Maison démolie, p
voyait merveilles partout. Un figuier, pour lui, est un sycomore. Ce fut un amusement d'Autran, lorsque les revues publièrent le Voijage en Orient, de lire à l'un des anciens compagnons du poète, oncle de G. de Flotte, le fragment sur Alep sans nommer l'auteur. M. de Capmas n'en revenait pas : il n'avait pas vu, lui, tant de belles choses ^
Quoi qu'il en soit, comme il transformait le monde visuel, Lamartine acceptait sa propre transformation en idole, et plus digne, certes, de prosternations que bien d'autres. Ce fut un hommage très juste et très mérité que celui qu'il reçut à l'Académie de Marseille (28 juin). M. de Villeneuve-Flayosc la présidait alors. Lamartine répondit par une improvisation en prose qui fut très goûtée, et par ces admirables vers à V Académie de Marseille^ qui semblaient, trouva t-on, répondre aux adieux d'Autran, et dont la dernière strophe est bien connue :
Et toi, Marseille, assise aux portes de la France Comme pour accueillir ses hôtes dans ses eaux, Dont le port sur ces mers, rayonnant d'espérance, S'ouvre comme un nid d'aigle aux ailes des vaisseaux,