‹ Joseph AutranChapitre 141 sur 154 · JULES JANIN · texte numérisé non relu

JULES JANIN

(Timbrée de Paris, 19 mai 1850.) i. Election de Sue à la Législative te 28 avril.

Autran à Pontmartin.

(Rouen), 21 juillet 1852.

C'est en traversant le Havre, au retour d'une excursion sur les côtes de l'Océan, que j'ai reçu, monsieur le comte, votre excellente lettre, et c'est de Rouen que j'y réponds, ne voulant pas attendre d'être rentré à Paris pour vous remercier de ce nouveau témoignage d'une amitié qui m'est si précieuse. Ai-je besoin de vous dire combien pénible a été ma première impression en apprenant votre maladie? J'ai, dans le temps, passé plus de deux mois au lit, atteint de l'affection dont vous me parlez, et je sais tout ce qu'on en souffre. Mais, en dépit du ^on ignara virgilien, je n'en sympathiserais pas moins à vos douleurs, alors même que je n'en aurais pas fait la triste expérience. Heureusement qu'avec du soin, un régime régulier et du repos, on répare bien vite les forces épuisées. Les soins ne vous manqueront certainement pas. Quant au repos, j'aime à croire que vous saurez vous l'imposer stoïquement, et que vous commencerez par oublier les vives jouissances que donne à vos amis tout ce qui sort de votre plume. Personnellement, je commettrais un acte d'odieux égoïsme si je ne vous demandais en grâce de différer le plus longtemps possible l'article que vous voulez bien m'annoncer pour les Poèmes de la Mer. Toute faveur d'un grand prix mérite d'être attendue, et, à défaut d/autre titre aux honneurs de votre critique toujours si bienveillante, je veux avoir celui de la patience.

Adieu, monsieur et excellent ami. La patience n'étant

pas ce qui ilislingae le chemin de fer, je me vois forcé de clore ici ces quelques Iiij;nes. J'aurais voulu cependant vous dire combien madame Autran est sensible a ce que vous me dites de gracieux pour elle. Il nous tarde à tous deux d'être à Paris pour lire la Revue Contemporaine du 15.

Veuillez faire agréer mes respects à madame de Pontnuirtin et croire à tous mes meilleurs sentiments.

ALTRAN.

Mignel à Aulran.

Paris, 3 mars 1857.

Monsieur,

On a eu bien raison de vous engager à présenter vos nouvelles poésies ^ au concours Montyon. Elles y ont déjà auprès de la Commission, et elles y auront, je n'en doute pas, auprès de l'Académie, le même succès qu'auprès du public. Il suffit de les lire pour en apprécier la douce élévation, l'agréable pureté, l'heureuse inspiration, la simplicité originale. C'est ce qu'a fait M. Lebrun, que vous ne connaissez pas personnellement, mais qui connaît vos œuvres et les goûte beaucoup. D'après son rapport, la commission a déjà réservé la Vie rurale et les Laboureurs et Soldats pour un examen comparé avec dixliuitautres ouvrages, distingués parmi les quatre-vingtsqui lui ont été soumis. La seconde épreuve ne leur sera pas

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