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3. Ce fut Séb. Berteaut qui eut le « geste ». Le Caducée nomme l'acteur Darbonville.

20 JOSEPH AUTRAN, SA VIi: ET SES OEUVRES.

rent l'exemplaire du souffleur, et, pour célébrer la déroute des classiques, portèrent en trophée une perruque au bout d'un bâton.

(( Un ballet! » avaient crié quelques voix. Autran fut entraîné à la fièvre d'indignation de ses amis. Et, dans le cours de cette môme nuit, il composa une pièce satirique de cinquante-quatre vers, intitulée les Siffleurs du Drame. Notons dès maintenant ce flot de verve, cette large faculté d'improvisation, qui fut jusqu'au bout la gloire et l'infirmité du poète.

La chose fut portée au journal de la Cannebière, le Sémaphore^ feuille d'allure très jeune et très vive. Taxile Delord approuva, Eugène Guinot fut protecteur, et, sans savoir comment cela s'était fait, un peu ahuri, Joseph Autran était lancé dans la publicité (21 mars). Les vers, il est vrai, avaient pour signature les fausses initiales H. A.

C'est une amusante comédie que l'histoire des impatiences du jeune auteur, attendant le retour du père avec le journal quotidien. M. Autran, ce jour-là, le laissa à la mairie. Il s'y trouvait, expliquât il, des vers ({ inconvenants ». Le pauvre garçon en eut la sueur froide.

Il ne lut sa chère poésie que dans la soirée, au café

BodoLil. Encore y déplora-t-il une « coquille » qui lui sembla gâter la pièce tout entière.

Cette pièce, qu'Autran ne recueillit pas, ne rechercha pas, n'annonce guère les Poèmes delà Mer. Il est bien curieux de voir ce néo-classique, ce génie latin, emporté à cette passion « hugonienne », comme on disait alors. Plus tard, et sans être moins lié avec les romantiques (tant s'en faut), il se reprendra.

Ces Siffleurs sont un faux départ. Le départ véritable allait venir : il semble qu'un dieu protecteur ait souffert de laisser le jeune homme errer plus longtemps dans ses voies.

Peu après la tentative carliste de Saint-Laurent, Marseille reçut deux visites : l'une officielle, la visite de S. A. R. le duc d'Orléans, l'héritier du trône, — l'autre privée, celle du grand Lamartine, qui, après un premier échec politique, s'en allait en Orient chercher des inspirations pour sa Chute d'un Ange.

Il était, dès le mois de mai ^ descendu à l'hôtel Beauvau^, avec madame de Lamartine, leur fille, et ce beau lévrier dont la tète fine et le corps élancé symbolisaient si bien la muse lamartinienne elle-même.

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