‹ Joseph AutranChapitre 24 sur 154 · MIL HUIT CENT TRENTE-DEUX · texte numérisé non relu

MIL HUIT CENT TRENTE-DEUX

Les partis à Marseille. — Antony au Grand-Théâtre. — La pièce des Siffleuvs. — Le passage de Lamartine. — L'Ode à Lamartine. — La soirée du 8 juillet.

On faisait beaucoup de politique à Marseille en ce temps-là, c'est-à-dire au lendemain de la révolution de Juillet. Trois journaux appelés à de longues carrières, mais alors récemment éclos, le Sémaphore, le Garde National, la Gazelle du Midi, se partageaient les lecteurs marseillais : l'un, libéral de la veille, représentait la Gauche dynastique; l'autre était la feuille officieuse, et le dernier la feuille carliste. Les Autran, par leurs traditions, se rattachaient à cette dernière nuance, mais la situation administrative de M. Autran l'inclinait à la prudence; l'oncle Jujard3% qui avait démissionné après le meurtre du duc

d'Engliien, était, lui, légitimiste acharné : ce fut lui qui s'enflamma, lorsque, au débarquementde Madame, un audacieux hissa les couleurs proscrites au clocher de Saint-Laurent ^

C'est cette division de la famille qui explique la remarquable neutralité du jeune Autran en politique. Partout où il voit une grande douleur ou un grand souvenir, il porte sa sympathie, tour à tour carliste ou (( bousingot » pour les yeux superficiels. Il ne traînait pas avec lui une même et monotone ritournelle, comme Gaston de Flotte, comme le libéral Bounin (Polydore), un poète aussi, et byronien, qui, passant à Nice, prend le temps de gémir sur 1' « oppression » sarde ^.

L'Athénée ouvrier, fondé en 1828 par Reynard et Cauvière, était le foyer du libéralisme en politique et en littérature. Littérairement, on tenait pour toutes les licences romantiques, les bonnes et les autres, contre un ennemi qu'on incarnait volontiers dans la vieille Académie locale, où végétaient les derniers classiques ^ L'occasion pour les Jeune-France se

1. Maison démolie, pp. 73 et 74, l'anecdote est du 30 avril 1832.

2. Activité littéraire, de 1829 à 1834. Plus tard, commerçant dans rinde. Voir sur lui G. de Flotte, Essai sur la litt. à Marseille, et Autran dans le Sud, 23 déc. 1841.

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