‹ Joseph AutranChapitre 47 sur 154 · Gazette du 11 mai · texte numérisé non relu

Gazette du 11 mai

Cette réception fut pour tous un signe. Elle indiquait l'infusion d'un sang nouveau dans ce corps un peu engourdi. Autran avait ouvert une brèche par où d'autres passèrent. Du reste, son nom rassurait : il n'était pas tapageur; sa poésie était moderne, avec une saveur classique '.

Un an plus tard (juillet 1838), l'initiateur du grand mouvement du siècle lui-même. Chateaubriand, passa par Marseille. Bien qu'Autran lui gardât sourdement une certaine rancune de n'avoir jamais répondu à une Épitre en vers qu'il lui avait adressée ^ ce vieux dépit ne pouvait tenir contre le prestige d'une grande gloire : ne pardonna-t-il pas de même, et du fond du cœur, à ce léger et coupable Lamartine ^ ? L'auteur de René voulait voir surtout des ruines : Louis Méry, ironique, lui souhaitait d'en découvrir dans notre cité oublieuse *. Du moins Autran lui en trouva dans les environs (est-ce de la tour romaine de la Penne qu'il s'agita), promenade auguste et recueillie, qu'il a contée après la mort du Maître '\

Page 1