La Vie rurale, Laboureurs et Soldats
moins favorable que la première, et ils seront définitivement compris au nombre des six que, sur le rapport motivé de la Commission, TAcadémie aura à juger ellemême et à récompenser. Je voulais attendre le moment où se terminerait cette seconde épreuve pour vous répondre, mais ce moment est encore éloigné, et le désir de vous donner une certitude sur ce qui ne me paraît pas devoir être incertain, me ferait trop manquer d'empressement. Je n'ai pas parlé encore de vos poésies aux membres de la Commission, qui les auront, du reste, pour très recommandées dès qu'ils les auront lues. J'ai pensé que leur attention serait plus utilement appelée sur elles, quand ils seraient près de les juger. Mais je ne manquerai pas de le faire à la séance prochaine. J'en entretiendrai M. Cousin, qui est un des juges du concours puisque, en décembre, il faisait partie du bureau avec M. Lebrun, que j'ai déjà entretenu. Je n'oublierai ni M. Vitet, ni M. Berryer, ni M. Viennet, ni M. Dupin, qui, avec le secrétaire perpétuel M. Villemain, le directeur M. Lebrun, et le chancelier M. Cousin, composent la Commission. Vous voyez que M. Ponsard n'en est pas. M. Vitet est un délicatappréciateurdelapoésie,queM. Berryer sent très bien parce qu'il l'aime. J'espère que M. Dupin, qui trouve tant de charmes dans les comices agricoles, ne se plaira pas moins avec vos Laboureurs et dans votre Vie rurale, et que le spirituel M. Viennet préférera vos vers à tous les autres, les siens n'étant pas du concours.
Je vous remercie, monsieur, de l'intérêt que vous voulez bien prendre à ce que je fais. Je dois vous avouer que mes travaux se sont ressentis cet hiver et de ma santé et de ma disposition. Je suis mieux et je les reprends. Soyez assez bon pour dire à madame Autran combien je
suis reconnaissant de son gracieux souvenir et lui otîrir mon hommage respectueux. Agréez, je vous prie, l'exprès, sion cordiale de tous mes sentiments, et croyez-moi bien sincèrement tout à vous '.
Gustave Ricard à Aittraii.
Chère tête,
Je ne sais si c'est chez vous que Je perds la mienne, mais il m'est rappelé que lundi j'ai promis de dîner à Ville-d'Avray. C.omme j'ai affaire à intraitable partie, je vous apporte, honteux et peiné, une démission que Tantérieure parole rend irrévocable.
Mille compliments — et mille tonnerres!