‹ Joseph AutranChapitre 147 sur 154 · ne mourut qu'en 1870, soit quatre ans plus tard · texte numérisé non relu

ne mourut qu'en 1870, soit quatre ans plus tard

plan providentiel qui livre l'Europe à la bassesse, à la bêtise, à la fourberie, à la violence. Bonaparte et M. de Bismarck se portent très bien, M. de Montaleinbert doit mourir, et après lui tout ce qui se tient debout, afin que. celte grande formule de la démocratie moderne s'accomplisse en France : Un maître et des valets.

Je suis plus imprudent et innocent que courageux, cher ami, car je ne me doute jamais de toute la malice de mes écrits les plus téméraires. Je n'ai certainement pas écrit les Oiseaux^ pour flatter l'oiseleur, mais je croyais la pièce moins dangereuse. Le Temps en a jugé comme vous, et n'a pas osé l'imprimer le premier. C'est un journal légitimiste qui en a accepté la primeur : V Union de l'Ouest, puis V Union de Paris, la Guienne, etc. Je ne crois pas qu'il y ait encore danger à se rendre désagréable à ces gens-là. Cela viendra, car ils sont capables de tout; mais, pour le moment, ce serait avouer que leur despotisme est déjà devenu la tyrannie, que de poursuivre d'une façon quelconque l'auteur de ces petits vers...

VICTOR DE LAPRADE

Mistral à Autran,

Illustre et cher poète, A mon retour d'un voyage en Espagne, j'ai le plaisir d'apprendre que vous avez enfin reçu le volume qui vous

1. II s'agit d» la pièce Les Oiseaux du Luxembounj (Poèmes civiques, 11, 7), protestation contre les bouleversements que produisaient dans le vieux Paris les excès de l'haussmanni* sation. (Note de M. Paul de Laprade.)

cherchait depuis un an, et qui vous retrouve à l'Académie française.

C'est aux mois de janvier, février, mars (1807), que j'étais à Paris, mais j'eus beau m'enquérir rue du Cotisée, chez madame de Forl)in, etc., il me fut impossible de découvrir votre adresse. C'est alors que je chargeai Roumanille de vous faire parvenir Calendal quand il pourrait. 11 a fallu un an pour cela; mais, loué soit Dieu, me voilà tlélivré d'un remords.

Et maintenant recevez, cher poète, recevez mes félicitations les plus cordiales de votre nomination à l'Académie. On attendait depuis longtemps l'entrée d'un poète dans ce Panthéon des lettres françaises; et vous êtes bien celui qui, par l'élévation, par la simplicité, par la grâce ionienne, par le parfum agreste et maritime, par l'harmonie divine de son œuvre, était depuis longtemps désigné aux suffrages de vos nouveaux confrères. Pour nous, fds de Marseille et d'Avignon, c'est le triomphe de la poésie de notre ciel, de notre sol, de notre mer; car, de tous les poètes nés dans notre Midi, vous êtes celui qui a mis dans le vers français le plus de poésie et de couleur provençales. Merci, et gloire à vous!

Présentez à madame Autran mes hommages affectueux, et agréez, mon cher poète et ami, l'assurance de ma sympathie et de mon dévouement les plus sincères.

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