsqu'il évoque !
les naufragés qu'ensevelissent les fonds inconnus, !
lorsqu'il essaie, dans des vers très beaux, de simagi- ■
ner l'obscurité transparente de ces cimetères, c'est !
moins un sentiment d'horreur qu'une sorte de révolte [
toute chrétienne contre l'injustice du sort : en i
somme Tidée des « Naufragés » est celle-ci : il est
affreux de se dissoudre loin du cimetière du pays ,
natal, loin des pleurs de ceux qui restent. j
Et pourtant il est toujours sensible à l'inlassable i
diversité de ce (( vieux chef-d'œuvre que Dieu sans i
cesse recommence ))\ h ses formes qui s'engendrent <
mutuellement, à sa musique qui contient toutes les |
harmonies, qui parle à chaque âme le langage qu'elle i
entend le mieux, le langage de l'infini. i
Enfin l'amateur d'Horace et de Virgile et de l'anti- i
quité tout entière, le poète qui ne pouvait contempler |
sans émotion les flots qui portèrent Antoine et ;
Cléopâtre, qui poussèrent la fragile trirème de Phocée, ,
portant à Massilia la civihsation ionienne, voyait ]